La Communication RSE sur la Sellette

21 janvier 2010

On le constate tous les jours, la communication demeure un exercice plus difficile qu’il n’y paraĂźt Ă  premiĂšre vue, d’autant que les entreprises sont aujourd’hui surexposĂ©es.

L’action conjuguĂ©e des technologies de l’information et de la communication, d’une part, et de la mondialisation d’autre part, fragilise la lĂ©gitimitĂ© de leur discours.

La communication sur le développement Durable et la RSE, en particulier, est soumise à la critique impitoyable de la blogosphÚre, des medias, des ONG, et des organisations syndicales.

L’éthique, considĂ©rĂ©e comme l’une des thĂ©matiques de la dĂ©marche de ResponsabilitĂ© Sociale des Entreprises (RSE), est un thĂšme rĂ©current dans la volĂ©e de bois vert contre certaines entreprises, suspectĂ©es de maquiller et de masquer la rĂ©alitĂ© de leurs pratiques, quand elles ne sont pas carrĂ©ment accusĂ©es de tricher.

Dans un article daté du 7 janvier 2010, intitulé « Entreprises, la foire aux vanités », paru dans le Nouvel Observateur, Jacqueline de Linares affirme que « la frénésie des grosses boßtes à vanter leurs bonnes actions finit par se retourner contre elles ».

Jacqueline de Linares écrit par exemple :

« Ce n’est pas une blague. France TĂ©lĂ©com a reçu en 2009 un prix rĂ©compensant les entreprises « qui proposent Ă  leurs salariĂ©s les meilleures pratiques RH, leur permettant de s’Ă©panouir personnellement et professionnellement au travail ». Elle faisait partie des 20 laurĂ©ats 2009 du palmarĂšs Top Employeurs France dĂ©cernĂ© par un cabinet nĂ©erlandais, l’Institut CRF A la rubrique « conditions de travail », l’entreprise, plutĂŽt citĂ©e ces temps-ci pour les suicides de ses salariĂ©s, a mĂȘme obtenu cinq Ă©toiles ! C’est ce que rapportait le mensuel «Liaisons sociales» en dĂ©cembre dernier relatant la frĂ©nĂ©sie d’autoglorification des entreprises en matiĂšre sociale. »

Stéphane Richard, le numéro deux de France Télécom, et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, désigné Manager 2008 par la Station de Radio BFM, affirme vouloir «  reconstruire un pacte social »

Tandis que sur le Site National de la CFE-CGC UNSA France Telecom on dĂ©nonce « le grand guignol des prix et labels » dĂ©cernĂ©s Ă  France TĂ©lĂ©com, aprĂšs la remise d’un « TrophĂ©e de l’engagement durable » , créé par le club Oras (Observatoire rĂ©munĂ©rations et avantages sociaux), composĂ© de 140 DRH et managers, qui rĂ©compense un projet en matiĂšre de rĂ©munĂ©ration ou d’avantage sociaux. »

Jacqueline de Linares  rappelle que les Amis de la Terre ont créé en 2008  le prix Pinocchio  afin « d’illustrer et dĂ©noncer les impacts nĂ©gatifs de certaines entreprises françaises, en totale contradiction avec le concept de dĂ©veloppement durable qu’elles utilisent abondamment ».

«  Le pire, rajoute-t-elle, c’est que certaines mĂšnent rĂ©ellement des activitĂ©s de responsabilitĂ© sociale. Mais comment savoir qui dit vrai quand tout le monde se vante ?

Nous voilĂ  bien au cƓur du dĂ©bat. Il existe Ă  n’en pas douter un faisceau de suspicions s’agissant de la communication RSE, donnant lieu Ă  des actions et rĂ©actions de mieux en mieux structurĂ©es et de plus en plus organisĂ©es et concertĂ©es, et dont les entreprises auraient tort de sous-estimer la capacitĂ© de nuisance.

Le n° 41 Alternatives Économiques de novembre 2009, numĂ©ro spĂ©cial « La ResponsabilitĂ© Sociale des Entreprises Françaises », remarquable par l’état des lieux objectif qu’il propose, ainsi que par son regard distanciĂ© et critique, aborde dans le chapitre intitulĂ© fort Ă©loquemment « Les Rapports DĂ©veloppement Durable ou l’Art de Communiquer » l’épineuse question de la communication RSE, dans lequel on peut notamment lire :

« Nombreux sont les responsables développement durable qui sont rattachés aux directions de la communication. Les entreprises cherchent évidemment à se présenter sous leur meilleur jour. »

Martial Cozette (Directeur de CFIE-Conseil) dit regretter « l’autosatisfaction » qui caractĂ©rise, selon lui, la communication DĂ©veloppement Durable et RSE :

« Il y a une vraie constance Ă  fournir des Ă©lĂ©ments sortis de leur contexte (
). Par exemple, si l’activitĂ© a fortement diminuĂ©, cela peut expliquer la rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, mais cela n’est pas prĂ©cisĂ© … Le minimum serait de fournir des informations Ă  pĂ©rimĂštre constant (comme cela est le cas dans les rapports financiers) ».

Communication contre Communication, Communiqué contre Communiqué, Rapport contre Rapport.

Il n’est pas sĂ»r, Ă  ce petit jeu, que les entreprises françaises sortent Ă  tous les coups gagnant.

Copenhague et la Norme RSE ISO 26000 : Entre Espoir et Déception

26 décembre 2009

La publication de la premiĂšre norme ISO 26000 sur la ResponsabilitĂ© Sociale est prĂ©vue pour septembre 2010. Va-t-elle subir le mĂȘme sort que l’accord sur le climat et les gaz Ă  effet de serre rĂ©cemment, et hĂątivement, bouclĂ© – vous avez dit bĂąclĂ© ? -  Ă  Copenhague ?

A entendre certains observateurs, toutefois, la confĂ©rence de Copenhague ne fut, en dĂ©finitive, ni une rĂ©ussite ni un Ă©chec. Cette prestigieuse et largement mĂ©diatisĂ©e rĂ©union des dirigeants de la planĂšte n’aura pourtant accouchĂ© que d’un timide plan d’action,  peu contraignant, visant Ă  rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre.

Bien que, selon le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, Ban Ki-Moon, l’accord obtenu au forceps dans la soirĂ©e du 19 novembre 2009, «marque une avancĂ©e importante dans les nĂ©gociations et constitue le premier accord rĂ©ellement mondial qui peut permettre de limiter et rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, soutenir les mesures d’adaptation en ce qui concerne les plus vulnĂ©rables et favoriser la crĂ©ation d’une nouvelle Ăšre de croissance durable en terme d’environnement », force est de constater qu’il est dĂ©jĂ  contestĂ© de toutes parts.

On est en droit de se demander si, Ă  l’instar de la confĂ©rence de Copenhague sur le climat qui avait suscitĂ© des attentes considĂ©rables, la norme  RSE 26000 ne va pas pareillement gĂ©nĂ©rer des commentaires critiques.

On se souvient peut-ĂȘtre, qu’en janvier 2005 l’Organisme de Normalisation International  (ISO) s’Ă©tait engagĂ© dans l’atteinte d’un « consensus international » - cela ne vous rappelle–t-il rien ? - sur la dĂ©finition du concept de responsabilitĂ© sociĂ©tale dans ses dimensions sociale, Ă©conomique et environnementale.

Quatre ans plus tard, Ă  l’issue de moult dĂ©bats et de plusieurs rĂ©unions internationales, on Ă©tait prĂȘt Ă  bondir de joie Ă  l’annonce que la norme ISO 26000 Ă©tait enfin, et heureusement, en voie de finalisation.

Mais, premiĂšre dĂ©ception, on append que contrairement Ă  la norme ISO 9001 portant sur la qualitĂ©, et la norme ISO 14001 portant sur l’environnement, la tant attendue norme ISO 26000 patiemment concoctĂ©e par plus de 500 experts reprĂ©sentant 90 pays et une quarantaine d’organisations internationales, parmi lesquelles l’Organisation internationale du travail (OIT), le Pacte Mondial, l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE), ou le Global Reporting Initiative (GRI), ne pourra pas faire l’objet d’une labellisation et d’une certification.

Car, au grand dam de ceux qui espĂ©raient beaucoup - trop peut-ĂȘtre comme Ă  Copenhague -,  il s’agit pour cette norme RSE 26000 de ne dĂ©finir rien d’autre, et rien de plus, que des lignes directrices sur la responsabilitĂ© sociĂ©tale et non pas un systĂšme de management.

DeuxiĂšme dĂ©ception, bien plus grande encore, de l’avis de nombreux analystes et experts, la norme 26000 dont le texte est en cours de rĂ©daction finale,  reprĂ©sente un « compromis » dit-on - tiens, tiens, ça nous rappelle dĂ©cidĂ©ment quelque chose 
 - entre les diffĂ©rentes perceptions et conceptions Ă©thiques et morales des acteurs en prĂ©sence.

Il semble que les spĂ©cificitĂ©s culturelles des diffĂ©rents pays et rĂ©gions du monde rendent impossible, malgrĂ© des dĂ©bats parfois houleux, l’Ă©laboration d’une norme RSE internationale.

LĂ  encore, comme Ă  Copenhague, et comme pour les Droits de L’Homme bafouĂ©s au quotidien par de nombreux pays, l’élaboration de valeurs universelles se heurte Ă  des difficultĂ©s insurmontables.

D’aucuns ne manqueront pas de regretter, par exemple, que la norme 26000 « n’est pas destinĂ©e Ă  servir de base Ă  une action en justice, une plainte ou tout autre revendication dans des procĂ©dures nationales ou internationales ou autre. Elle n’est pas destinĂ©e Ă  ĂȘtre citĂ©e comme une preuve d’une rĂšgle internationale coutumiĂšre ».

Texte peu contraignant en vue, par consĂ©quent, comme Ă  Copenhague encore, et qui risque de laisser beaucoup d’entre nous sur leur faim.

Il y des jours comme ça, oĂč l’on se dit, qu’à Copenhague comme ailleurs, il n’y aurait rien de tel qu’un bon sĂ©minaire de mĂ©diation interculturelle - dĂ©marche interdisciplinaire Ă  la confluence des thĂ©ories de la communication, de la psychologie, de la pĂ©dagogie, de l’anthropologie, de la linguistique, et de la culture – afin de dĂ©cadenasser les cƓurs et les esprits, et de dĂ©gager de nouveaux horizons insoupçonnĂ©s Ă  la table de nĂ©gociation.

Attendons septembre 2010 pour la publication de la norme ISO 26000,  afin de juger vraiment, en toute connaissance de cause ; et attendons Mexico cette mĂȘme annĂ©e 2010, oĂč se dĂ©roulera le prochain sommet sur le climat et les gaz Ă  effet de serre.

D’ici lĂ , on vous souhaite une Bonne AnnĂ©e placĂ©e, nous l’espĂ©rons, sous le double signe du DĂ©veloppement Humain Durable et de la ResponsabilitĂ© Sociale.

La Mondialisation de la RSE … en Chine!

12 décembre 2009

Le magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine (CCIFC) a consacrĂ© un grand dossier  sur la responsabilitĂ© sociale des entreprises en Chine : «Connexions n°51, juillet septembre 2009, La responsabilitĂ© sociale des entreprises en Chine».

L’étude fort exhaustive disponible sur le Site www.connexions.ccifc.org dĂ©taille l’engagement de la Chine dans la dĂ©marche RSE, alors que l’Empire du Milieu est mis sur la sellette, par les ONG,  pour ses mauvaises pratiques en matiĂšre d’éthique des affaires.

Elle est articulĂ©e avec un brin de complaisance et, Ă©galement, comme on peut s’y attendre, un soupçon d’habilitĂ© diplomatique, autour d’enquĂȘtes, d’interviews et de reportages.

Le dossier du magazine Connexions sur la RSE en Chine est composé de deux parties :

La premiĂšre explique comment la RSE est vĂ©cue et pratiquĂ©e en Chine, l’évolution de l’éthique des affaires, les bonnes pratiques de grandes compagnies comme Stategrid ou China Mobile, et propose un Ă©tat des lieux en Afrique oĂč, dans les mines, certaines pratiques chinoises sont trĂšs controversĂ©es ;

La deuxiÚme, est consacrée à des exemples de stratégie RSE par des entreprises multinationales françaises ou européennes.

Les entreprises françaises implantĂ©es en Chine, Accor (« Faire preuve d’Ethique ») -  Total (« Etre Ă  l’écoute ») - l’OrĂ©al (« Encourager les Jeunes ») - PSA (« Enrichir son Image »), entre autres, y tĂ©moignent.

Extraits :

« La responsabilitĂ© sociale d’entreprise (RSE) — qiyeshihuizeren äŒäžšç€ŸäŒšèŽŁä»» en chinois, corporate social responsibility en anglais, — n’est pas un concept nouveau. »

« En Chine, sous les Ming, les marchands lettrés du Huizhou débattaient déjà de leur rÎle et de leur éthique des affaires. »

« De plus en plus de Chinois rĂ©clament des amĂ©liorations qualitatives de leurs conditions de vie et le gouvernement est conscient que des entreprises peu respectueuses de la loi peuvent perturber l’ordre social. »

« Mais la tĂąche qui pĂšse sur les entreprises est lourde et celles-ci sont mal prĂ©parĂ©es. Une enquĂȘte menĂ©e en 2006 montre que, pour la plupart des entreprises chinoises, RSE voulait encore dire activitĂ©s philanthropiques. »

« Elles voyaient la RSE comme une charge, mĂȘme si un nombre croissant de compagnies se disaient prĂȘtes Ă  coopĂ©rer avec des ONG pour rĂ©gler certains problĂšmes, et si un nombre croissant d’entre elles rĂ©digeaient des rapports sociaux. »

« Mais, ces toutes derniĂšres annĂ©es, monte trĂšs rapidement une prise de conscience, notamment sous la pression internationale, des dĂ©gĂąts collectifs occasionnĂ©s par de mauvaises conduites individuelles. D’autre part, le besoin de retenir la main-d’Ɠuvre, notamment la plus qualifiĂ©e, encourage un meilleur traitement de son personnel. Enfin, la nĂ©cessitĂ© de monter sur la chaĂźne des valeurs et l’ampleur des dĂ©gĂąts environnementaux obligent le pays Ă  opĂ©rer ce tournant volontariste pour lequel il a besoin — et il le demande — de la collaboration des entreprises Ă©trangĂšres implantĂ©es en Chine. »

Or, une campagne de l’ONG Peuples Solidaires vient de rĂ©vĂ©ler Ă  travers des enquĂȘtes et des analyses, chiffres Ă  l’appui, les dessous de l’industrie du jouet. La bien nommĂ©e campagne intitulĂ©e « C’est pas du jeu ! » vise Ă  aborder avec force et renouveau la douloureuse question des conditions de travail dans les usines de jouets chinoises.

Comme chacun le sait, l’industrie du jouet est aujourd’hui fortement mondialisĂ©e. Elle repose, en outre, sur des chaĂźnes de production complexes reliant de nombreux pays.

S’agissant des conditions de travail dans les usines de jouets en Chine, Peuples Solidaires Ă©crit :

« 4 jouets sur 5, que reçoit n’importe quel enfant aujourd’hui, sont produits dans le Sud de la Chine dans l’une des 8 000 usines de jouets de la province de Guangdong, dans le Delta de la riviĂšre des Perles. 3 Ă  5 millions d’ouvriers chinois y sont employĂ©s. La plupart sont des femmes ĂągĂ©es de 15 Ă  30 ans, qui viennent des rĂ©gions pauvres et rurales de l’intĂ©rieur des terres. Du fait des salaires extrĂȘmement faibles, elles n’ont pas d’autre choix que d’accepter les dortoirs et la nourriture proposĂ©s par les usines, moyennant une bonne partie de leur maigre salaire. La qualitĂ© de la nourriture et du logement y est si misĂ©rable que l’on peut parler de conditions inhumaines. En Chine, un seul syndicat officiel (celui du parti) est autorisĂ©. »

On peut également lire ceci :

« TrĂšs souvent, quelques annĂ©es suffisent pour dĂ©truire le rĂȘve des ouvriers d’une vie meilleure. Ils rentrent dans leurs villages, dĂ©senchantĂ©s et Ă©puisĂ©s, voire handicapĂ©s physiquement. La rĂ©alitĂ© des usines chinoises est difficile Ă  supporter : Longues heures de travail (jusqu’à 400 heures par mois) ; semaines de 7 jours, surtout pendant la pĂ©riode de NoĂ«l » ;

« Salaires infĂ©rieurs au minimum lĂ©gal, dont le niveau ne permet pas lui-mĂȘme d’assurer un revenu de subsistance - Salaires retenus pendant une pĂ©riode allant jusqu’à 45 jours (ainsi les ouvriers ne peuvent pas dĂ©missionner facilement) ;Mesures de sĂ©curitĂ© et de santĂ© inadĂ©quates ; Absence de contrat de travail ; Absence d’avantages sociaux tels que congĂ©s maternitĂ©, assurance santĂ© ou retraite ; Amendes illĂ©gales et disproportionnĂ©es (pour des « infractions » telles que retard, ne pas ĂȘtre en possession de sa carte d’identification, ou pour avoir parlĂ©, etc.) et feuilles de paye peu claires ; Absence de protection contre les licenciement (abusifs) ; Conditions d’hĂ©bergement insalubres et malnutrition (
) ».

On n’a pas manquĂ© de remarquer, que le dossier du magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine consacrĂ© Ă  la RSE en Chine n’aborde pas franchement, c’est le moins que l’on puisse dire, l’embarrassante question pour les autoritĂ©s chinoises des conditions de travail dans les usines de jouet.

On se demande bien pourquoi. Bizarre, bizarre 


A moins qu’on se soit gardĂ© de ne blesser, d’aucune maniĂšre, la susceptibilitĂ© de nos amis europĂ©ens et amĂ©ricains, puisque l’industrie du Jouet est dominĂ©e par eux.

Ni Mattel, Hasbro, Toys “R” us, Nitendo, Lego, Playmobil, ou Ravensburger, en effet, ne sont français. Soit dit en passant, l’honneur est sauf.

On peut pourtant, quoique de façon elliptique, y lire ceci :

« Le dĂ©fi de la RSE, notamment en ce qui concerne les entreprises sous-traitantes, vient souvent de ce que les coĂ»ts de la RSE sont perçus immĂ©diatement alors que les bĂ©nĂ©fices potentiels n’apparaissent — Ă©ventuellement — qu’Ă  long terme, les entreprises manquant encore de systĂšmes pour suivre les coĂ»ts et les bĂ©nĂ©fices d’investissements socialement responsables. »

Ah, bon !

Ce n’est certes pas du chinois (encore que …), mais voilĂ  tout de mĂȘme qui explique bien des choses.

Ne vous a-t-on pas dit, plus haut,  qu’en Chine, sous la dynastie Ming (qui rĂ©gna de 1368 Ă  1644), les marchands lettrĂ©s du Huizhou dĂ©battaient dĂ©jĂ  de leur rĂŽle et de leur Ă©thique des affaires ?

On vous souhaite à tous un Joyeux Noël !

La RSE et l’ISR Ă  l’École de la DiversitĂ©

29 novembre 2009

Au fur et Ă  mesure qu’elle s’installe partout, en majestĂ©, dans les dĂ©bats, quoique plus lentement dans les pratiques, la RSE ne cesse de se dĂ©velopper et de s’enrichir  de nouveaux concepts, dĂ©marches, et thĂ©matiques. C’est ainsi que la DiversitĂ© vient de faire une entrĂ©e triomphale sur la scĂšne de la RSE.

L’annonce de la crĂ©ation du Label Diversum par l’agence de notation du mĂȘme nom, filiale de Diversum, Association française indĂ©pendante, fondĂ©e en 2006, en vue de contribuer Ă  la prise en compte des langues et des cultures dans les politiques de dĂ©veloppement durable, fera sans nul doute date.

Selon l’agence de notation Diversum, il s’agit de garantir Ă  un Ă©pargnant qu’une partie de son portefeuille va servir au financement d’entreprises et de collectivitĂ©s favorisant la diversitĂ© des cultures, par le biais d’actions telles, par exemple, que la formation du personnel ou le mĂ©cĂ©nat.

PrĂ©cisons, que pour ĂȘtre Ă©ligible Ă  l’obtention de ce Label, les fonds doivent investir au moins 25 % de l’actif net dans des titres d’Ă©metteurs ayant un impact favorable sur l’environnement culturel.

Sept critĂšres d’évaluation ont ainsi Ă©tĂ© dĂ©finis par Diversum, concernant la communication, la publicitĂ©, les ressources humaines ou la gouvernance.

Lors de la remise des Labels, le 12 novembre 2009, au Palais du Luxembourg, Ă  Paris, on a pu entendre ces mots : « La culture prise dans sa diversitĂ©, c’est-Ă -dire l’environnement culturel de l’homme, est reconnue depuis 2005 par les Nations Unies comme un pilier du dĂ©veloppement durable, au mĂȘme titre que les questions Ă©cologiques, sociales et de gouvernance ».

Voici donc, qu’avec les trois piliers inĂ©branlables que reprĂ©sentent l’Environnement, la ResponsabilitĂ© Sociale, et la Gouvernance,  s’impose maintenant la prise en compte de la diversitĂ© culturelle dans les problĂ©matiques du dĂ©veloppement durable.

Mieux encore, car  selon MĂ©dia Terre qui a saluĂ© l’évĂ©nement : «  La dimension culturelle s’affirmant Ă  la fois comme un pilier autonome et comme un sujet transversal, aucun des trois autres piliers ne pouvant s’affranchir de la composante culturelle, il devenait urgent que la communautĂ© financiĂšre intĂšgre ce nouvel enjeu en utilisant les leviers de l’investissement responsable ».

A l’instar de l’empreinte carbone, « l’empreinte culturelle » comme la nomme joliment l’Association, pourrait rapidement devenir quasi incontournable.

On revient de loin, car la prise en compte de la diversité culturelle est un combat de longue date.

Rappelons notamment ici La DĂ©claration de Fribourg sur les Droits Culturels, « ces parents pauvres des Droits de L’Homme »,  de l’institut interdisciplinaire d’éthique et des Droits de L’Homme de Fribourg, en Allemagne, autrement nommĂ© le «Groupe de Fribourg» qui, associant entre autres les contributions de philosophes et de juristes, a lancĂ© voilĂ  plus de 20 ans, Ă  travers une sĂ©rie de colloques, une rĂ©flexion puissante, gĂ©nĂ©reuse, et originale sur la nature des Droits de L’Homme, la relation Ă  l’Autre, ainsi que la place de la personne dans la communautĂ©.

Rappelons Ă©galement la DĂ©claration universelle de l’Unesco sur la DiversitĂ© Culturelle, adoptĂ©e par la 31e Session de la ConfĂ©rence GĂ©nĂ©rale de l’Unesco, le 2 novembre 2002, Ă  Paris. Cette dĂ©claration Ă©tant un instrument normatif reconnaissant, pour la premiĂšre fois, la diversitĂ© culturelle comme « hĂ©ritage commun de l’humanitĂ© » et considĂ©rant sa « sauvegarde » comme Ă©tant un «impĂ©ratif concret et Ă©thique» insĂ©parable du respect de la dignitĂ© humaine.

Rappelons, enfin, qu’à l’initiative de la France et des pays francophones, on commence Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  l’évaluation des pratiques des entreprises relatives au respect de la diversitĂ© culturelle et linguistique. La France et les pays francophones militent pour que ce critĂšre soit intĂ©grĂ© Ă  leur politique RSE.

Les entreprises du CAC 40 pratiquent gĂ©nĂ©ralement deux langues, le français et l’anglais ; 11,6% d’entre elles en pratiquent trois ou quatre.

Six entreprises du CAC 40 Ă©voluent dans ce qu’il est convenu d’appeler un « environnement multiculturel » ; cela signifie notamment que ces entreprises publient des contenus stratĂ©giques en plusieurs langues.

Mais c’est une entreprise suisse, en l’occurrence Swatch Group, qui s’est vue dĂ©cerner  en 2008 le CybertrophĂ©e de Linguo-responsable pour son site entiĂšrement accessible en quatre langues.

Alors que l’on constate que de nombreuses entreprises, confrontĂ©es Ă  la diversitĂ© culturelle, choisissent la solution de facilitĂ© consistant Ă  privilĂ©gier la langue anglaise comme Ă©tant le plus petit dĂ©nominateur commun, au risque de gĂ©nĂ©rer un sentiment de discrimination, voire une rĂ©elle perte de crĂ©ativitĂ© en termes concurrentiels.

Notons, entre parenthĂšses, pour faire Ă©cho Ă  un dĂ©bat franco-français d’aujourd’hui, qu’en prĂ©ambule de la DĂ©claration Universelle sur la DiversitĂ© Culturelle de l’Unesco, on peut notamment lire ceci:

« Constatant que la culture se trouve au coeur des dĂ©bats contemporains sur l’identitĂ©, la cohĂ©sion sociale et le dĂ©veloppement d’une Ă©conomie fondĂ©e sur le savoir » 


ETAT DES LIEUX DE LA RSE EN FRANCE

12 novembre 2009

Dans un rapport, intitulĂ© « La responsabilitĂ© sociale des entreprises : l’engagement de la France », publiĂ© le 24 avril 2009 par le MinistĂšre des Affaires ÉtrangĂšres, alors que notre pays prĂ©sidait l’Union EuropĂ©enne, on pouvait, en prĂ©ambule, lire ceci :

« La responsabilitĂ© sociale et environnementale des entreprises (RSE) est devenue un thĂšme essentiel dans les rĂ©flexions sur la rĂ©gulation de la mondialisation et a donnĂ© lieu Ă  de multiples initiatives rĂ©centes. La crise Ă©conomique actuelle renforce d’autant plus ce dĂ©bat.   L’engagement de la France dans la RSE se caractĂ©rise Ă  la fois par sa pleine participation Ă  de nombreuses nĂ©gociations internationales, par une intervention de l’Etat au plan lĂ©gislatif et en tant qu’initiateur d’une dynamique pluri-acteurs, ainsi que par le foisonnement des initiatives prises par les acteurs Ă©conomiques et sociaux. »

Et dans le premier chapitre intitulĂ© « Qu’est-ce que la RSE pour la France? », on pouvait Ă©galement lire ceci :

« État membre de nombreuses organisations internationales, la France a participĂ© Ă  l’élaboration de dĂ©finitions dans lesquelles elle se reconnaĂźt. C’est aussi pour elle un concept stratĂ©gique. »

Plus loin, voilà ce qui est écrit :

« La France ne joue pas seulement un rĂŽle actif au plan diplomatique. Des initiatives nationales multiples ont affirmĂ© une identitĂ© particuliĂšre dessinant une capacitĂ© conceptuelle reconnue. Elle s’est affirmĂ©e innovatrice au plan lĂ©gislatif avec notamment la loi sur les nouvelles rĂ©gulations Ă©conomiques (NRE, 2001). Elle l’est aussi dans la promotion de l’investissement responsable selon des dispositifs variĂ©s, et l’amĂ©lioration de la transparence grĂące Ă  une politique de labels. Enfin, les initiatives des acteurs privĂ©s manifestent l’engagement de la sociĂ©tĂ© française dans la RSE. »

VoilĂ  pour les dĂ©clarations d’intentions de la France. Bonne note est prise.

Mais qu’en est-il vraiment de la RSE dans les entreprises françaises? Qu’en est-il  de leur engagement, c’est-Ă -dire de leurs actions sur le terrain ?

Comment rendre compte de la réalité complexe de la RSE dans les entreprises françaises ? Comment faire la part des choses entre déclarations et pratiques ? Comment se retrouver dans le dédale des principes, référentiels ou normes, lois, recommandations, émanant de différentes institutions publiques ou privées, quelles soient françaises ou internationales ?

C’est Ă  ces questions, et Ă  bien d’autres, que tente de rĂ©pondre l’excellent Hors SĂ©rie n°41, Novembre 2009, publiĂ© par Alternatives Économiques, intitulĂ© « La ResponsabilitĂ© Sociale des Entreprises Françaises ».

D’entrĂ©e de jeu, Ă  la lecture de l’éditorial qui titre « le chemin est encore long 
 », on comprend que l’affaire est sĂ©rieuse, sinon grave, et que l’analyse et l’investigation de ce Hors SĂ©rie – Ă  lire absolument - se veulent sans concessions.

Qu’il s’agisse des rapports sociaux et environnementaux des entreprises du CAC 40  - ah, les fameux rapports dĂ©veloppement durable ! - considĂ©rĂ©s par ces derniĂšres d’abord et avant tout comme des outils de communication, et dans lesquels elles veillent coquettement Ă  prĂ©senter leur meilleur profil, quitte Ă  faire quelques judicieuses impasses et distorsions sur certaines formes de leurs activitĂ©s ;

Qu’il s’agisse aussi des paradis fiscaux : « les entreprises françaises du CAC 40, quelles soient bancaires ou industrielles, sont trĂšs prĂ©sentes dans les territoires offshore, principalement au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Suisse. » ;

Qu’il s’agisse encore des dĂ©rives et autres dĂ©rapages de la publicitĂ© dite « Ă©cologique » visant Ă  induire en erreur le consommateur ;

Ou de la fiscalitĂ© : « seules quatre entreprises du CAC 40 ont payĂ© un impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s qui corresponde aux taux officiel en France », avec la palme d’or dĂ©cernĂ©e Ă  l’unanimitĂ© du jury Ă  Unibail-Rodamco, la sociĂ©tĂ© immobiliĂšre, « qui a rĂ©ussi l’exploit de ne consacrer que 1% des bĂ©nĂ©fices cumulĂ©s sur 2006-2008 Ă  l’impĂŽt »!

Rien, absolument rien, ne nous est épargné des vices et turpitudes de la RSE.

Heureusement, les ONG veillent au grain, les consommateurs se mobilisent, ainsi que les investisseurs ; les salariĂ©s prennent lentement conscience que la RSE peut Ă©galement ĂȘtre leur outil ; les jeunes dĂ©veloppent un esprit de plus en plus critique ; les organisations syndicales rĂ©alisent que la RSE est un moyen unique leur permettant d’enrichir le dialogue social.

Les entreprises vont-elles sont la pression conjuguée des uns et des autres, devenir vraiment, enfin, responsables ?

Avec en filigrane, la question lancinante de savoir s’il faut continuer Ă  laisser les entreprises s’engager volontairement dans la dĂ©marche RSE, ou s’il faut les y contraindre et lĂ©gifĂ©rer.

DÉVELOPPEMENT DURABLE vs RSE

3 novembre 2009

Selon un fort intéressant et instructif article signé Jean-Marc Le Gall, professeur associé au Celsa et conseil en stratégies sociales, publié par le quotidien La Tribune le 02/11/09, dans le Rapport Responsabilité Sociale publié en juin 2009 par le Groupe France Télécom-Orange, on pouvait notamment lire ceci :

“Le groupe s’engage Ă  agir en permanence comme un employeur responsable”.

Et le professeur Jean-Marc Le Gall de faire le commentaire suivant : « (
) confrontĂ© Ă  la dramatique actualitĂ© sociale de cette entreprise, il est difficile de prendre cet engagement au sĂ©rieux. »

Ce n’est pas la premiĂšre fois - et cela n’est, hĂ©las, pas non plus la derniĂšre fois - que l’on observe un dĂ©calage entre les discours et les pratiques des entreprises.

Le Rapport Développement Durable est devenu, chacun peut le constater, quasi incontournable. Il est un levier stratégique de communication.

Plus qu’un effet de mode, ou qu’une danseuse, il paraĂźt selon les analystes que les problĂ©matiques liĂ©es au dĂ©veloppement Durable et la RSE sont rĂ©guliĂšrement dĂ©battues au sein des ComitĂ©s de Direction.

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Selon la rĂ©cente Ă©tude publiĂ©e par l’Observatoire de la communication et du marketing responsables, et rĂ©alisĂ©e auprĂšs de 129 entreprises parmi lesquelles 27% sont cotĂ©es, par Limelight consulting, 90% des entreprises affirment avoir une stratĂ©gie de dĂ©veloppement durable contre 76% en 2008.

VoilĂ  qui est fort bien.

Pourtant, l’engagement DĂ©veloppement Durable ne saurait se limiter  aux seuls critĂšres environnementaux.

Il se doit pour ĂȘtre complet, entendons satisfaisant, d’intĂ©grer Ă©galement, outre les critĂšres sociĂ©taux et financiers (investissement responsable), les critĂšres liĂ©s Ă  la responsabilitĂ© sociale des entreprises (RSE).

Or, selon l’étude de Limelight Consulting, si 77% des entreprises consultĂ©es dĂ©clarent s’ĂȘtre engagĂ©es sur les aspects environnementaux, elles sont par contre moins de 40%  Ă  l’avoir fait sur les aspects sociaux.

Notons, entre parenthĂšses, que le Grenelle 2 prĂ©voit l’obligation  pour les entreprises de plus de 500 salariĂ©s de publier un bilan social et environnemental.

Dans son article, Jean-Marc Le Gall rappelle, à bon escient, que le PDG de Danone, Frank Riboud, a décidé quant à lui que le bonus des dirigeants de son entreprise devait porter à part égale sur la Responsabilité Sociale et sur les résultats économiques. Fifty-fifty.

Qui dit mieux ?

IDENTITÉ NATIONALE ET DIVERSITÉ

28 octobre 2009

Il est Ă  craindre que l’irruption soudaine du dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale ne vienne obscurcir encore davantage celui sur la diversitĂ©.

Alors que le rapport du Commissaire Ă  la DiversitĂ© et Ă  l’EgalitĂ© des chances, Yazid Sabeg, qui a Ă©tĂ© remis en mai 2009 au PrĂ©sident de la RĂ©publique, avait soulevĂ© la question des instruments de mesure de la diversitĂ©, c’est-Ă -dire en fin de compte des discriminations.

Les discriminations existent bel et bien au sein de la sociĂ©tĂ© française, toutes les Ă©tudes et enquĂȘtes le montrent,  et elles doivent ĂȘtre combattues. Pour ce faire, elles doivent ĂȘtre mesurĂ©es.

La question de dĂ©terminer quels seraient les instruments de mesure de la diversitĂ© les mieux appropriĂ©s - rĂ©fĂ©rentiel ethno racial, origine gĂ©ographique ou appartenance ressentie ? – Ă©tant dĂ©jĂ  fort dĂ©licate, fallait-il de surcroĂźt introduire une nouvelle inconnue au problĂšme, en l’occurrence celle de l’identitĂ© nationale ?

Et poser la question de l’identitĂ© nationale ne revient-il pas Ă  poser, quoiqu’on pense, celle de la race ?

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Or, la communautĂ© scientifique dans son ensemble s’accorde Ă  reconnaĂźtre que la notion de race ne peut pas ĂȘtre dĂ©finie de maniĂšre rigoureuse.

A entendre les gĂ©nĂ©ticiens, en particulier,  il y aurait parfois autant, voire plus de diffĂ©rences, par exemple, entre deux personnes Ă  la peau noire qu’entre une personne Ă  la peau noire et une personne Ă  la peau blanche.

Et alors, Ă©galement, que l’évaluation de la diversitĂ© française ne manquera sans doute pas d’impacter, d’une part l’idĂ©e que chacun d’entre nous se fera de la RĂ©publique,  et, d’autre part – prĂ©cisĂ©ment –  notre perception collective de l’identitĂ© nationale, c’est-Ă -dire en dĂ©finitive du lien social.

LES SENIORS, LES SENIORS! ET LES JEUNES ALORS?

24 octobre 2009

Branle-bas de combat !

Les entreprises, qui n’auront pas pris de mesures en faveur des salariĂ©s ĂągĂ©s au 1er janvier 2010, seront sanctionnĂ©es par la Loi.

DĂšs le 1er janvier 2010, par consĂ©quent,  les entreprises françaises devront justifier d’un plan d’action ou d’un accord relatif Ă  l’emploi des salariĂ©s ĂągĂ©s.

Deux Ă©tudes, la premiĂšre de la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Paris (CCIP), et la seconde du cabinet Mercuri Urval, montrent chacune Ă  leur façon que les entreprises françaises sont insuffisamment prĂ©parĂ©es.

Selon les rĂ©sultats de l’enquĂȘte menĂ©e par la CCIP qui a interrogĂ© les entreprises franciliennes, 56% d’entre-elles, toutes entreprises confondues, se dĂ©clarent favorables Ă  cette nouvelle rĂ©glementation.

Parmi les entreprises de plus de 300 salariĂ©s, elles sont 72% Ă  se dĂ©clarer favorables Ă  la nouvelle Loi. Sans doute, pensent les analystes, parce que ces derniĂšres sont plus nombreuses Ă  disposer d’outils RH spĂ©cifiques au Management des seniors.

Soit dit en passant, ne peut-on pas affirmer la mĂȘme chose s’agissant des  personnes handicapĂ©es, et de la diversitĂ© en gĂ©nĂ©ral ?

Selon l’étude menĂ©e par Mercuri Urval, auprĂšs de 95 entreprises, 33% d’entre-elles ont dĂ©clarĂ© ne pas avoir de prioritĂ©s en matiĂšre d’emploi des seniors ou n’ont pas rĂ©pondu au questionnaire.

Le moins Ă©tonnant dans cette Ă©tude n’est pas qu’une entreprise sur 10 estime ne pas dĂ©tenir les informations suffisantes sur le dĂ©cret du 20 mai 2009. Ah bon !

On note, par ailleurs, selon cette étude, que 25% perçoivent la Loi comme une obligation difficile à mettre en place.

Or, si la situation des seniors en France est certes prĂ©occupante, il faut tout de mĂȘme raison garder.

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Car, le chîmage frappe d’abord les jeunes, et il les frappe d’autant plus durement en temps de crise.

Selon l’Observatoire des InĂ©galitĂ©s, le nombre de chĂŽmeurs a progressĂ© entre juin 2008 et juin 2009, de 18,7 % en moyenne, soit 571 900 chĂŽmeurs.

Entre juin 2008 et juin 2009, la hausse Ă©tait de 42 % chez les jeunes hommes, victimes notamment de l’interruption de nombreux contrats d’intĂ©rim.

« Ce sont les jeunes hommes de moins de 25 ans qui sont tout particuliĂšrement touchĂ©s avec une hausse de 42 %, soit plus du double de la moyenne de l’ensemble. Chez les jeunes femmes, l’augmentation est moins forte (+ 18 %) mais reprĂ©sente le double de celle de leurs aĂźnĂ©es (25 ans et plus). » (Observatoire des InĂ©galitĂ©s, 26 septembre 2009).

« En raison de leur inexpĂ©rience, mais aussi de leur arrivĂ©e dans une pĂ©riode plus difficile oĂč chacun s’accroche Ă  son emploi. MĂȘme avec des salaires infĂ©rieurs, l’entrĂ©e dans le monde du travail reste un parcours d’obstacles, souvent fait de stages nombreux et de pĂ©riodes de prĂ©caritĂ© (intĂ©rim, CDD, etc.). Les jeunes hommes sont plus touchĂ©s (24,7 %) que les jeunes filles (22,8 %). » (Observatoire des InĂ©galitĂ©s, 3 octobre 2009).

A quand une Loi sur l’Emploi des Jeunes ?

DIVERSITÉ et RICHESSE DES NATIONS

12 octobre 2009

La rĂ©cente publication du « Rapport Mondial sur le DĂ©veloppement humain 2009 » intitulĂ© « Lever les barriĂšres : MobilitĂ© et dĂ©veloppement humains » est intĂ©ressante Ă  plus d’un titre, dans la mesure notamment oĂč elle vient bousculer nos reprĂ©sentations sur les migrations internationales.

Alors que la crise économique cristallise, plus que de coutume, les peurs ancestrales et les comportements xénophobes, elle vient nous rappeler que la mobilité est un moteur du développement humain.

Selon le rapport, le dĂ©veloppement humain dans son ensemble aurait beaucoup Ă  gagner si les pays dĂ©veloppĂ©s, pour ne mentionner qu’eux, prenaient la dĂ©cision de lever les obstacles aux dĂ©placements migratoires et de mettre en place un service d’accueil et d’intĂ©gration des migrants digne de ce nom.

«  Compte tenu de ses effets positifs potentiels sur le bien-ĂȘtre humain, faciliter la mobilitĂ© nationale et internationale devrait logiquement ĂȘtre au cƓur des rĂ©flexions des responsables politiques et des chercheurs en dĂ©veloppement. »

Le Rapport Mondial sur le DĂ©veloppement humain 2009 exprime son regret de constater que les Ă©tudes universitaires qui portent sur l’impact des flux migratoires sont quantitĂ©s nĂ©gligeables en comparaison de celles qui sont consacrĂ©es au commerce international.

Plus de 5 millions de personnes franchissent, chaque année, les frontiÚres internationales pour aller vivre dans un pays développé.

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La dĂ©marche mĂȘme de ce Rapport 2009 est innovante, car axĂ©e sur le concept de dĂ©veloppement humain considĂ©rĂ© du point de vue de la libertĂ© des personnes Ă  vivre leur vie comme elles l’entendent.

Ce concept est directement inspirĂ© des travaux de l’économiste indien Amartya Sen, Prix Nobel en 2008, rĂ©compensĂ© pour ses recherches sur les famines contemporaines, les inĂ©galitĂ©s ou la possibilitĂ© des choix sociaux, et qui a inventĂ© en 1990 avec l’écrivain et le penseur Pakistanais Mahbub Ul Haq, dĂ©cĂ©dĂ© en 1998, « l’Indice de DĂ©veloppement Humain » (IDH) qui intĂšgre, en plus du niveau de revenu par habitant, les questions de santĂ© et d’Ă©ducation.

Professeur à Harvard School, Amartya Sen avait notamment déclaré dans une interview accordée le 08.06.09 au Journal Le Monde :

« Penser au bonheur des gens, mais aussi Ă  leur libertĂ©, Ă  leur capacitĂ© Ă  vivre comme des ĂȘtres douĂ©s de raison, capables de prendre des dĂ©cisions, cela revient Ă  se demander comment la sociĂ©tĂ© doit ĂȘtre organisĂ©e. »

Grand ami de l’UNICEF, homme de convictions, Mahbub Ul Haq avait quant Ă  lui combattu, sans relĂąche, ce qu’il considĂ©rait comme l’aberration de nombreux  pays qui gaspillent leur revenu national pour se munir d’armements, alors que leurs ressources pourraient et devraient ĂȘtre employĂ©es Ă  allĂ©ger les souffrances et les privations responsables, selon lui, des conflits et de la dĂ©sintĂ©gration sociale.

Ce concept de dĂ©veloppement  humain  qui traverse de bout en bout la rĂ©flexion de ce Rapport 2009, est axĂ© sur les capacitĂ©s des personnes et leur libertĂ©, ainsi que sur les opportunitĂ©s qu’offre la mobilitĂ© internationale tant aux migrants qu’aux pays qui les accueillent. Il permet, en outre, de porter un regard nouveau sur des questions majeures, telles que l’égalitĂ© des sexes, la sĂ©curitĂ©, ou les changements climatiques.

On se doit de tordre le cou aux idĂ©es reçues, aux contre-vĂ©ritĂ©s, c’est-Ă -dire en dĂ©finitive aux prĂ©jugĂ©s, tendant Ă  faire croire, par exemple, que les migrants occupent des emplois vacants, qu’ils se  substituent ainsi Ă  la main-d’Ɠuvre locale, ou qu’ils exercent sur les salaires une tendance Ă  la baisse ; ou encore qu’ils coĂ»tent cher Ă  l’économie des pays d’accueil.

De nombreuses Ă©tudes ont dĂ©jĂ  dĂ©montrĂ© lĂ© contraire. Or, le Rapport 2009 apporte sur ces questionnements – ces inquiĂ©tudes – un Ă©clairage diffĂ©rent.

Le Rapport 2009 montre que, dans les pays d’origine, les migrants impactent favorablement sur l’augmentation des revenus, la stimulation de la consommation, l’amĂ©lioration de la santĂ© et de la qualitĂ© de l’éducation ; et que, dans les pays de destination, ils stimulent l’économie.

La preuve est faite – une fois de plus – que la diversitĂ© culturelle et linguistique est corollaire de richesse et de performance.

Et il faut lire le Rapport Mondial sur le DĂ©veloppement humain 2009 pour mesurer toute l’étendue et le caractĂšre innovant de ses analyses.

LA DIVERSITÉ EN RÉPUBLIQUE

8 octobre 2009

On a appris que quatre membres du Gouvernement français ont fait mercredi 7 octobre le dĂ©placement Ă  l’Ecole Nationale d’Administration (ENA), afin d’inaugurer la « premiĂšre classe prĂ©paratoire intĂ©grĂ©e ».

Eric Woerth (Budget, des comptes publics, de la Fonction publique et de la rĂ©forme de l’État), Fadela Amara (Politique de la Ville), et Martin Hirsch (SolidaritĂ©s Actives), sont donc venus « encourager », nous dit-on,  les 15 Ă©tudiants de cette premiĂšre promotion.

Le Commissaire Ă  la DiversitĂ© et Ă  l’égalitĂ© des chances, Yazid Sabeg, Ă©tait bien sĂ»r de la partie.

On imagine d’ici la gĂȘne, pour ne pas dire la pression, que ces jeunes et heureux Ă©lus et pionniers de la diversitĂ© Ă  la française ont dĂ» ressentir, devant l’honneur qui leur Ă©tait fait.

L’Agence de presse AFP prĂ©cise, pour sa part, dans son communiquĂ© que « aucun n’a souhaitĂ© prĂ©cisĂ© quel Ă©tait son milieu social, la profession de ses parents, ou mĂȘme Ă©voquer cette “diversitĂ©” tant vantĂ©e par le gouvernement. »

Sur le portail du MinistĂšre des comptes publics, de la Fonction publique et de la rĂ©forme de l’État, on peut lire que « les Ă©lĂšves ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s par un jury sur 150 candidatures sur la base de critĂšres sociaux, de leur niveau d’études, de leur personnalitĂ© et de leur motivation. AprĂšs une premiĂšre sĂ©lection sur dossier, les candidats ont Ă©tĂ© choisis Ă  l’issue d’un entretien d’admission. »

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Sur le dossier de presse, on apprend que la liste des admis « comprend 11 femmes et 4 hommes dont 1 hongrois et 10 personnes qui sont d’origine Ă©trangĂšre. »

« Deux ultra-marins font partie des admis (Guadeloupe et RĂ©union) et 5 personnes sont en scolaritĂ© Ă  l’IEP de Paris mais 2 seulement y ont rĂ©alisĂ© l’intĂ©gralitĂ© de leur parcours, les 3 autres suivent une cinquiĂšme annĂ©e de master (d’administration publique ou de relations internationales). »

On sait que la création de clases préparatoires intégrées (CPI) dans les principales écoles de la Fonction publique est une volonté du président de la République, afin de favoriser une plus grande diversité dans la Fonction publique.

On se souvient peut-ĂȘtre, que  Nicolas Sarkozy avait exprimĂ© cette volontĂ© – cette promesse - dans le discours qu’il avait tenu Ă  l’École polytechnique le 17 dĂ©cembre 2008, ainsi que dans sa dĂ©claration au Parlement rĂ©uni en CongrĂšs Ă  Versailles le 22 juin 2009.

Promesse tenue !

La crĂ©ation de classes prĂ©paratoires intĂ©grĂ©es concerne, outre l’ENA, les Instituts rĂ©gionaux d’administration (IRA), c’est-Ă -dire les Ă©coles de la Justice, de la Police, de Bercy (Douanes, ImpĂŽts, TrĂ©sor, Concurrence, et RĂ©pression des fraudes), ainsi que les Ă©coles de formation des Inspecteurs du Travail ou des directeurs d’hĂŽpitaux.

AprÚs la Charte de la Diversité, puis le Label Diversité visant à lutter contre les discriminations dans les entreprises, dont le décret a été publié le 17 décembre 2008, cette nouvelle initiative en faveur de la diversité est à saluer comme il se doit.

Cette nouvelle avancée de la diversité en France est, à nos yeux, capitale.