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Discrimination et Ethnocentrisme

Mardi 7 septembre 2010

Les experts du CERD (ComitĂ© des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale) ont dĂ©noncĂ© une recrudescence des actes racistes en France, et dĂ©plorĂ© un manque Ă©vident de « volontĂ© politique », malgrĂ© les dĂ©nĂ©gations et les hauts cris  de nos reprĂ©sentants dĂ©pĂȘchĂ©s Ă  GenĂšve afin d’assurer la dĂ©fense de notre pays.

Le dĂ©bat sur l’identitĂ© nationale, la politique d’expulsion des Roms, la non reconnaissance du droit des minoritĂ©s dans la lĂ©gislation, ainsi que le durcissement du discours politique ne seraient pas, selon le CERD, dignes d’un pays qui se targue d’ĂȘtre «  Le Pays des Droits de L’Homme ».

Il n’est pas inutile, maintenant que la polĂ©mique aoĂ»tienne est quelque peu retombĂ©e, de prendre le temps de se pencher sur les questions d’immigration auxquelles nombre de pays occidentaux est confrontĂ©, ainsi que sur l’état de la recherche dans le champ de la communication interculturelle.

La mondialisation des échanges, des idées, des produits, des services, et la circulation des personnes,  a amené les sociétés et les organisations, notamment les multinationales, autrement dit les firmes transnationales, à prendre de plus en plus conscience du caractÚre incontournable de la diversité, considérée comme une nécessité de leur survie.

Dans les pays occidentaux confrontĂ©s Ă  la diversitĂ© ethnique et culturelle, telle que la France, la pensĂ©e dominante est de favoriser l’intĂ©gration des diffĂ©rentes communautĂ©s Ă©trangĂšres au sein d’une mĂȘme sociĂ©tĂ©. Il s’agit, Ă  entendre ses partisans et nombre d’Ă©lites qui cherchent Ă  imposer ce point de vue, de combattre l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© – c’est-Ă -dire la diffĂ©rence - considĂ©rĂ©e comme source de dĂ©sĂ©quilibres et de problĂšmes sociaux. Ce qu’on recherche, par consĂ©quent, c’est uniformiser, c’est-Ă -dire gommer ou occulter ces diffĂ©rences.

La logique qui  sous-tend  cette  attitude a, en rĂ©alitĂ©, un nom : Ethnocentrisme. L’attitude ethnocentriste tend Ă  croire – il s’agit bien d’une croyance - que le patrimoine culturel d’un pays donnĂ© ne peut pas reprĂ©senter pour les « Ă©trangers » autre chose qu’un idĂ©al.

C’est ainsi, par exemple, que le chercheur canadien Nancy Adler, auteur de l’ouvrage « Internationational Dimensions of Organizational Behaviour » (Comportement Organisationnel : Une Approche Multiculturelle) distingue l’ethnocentrisme de l’esprit de clocher, ou l’esprit communal, ou encore chauvinisme («parochialism »).

Selon N. Adler, l’esprit de clocher consisterait Ă  penser que l’on est seul au monde et que l’on peut agir comme si cela Ă©tait le cas, tandis que l’ethnocentrisme serait la croyance en la supĂ©rioritĂ© de sa propre nation et de sa propre culture.

Ce qui signifie, qu’un migrant - un Ă©tranger - qui appartient Ă  une culture Ă©loignĂ©e de cet idĂ©al se doit d’adhĂ©rer aux normes du pays d’accueil. Il doit tout faire pour s’adapter, se conformer, s’assimiler, afin que sa prĂ©sence soit acceptĂ©e et tolĂ©rĂ©e.

Dans le champ de la recherche sur la communication interculturelle en entreprise, on  distingue quatre types possibles de comportements pouvant ĂȘtre adoptĂ©s face Ă  la diffĂ©rence ethnique et culturelle ; et les sociĂ©tĂ©s humaines dans leur ensemble, en particulier nos Ă©lites intellectuelles et politiques seraient bien avisĂ©s de s’en inspirer, afin d’apprendre Ă  mieux nous gouverner. Soit :

L’assimilation, laquelle  est un processus d’adaptation Ă  sens unique dans lequel la culture de l’organisation devient le mode de comportement souhaitĂ© ;

La séparation, qui limite les échanges entre les personnes de cultures différentes et, par conséquent, favorise le cloisonnement tant au plan spatial que technique et culturel ;

La dĂ©culturation, oĂč aucune des cultures en prĂ©sence n’est privilĂ©giĂ©e, et oĂč il n’existe pas, par consĂ©quent, de vĂ©ritable culture d’entreprise forte;

Enfin, last but not least, le pluralisme, lequel semble pour nombre d’experts et d’observateurs reprĂ©senter la clĂ© du succĂšs de l’entreprise performante, tant au plan humain, managĂ©rial qu’économique. Car le pluralisme reprĂ©sente une symbiose culturelle dans laquelle chaque culture est reconnue et valorisĂ©e.

Terminons ce billet en citant quelques conclusions de l’excellent « Rapport Mondial sur le DĂ©veloppement humain 2009 - Lever les barriĂšres: MobilitĂ© et DĂ©veloppement Humains »  publiĂ© par le Programme des Nations Unies pour le DĂ©veloppement (PNUD),  malheureusement peu connu, mais qui mĂ©riterait d’ĂȘtre largement diffusĂ©.

D’abord ceci : « La part des migrants internationaux dans la population mondiale s’est maintenue Ă  un niveau remarquablement stable au cours des cinquante derniĂšres annĂ©es, aux alentours de 3 %, malgrĂ© la prĂ©sence de facteurs qui auraient dĂ» se solder par une augmentation des flux migratoires. Les tendances dĂ©mographiques – le vieillissement de la population des pays dĂ©veloppĂ©s contrastant avec la jeunesse et la croissance de la population des pays en dĂ©veloppement – et l’augmentation des opportunitĂ©s d’emploi, combinĂ©es Ă  la baisse des coĂ»ts des communications et des transports, ont entraĂźnĂ© une hausse de la « demande » migratoire. Mais les candidats Ă  la migration se heurtent Ă  des barriĂšres de plus en plus hautes, Ă©rigĂ©es par les gouvernements. Au cours du siĂšcle dernier, le nombre d’États-Nations a quadruplĂ©, pour avoisiner le nombre de 200 – soit toujours plus de nouvelles frontiĂšres Ă  traverser. ParallĂšlement, de nouvelles politiques ont limitĂ© encore les flux migratoires, en dĂ©pit de la levĂ©e des barriĂšres commerciales. »

Puis ceci : « Ce rapport soutient que les migrants stimulent l’économie, et ce Ă  un coĂ»t rĂ©duit voire nul pour la rĂ©gion d’accueil. En effet, leur prĂ©sence peut avoir de nombreuses vertus. (
) Au fur et Ă  mesure qu’ils parviennent Ă  acquĂ©rir une meilleure maĂźtrise de la langue ainsi que d’autres compĂ©tences nĂ©cessaires pour grimper sur l’échelle des salaires, beaucoup de migrants s’intĂšgrent relativement facilement. Ils apportent alors la preuve que les craintes concernant leur impossible intĂ©gration, semblables Ă  celles exprimĂ©es au dĂ©but du XXe siĂšcle en AmĂ©rique au sujet des Irlandais, par exemple, sont tout aussi infondĂ©es aujourd’hui qu’hier. »

Rappelons cet aphorisme de l’Ă©crivain français AndrĂ© Maurois, trouvĂ© sur l’excellent Site de Marc Bosche centrĂ© sur les Ă©tudes interculturelles :

« Un peuple est un miroir dans lequel chaque voyageur contemple sa propre image. »

La Mondialisation de la RSE … en Chine!

Samedi 12 décembre 2009

Le magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine (CCIFC) a consacrĂ© un grand dossier  sur la responsabilitĂ© sociale des entreprises en Chine : «Connexions n°51, juillet septembre 2009, La responsabilitĂ© sociale des entreprises en Chine».

L’étude fort exhaustive disponible sur le Site www.connexions.ccifc.org dĂ©taille l’engagement de la Chine dans la dĂ©marche RSE, alors que l’Empire du Milieu est mis sur la sellette, par les ONG,  pour ses mauvaises pratiques en matiĂšre d’éthique des affaires.

Elle est articulĂ©e avec un brin de complaisance et, Ă©galement, comme on peut s’y attendre, un soupçon d’habilitĂ© diplomatique, autour d’enquĂȘtes, d’interviews et de reportages.

Le dossier du magazine Connexions sur la RSE en Chine est composé de deux parties :

La premiĂšre explique comment la RSE est vĂ©cue et pratiquĂ©e en Chine, l’évolution de l’éthique des affaires, les bonnes pratiques de grandes compagnies comme Stategrid ou China Mobile, et propose un Ă©tat des lieux en Afrique oĂč, dans les mines, certaines pratiques chinoises sont trĂšs controversĂ©es ;

La deuxiÚme, est consacrée à des exemples de stratégie RSE par des entreprises multinationales françaises ou européennes.

Les entreprises françaises implantĂ©es en Chine, Accor (« Faire preuve d’Ethique ») -  Total (« Etre Ă  l’écoute ») - l’OrĂ©al (« Encourager les Jeunes ») - PSA (« Enrichir son Image »), entre autres, y tĂ©moignent.

Extraits :

« La responsabilitĂ© sociale d’entreprise (RSE) — qiyeshihuizeren äŒäžšç€ŸäŒšèŽŁä»» en chinois, corporate social responsibility en anglais, — n’est pas un concept nouveau. »

« En Chine, sous les Ming, les marchands lettrés du Huizhou débattaient déjà de leur rÎle et de leur éthique des affaires. »

« De plus en plus de Chinois rĂ©clament des amĂ©liorations qualitatives de leurs conditions de vie et le gouvernement est conscient que des entreprises peu respectueuses de la loi peuvent perturber l’ordre social. »

« Mais la tĂąche qui pĂšse sur les entreprises est lourde et celles-ci sont mal prĂ©parĂ©es. Une enquĂȘte menĂ©e en 2006 montre que, pour la plupart des entreprises chinoises, RSE voulait encore dire activitĂ©s philanthropiques. »

« Elles voyaient la RSE comme une charge, mĂȘme si un nombre croissant de compagnies se disaient prĂȘtes Ă  coopĂ©rer avec des ONG pour rĂ©gler certains problĂšmes, et si un nombre croissant d’entre elles rĂ©digeaient des rapports sociaux. »

« Mais, ces toutes derniĂšres annĂ©es, monte trĂšs rapidement une prise de conscience, notamment sous la pression internationale, des dĂ©gĂąts collectifs occasionnĂ©s par de mauvaises conduites individuelles. D’autre part, le besoin de retenir la main-d’Ɠuvre, notamment la plus qualifiĂ©e, encourage un meilleur traitement de son personnel. Enfin, la nĂ©cessitĂ© de monter sur la chaĂźne des valeurs et l’ampleur des dĂ©gĂąts environnementaux obligent le pays Ă  opĂ©rer ce tournant volontariste pour lequel il a besoin — et il le demande — de la collaboration des entreprises Ă©trangĂšres implantĂ©es en Chine. »

Or, une campagne de l’ONG Peuples Solidaires vient de rĂ©vĂ©ler Ă  travers des enquĂȘtes et des analyses, chiffres Ă  l’appui, les dessous de l’industrie du jouet. La bien nommĂ©e campagne intitulĂ©e « C’est pas du jeu ! » vise Ă  aborder avec force et renouveau la douloureuse question des conditions de travail dans les usines de jouets chinoises.

Comme chacun le sait, l’industrie du jouet est aujourd’hui fortement mondialisĂ©e. Elle repose, en outre, sur des chaĂźnes de production complexes reliant de nombreux pays.

S’agissant des conditions de travail dans les usines de jouets en Chine, Peuples Solidaires Ă©crit :

« 4 jouets sur 5, que reçoit n’importe quel enfant aujourd’hui, sont produits dans le Sud de la Chine dans l’une des 8 000 usines de jouets de la province de Guangdong, dans le Delta de la riviĂšre des Perles. 3 Ă  5 millions d’ouvriers chinois y sont employĂ©s. La plupart sont des femmes ĂągĂ©es de 15 Ă  30 ans, qui viennent des rĂ©gions pauvres et rurales de l’intĂ©rieur des terres. Du fait des salaires extrĂȘmement faibles, elles n’ont pas d’autre choix que d’accepter les dortoirs et la nourriture proposĂ©s par les usines, moyennant une bonne partie de leur maigre salaire. La qualitĂ© de la nourriture et du logement y est si misĂ©rable que l’on peut parler de conditions inhumaines. En Chine, un seul syndicat officiel (celui du parti) est autorisĂ©. »

On peut également lire ceci :

« TrĂšs souvent, quelques annĂ©es suffisent pour dĂ©truire le rĂȘve des ouvriers d’une vie meilleure. Ils rentrent dans leurs villages, dĂ©senchantĂ©s et Ă©puisĂ©s, voire handicapĂ©s physiquement. La rĂ©alitĂ© des usines chinoises est difficile Ă  supporter : Longues heures de travail (jusqu’à 400 heures par mois) ; semaines de 7 jours, surtout pendant la pĂ©riode de NoĂ«l » ;

« Salaires infĂ©rieurs au minimum lĂ©gal, dont le niveau ne permet pas lui-mĂȘme d’assurer un revenu de subsistance - Salaires retenus pendant une pĂ©riode allant jusqu’à 45 jours (ainsi les ouvriers ne peuvent pas dĂ©missionner facilement) ;Mesures de sĂ©curitĂ© et de santĂ© inadĂ©quates ; Absence de contrat de travail ; Absence d’avantages sociaux tels que congĂ©s maternitĂ©, assurance santĂ© ou retraite ; Amendes illĂ©gales et disproportionnĂ©es (pour des « infractions » telles que retard, ne pas ĂȘtre en possession de sa carte d’identification, ou pour avoir parlĂ©, etc.) et feuilles de paye peu claires ; Absence de protection contre les licenciement (abusifs) ; Conditions d’hĂ©bergement insalubres et malnutrition (
) ».

On n’a pas manquĂ© de remarquer, que le dossier du magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine consacrĂ© Ă  la RSE en Chine n’aborde pas franchement, c’est le moins que l’on puisse dire, l’embarrassante question pour les autoritĂ©s chinoises des conditions de travail dans les usines de jouet.

On se demande bien pourquoi. Bizarre, bizarre 


A moins qu’on se soit gardĂ© de ne blesser, d’aucune maniĂšre, la susceptibilitĂ© de nos amis europĂ©ens et amĂ©ricains, puisque l’industrie du Jouet est dominĂ©e par eux.

Ni Mattel, Hasbro, Toys “R” us, Nitendo, Lego, Playmobil, ou Ravensburger, en effet, ne sont français. Soit dit en passant, l’honneur est sauf.

On peut pourtant, quoique de façon elliptique, y lire ceci :

« Le dĂ©fi de la RSE, notamment en ce qui concerne les entreprises sous-traitantes, vient souvent de ce que les coĂ»ts de la RSE sont perçus immĂ©diatement alors que les bĂ©nĂ©fices potentiels n’apparaissent — Ă©ventuellement — qu’Ă  long terme, les entreprises manquant encore de systĂšmes pour suivre les coĂ»ts et les bĂ©nĂ©fices d’investissements socialement responsables. »

Ah, bon !

Ce n’est certes pas du chinois (encore que …), mais voilĂ  tout de mĂȘme qui explique bien des choses.

Ne vous a-t-on pas dit, plus haut,  qu’en Chine, sous la dynastie Ming (qui rĂ©gna de 1368 Ă  1644), les marchands lettrĂ©s du Huizhou dĂ©battaient dĂ©jĂ  de leur rĂŽle et de leur Ă©thique des affaires ?

On vous souhaite à tous un Joyeux Noël !

PROMESSES ET RÉALITÉS DES DROITS DE L’HOMME

Mercredi 10 décembre 2008

Il  y a 60 ans, les 58 Etats membres des Nations Unies qui constituaient alors l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies adoptaient la DĂ©claration universelle des Droits de L’Homme (DUDH).

Rappelons ici pour la petite (!) histoire que l’URSS, les pays d’Europe Orientale, de l’Arabie saoudite et de l’Afrique du Sud, se sont abstenus. Gloire leur soit rendue !

Aujourd’hui, on compte 192 membres permanents des Nations Unies. C’est dire Ă  quel point le monde a changĂ© depuis cette journĂ©e historique du 10 dĂ©cembre 1948 au cours duquel le texte a Ă©tĂ© adoptĂ©.

Mais a-t-il vraiment changé, et de quelle maniÚre ? Vivons-nous dans un monde plus sûr, plus humain,  dans lequel les Droits élémentaires des personnes sont respectés ?

N’en croyez rien. HĂ©las !

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Amnesty International rappelle ainsi Ă  nos bonnes consciences l’immense travail qui reste Ă  accomplir afin que la promesse des Droits Humains Universels et Indivisibles devienne une rĂ©alitĂ© pour les 6 745 396 479 personnes exactement qui vivent dans le monde, chiffre affichĂ© avec une impeccable prĂ©cision ce mercredi 10 dĂ©cembre 2008 Ă  6 h 09 minutes et 20 secondes, heure du pĂŽle nord, sur le Site populationmondiale.com.

A propos de bonne conscience, on ne peut rĂ©sister Ă  l’envie de citer Tristan Bernard :

« Pour faire fortune, c’est trĂšs simple : il suffit d’acheter les consciences au prix oĂč elles valent, et de les revendre au prix oĂč elles s’estiment ».

Et Amnesty International de dresser, article par article des Droits de L’Homme, ils sont 30 au total, la liste effroyable des endroits dans le monde oĂč les Droits de l’Homme sont quotidiennement  bafouĂ©s, et oĂč des femmes et des hommes souffrent dans leur chair et leur dignitĂ©.

OĂč l’on apprend, notamment, qu’en Égypte, prĂšs de 250 femmes ont Ă©tĂ© tuĂ©es par leur mari ou par un autre membre de leur famille durant le premier semestre de 2007, et que deux femmes en moyenne ont Ă©tĂ© violĂ©es toutes les heures ;

Que 1 252 personnes ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©es par l’État en 2007, dans 24 pays diffĂ©rents ; qu’on enregistre dans 81 pays des cas de torture et de traitements cruels, inhumains ou dĂ©gradants ;

Que dans au moins 23 pays sont appliquĂ©es des lois discriminatoires Ă  l’égard des femmes, au moins 15 des lois discriminatoires Ă  l’égard des migrants et au moins 14 des lois discriminatoires Ă  l’égard des minoritĂ©s ;

Qu’on recense dans 54 pays des procĂšs inĂ©quitables ; qu’il existe des prisonniers d’opinion dans 45 pays ; que dans 77 pays la libertĂ© d’expression et la libertĂ© de la presse sont soumises Ă  des restrictions.

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Par ailleurs, “Le Monde” datĂ© du 9.12.08 ravive notre mĂ©moire en nous rappelant que la cĂ©lĂ©bration du 60Ăšme anniversaire de la DĂ©claration Universelle des Droits de L’Homme du 10 dĂ©cembre 1948, ne doit pas nous faire oublier qu’un autre texte de premiĂšre importance Ă©tait Ă©galement adoptĂ© par cette mĂȘme AssemblĂ©e : celui dĂ©finissant le crime de « gĂ©nocide », Ă  l’initiative de RaphaĂ«l Lemkin, juriste amĂ©ricain d’origine polonaise.

Pour clore ce billet sur une note d’humour, d’espoir, mais aussi et surtout de criante vĂ©ritĂ©, citons de nouveau le bon Tristan Bernard qui savait de quoi il parlait lorsqu’il coucha cette phrase :

« Nos besoins de haine sont satisfaits, mais nos besoins d’amour restent inoccupĂ©s ».

FAIM, VIOLENCE, DROITS DE L’HOMME : DESTINS CROISÉS

Jeudi 16 octobre 2008

Trois anniversaires se tĂ©lescopent sur l’agenda dĂ©cidemment trĂšs chargĂ© des Ă©vĂ©nements et des rendez-vous  internationaux, avant que la tourmente bancaire et financiĂšre ne vienne tout remettre en question.

la Faim, la Violence, et les Droits de L’Homme se disputent les honneurs des grands de ce monde.

CĂŽtĂ© faim d’abord. La journĂ©e mondiale de l’alimentation a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e mercredi 15 octobre dans plus de 150 pays, sur le thĂšme de « la sĂ©curitĂ© alimentaire mondiale », alors que la faim progresse de façon alarmante dans le monde.

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DĂ©cidĂ©e en 1979 par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la journĂ©e mondiale de l’alimentation, en est Ă  sa 28Ăšme Ă©dition.

En France, l’ONG Action contre la Faim a invitĂ© toutes les personnes de bonne volontĂ© Ă  se figer (freeze) pendant quelques minutes dans une vingtaine de villes en France, parmi lesquelles Angers, Brest, Caen, Cherbourg, Nantes et Rennes, afin de  « symboliser l’immobilisme qui laisse des millions d’enfants mourir ».

Jacques Diouf, Directeur GĂ©nĂ©ral de la FAO, a dĂ©clarĂ© que la faim dans le monde touchait aujourd’hui de 923 Ă  925 millions de personnes contre 850 millions avant la flambĂ©e des prix et les Ă©meutes qui l’ont suivie au printemps 2008.

Le Directeur GĂ©nĂ©ral de la FAO n’y est pas allĂ© de main morte. Il a montrĂ© du doigt les dirigeants du monde et les a accusĂ©s d’avoir ignorĂ© les avertissements lancĂ©s par la FAO ; il a affirmĂ© que ni leur volontĂ© politique ni les moyens n’étaient au rendez-vous afin de faire face aux enjeux de la faim dans le monde.

L’investissement dans l’agriculture entre 1980 et 2006 est tombĂ© de 17% Ă  3% selon la FAO, alors que la population mondiale a augmentĂ© durant cette pĂ©riode de 78,9 millions chaque annĂ©e !

En aoĂ»t 2007, le Programme alimentaire mondial  avait annoncĂ© la mise en oeuvre d’un programme d’aide pour lutter contre la crise alimentaire de 142 millions d’euros dans 16 pays particuliĂšrement touchĂ©s par la faim.

La crise alimentaire mondiale rend de plus en plus illusoire l’un des principaux objectifs du « DĂ©veloppement pour le MillĂ©naire » (OMD) adoptĂ© par l’ONU en 2000.

L’aide alimentaire internationale est tombĂ©e en 2008 Ă  son niveau le plus bas depuis 40 ans.

Sait-on par exemple que les biocarburants ont privĂ© le monde de 100 millions de tonnes de cĂ©rĂ©ales comme le maĂŻs ou le blĂ© qui pourraient servir Ă  l’alimentation ?

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CĂŽtĂ© violence ensuite. Autre anniversaire, autre cĂ©lĂ©bration, Ă  New York, l’AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale des Nations Unies a cĂ©lĂ©brĂ© le 2 octobre 2008 la deuxiĂšme Ă©dition de la journĂ©e internationale de la non-violence

« Puisse le Mahatma Gandhi nous inspirer dans l’accomplissement de notre mission », a dĂ©clarĂ© le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, M. Ban Ki-moon.

« C’est une journĂ©e trĂšs importante, dont le but principal est de nous inviter tous Ă  rĂ©flĂ©chir sur la mĂ©thode de lutte utilisĂ©e par l’un des plus grands ĂȘtres humains de toute l’histoire, Mahatma Gandhi, afin d’obtenir la libĂ©ration de l’Inde », a dĂ©clarĂ© pour sa part le PrĂ©sident de la soixante-troisiĂšme session de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale, M. Miguel d’Escoto Brockmann (Nicaragua).

Évoquant les Objectifs du MillĂ©naire pour le dĂ©veloppement (OMD), en particulier l’éradication de la pauvretĂ© et de la faim, le Ministre a rappelĂ© que, pour Gandhi, « la diffĂ©rence entre ce que nous faisons et ce que nous sommes capables de faire suffirait Ă  rĂ©soudre la plus grande partie des problĂšmes du monde ».  Cette diffĂ©rence Ă©norme devrait nous stimuler pour les sept ans qui restent avant l’échĂ©ance de 2015 pour rĂ©aliser les OMD, a soulignĂ© M. Mukherje, Ministre des affaires Ă©trangĂšres de l’Inde.

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CĂŽtĂ© Droits de L’Homme pour terminer.

On voudrait croire de toutes ses forces que les JournĂ©es internationales de la non-violence  et de l’alimentation puissent revĂȘtir cette annĂ©e, en pleine crise financiĂšre, une importance particuliĂšre.

Tandis que l’on cĂ©lĂšbre  le 60Ăšme anniversaire de la DĂ©claration Universelle des Droits de L’Homme.

LA MONDIALISATION DES DROITS DE L’HOMME

Jeudi 24 avril 2008

Les Droits de L’Homme se sont invitĂ©s aux prochains Jeux Olympiques qui doivent se dĂ©rouler Ă  Peking.

Faut-il s’en rĂ©jouir ou le regretter ? En tout cas, force est de constater que les Jeux Olympiques ne sont plus ce qu’ils Ă©taient, c’est-Ă -dire une fĂȘte planĂ©taire, la cĂ©lĂ©bration de la performance des athlĂštes -  Ah! les dieux du stade ! -,  mais aussi et surtout une immense entreprise commerciale grĂące aux droits tĂ©lĂ©visuels qu’ils gĂ©nĂšrent et aux partenaires et autre sponsors. Mais est-ce bien nouveau et surprenant ?

Faisons un peu d’histoire, retour sur image 


La politique s’est depuis fort longtemps emparĂ©e du symbole olympique. D’abord opposĂ© Ă  la tenue des Jeux olympiques en Allemagne, Adolf Hitler n’a-t-il pas Ă©tĂ© le premier Ă  avoir compris tout le bĂ©nĂ©fice qu’il pouvait tirer de son organisation en termes de propagande et d’ instrumentalisation comme on dit aujourd’hui ?  C’est Ă©galement le fĂŒhrer qui eut en 1936,  pour la premiĂšre fois, l’idĂ©e de faire circuler la flamme.

Rappelons qu’en 1956 les Jeux Olympiques furent boycottĂ©s par les Pays-Bas, l’Espagne et la Suisse afin de manifester leur dĂ©saccord avec la rĂ©pression soviĂ©tique en Hongrie ; qu’en 1968, 1972 et 1976, plusieurs pays africains les boycottĂšrent Ă  leur tour afin de protester contre l’apartheid en Afrique du Sud ;  et qu’en 1980 les États-Unis et 64 autres pays, la France ne s’étant pas joint Ă  eux,  boycottĂšrent les Jeux de Moscou pour protester contre l’intervention soviĂ©tique en Afghanistan.

Alors, pour ou contre le boycottage des J.O. de Peking ? Les Droits de L’Homme pourraient-ils vraiment gĂącher la fĂȘte ? Pas sĂ»r, mais la bataille fait rage.

Pour : sans hĂ©sitation aucune, Canal +. La chaĂźne cryptĂ©e a annoncĂ© qu’elle mobiliserait plus de 300 personnes et consacrerait plus de 800 heures d’antenne Ă  cet important Ă©vĂšnement planĂ©taire.

Contre : les dizaines de milliers de gens qui,  partout dans le monde,  manifestent sur le parcours de la flamme olympique en hurlant « Tibet libre ! ».

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L’idĂ©e de boycottage fait par ailleurs des Ă©mules. Ainsi,  par exemple, les leaders autochtones canadiens ont dĂ©clarĂ© qu’ils envisageaient de perturber les Jeux de Vancouver en 2010 afin d’attirer l’attention sur la pauvretĂ© de leurs communautĂ©s et sur leurs revendications territoriales.

Quant aux Droits de L’Homme, si chers Ă  nous français, surtout quand il s’agit de les dĂ©fendre Ă  l’étranger, sachons faire preuve de modestie et raison garder.

Car, contrairement Ă  ce que prĂ©tend l’idĂ©ologie officielle ou la croyance populaire,  la France n’a nullement inventĂ© les Droits de L’Homme. VoilĂ  bien un mythe qui a la vie dure.

La vĂ©ritĂ© toute nue, la voici : En 1215,  en Angleterre, la Grande Charte (Magna Carta) premiĂšre expression des Droits de L’Homme,  composĂ©e de 63 articles, limite l’arbitraire royal de Jean Sans Terre et garantit, entre autres, les droits fĂ©odaux et les libertĂ©s des villes.

Et c’est  le 12 juin 1776 qu’apparaĂźt  la premiĂšre dĂ©claration des Droits de L’Homme (Bill of Rights) de l’époque moderne ; elle fut adoptĂ©e par la Convention de Virginie et reprise, d’une part par Thomas Jefferson pour la dĂ©claration des Droits de L’homme inclue dans la DĂ©claration d’IndĂ©pendance des États-unis du 4 juillet 1776, et, d’autre part - nous y voilĂ  enfin -  par l’AssemblĂ©e française pour la DĂ©claration française des Droits de L’Homme et du citoyen le 26 aoĂ»t 1789.

Qu’on se le dise, la mĂ©daille d’or des Droits de L’Homme revient par consĂ©quent aux Anglais, et la mĂ©daille d’argent aux AmĂ©ricains. Seule la mĂ©daille de bronze nous Ă©choit.  La France a tout de mĂȘme rĂ©ussi Ă  monter sur les marches du podium. Ce n’est pas si mal aprĂšs tout. L’important n’est-il pas de participer ?

Cette dĂ©claration des Droits de L’homme de l’Etat de Virginie a Ă©galement largement inspirĂ© la DĂ©claration universelle des Droits de L’Homme votĂ©e par l’ONU en 1948.

La mondialisation se caractĂ©rise par l’impact de l’intensification et la densification de la circulation des biens, des services et des personnes. Aurait-on par hasard oubliĂ© qu’elle se caractĂ©rise aussi par la circulation des idĂ©es ?

Il semble bien que l’irruption des Droits de L’Homme dans l’organisation des J.O.  de Peking vient nous le rappeler.