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RSE et Gestion du Risque

Jeudi 22 juillet 2010

On n’a pas l’habitude de voir la RSE associĂ©e Ă  la Gestion du Risque, laquelle permet Ă  une entreprise de s’assurer qu’elle connaĂ®t et comprend les menaces auxquelles elle s’expose, de les recenser de façon claire et structurĂ©e  et de mettre en Ĺ“uvre un dispositif visant, au mieux Ă  prĂ©venir les sinistres, au pire Ă  en rĂ©duire l’incidence.

On imagine, par conséquent, notre étonnement à la lecture des résultats de la  3ème édition de l’étude « Business Risk Report 2010 » publiée le 13.07.10. portant sur les risques les plus importants auxquels font face les entreprises internationales, et conduite par le Cabinet Ernst & Young auprès d’un panel de plus de 70 cadres dirigeants et analystes de 14 secteurs industriels.

Car, divine surprise, que n’y trouve-t-on pas à la 9ème position du TOP 10, sinon la RSE !

La RSE a pour finalité le Développement Durable des entreprises ; et les raisons pour lesquelles la RSE est, selon les experts, non seulement utile mais incontournable sont nombreuses : parce que, entre autres, les consommateurs, les clients et les investisseurs,  la demandent voire l’exigent ; la RSE construit le capital de la marque ; la RSE permet d’attirer et de fidéliser les talents ; la RSE a du sens au plan financier ; ou parce que la RSE est l’une des réponses à la crise.

On a, jusqu’à prĂ©sent, Ă  notre connaissance, fait rĂ©fĂ©rence Ă  la RSE qu’en termes d’enjeux ou de dĂ©fis ; or, la voici maintenant Ă©levĂ©e au statut de risque.

Les entreprises sont amenĂ©es Ă  se doter d’une stratĂ©gie de gestion du risque pour de nombreuses raisons, depuis la multiplication des poursuites en justice, jusqu’à la prise en compte des limites d’assurance Ă©levĂ©es, en passant par les rĂ©glementations diverses auxquelles elles sont soumises ; quant aux avantages qu’elles peuvent en tirer, ils sont tout aussi nombreux, dont leur rĂ©putation et la valorisation de leur image, ou l’amĂ©lioration de leur capacitĂ© Ă  s’adapter Ă  un environnement de plus en plus changeant, et Ă©galement cela va sans dans dire les gains Ă©conomiques et financiers.

Selon Dominique Pageaud, associé Ernst & Young, et responsable de l’étude « Business Risk Report 2010 »  en France  « Dans le contexte de crise, les problématiques de gestion de l’image se sont aiguisées et les entreprises, observées de près par l’opinion publique, sont d’autant plus attentives aux risques sociaux et environnementaux qu’elles sont conscientes que garder (ou regagner) la confiance du public est désormais vital ».

La RSE faisant son entrée dans le TOP 10 des risques majeurs des entreprises, voilà bien en effet une nouvelle réjouissante.  La gestion du risque appliquée à la RSE est, de facto, élevée au rang d’élément déterminant pour protéger la création de valeur durable.

La RSE « ne cesse  de gagner en importance aux yeux des décideurs depuis une décennie », a-t-on entendu dire. Soit. Sans vouloir à tout prix bouder notre plaisir, ni faire un procès d’intention, on est en droit de se poser la question de la signification et portée réelle de cette soudaine promotion.

Mais osons la question suivante : La RSE considérée comme un risque majeur par les entreprises, est-ce vraiment une nouvelle ?

L’engagement volontaire des entreprises dans la responsabilité sociale a montré ses insuffisances, la crise et ses conséquences peuvent en témoigner.  On constate par ailleurs que cet engagement des entreprises s’accompagne de leur part d’un lobbying aussi intense qu’efficace, afin d’éviter l’arrivée de nouvelles contraintes et règlementations.

Les entreprises auront fort à faire afin de lever la suspicion qui pèse sur elles, tant qu’elles ne voudront pas,  notamment,  jouer le jeu de la transparence de leurs activités et des informations qu’elles communiquent,  et tant qu’elles chercheront à se présenter à tout prix, sous leur meilleur jour -  quitte à faire ici des impasses, là des omissions volontaires, et à éviter les sujets qui fâchent. Le Rapport Développement Durable,  pour lequel elles ont su acquérir un savoir-faire indéniable, au point que certains observateurs parlent de « normalisation » ou « d’homogénéisation » des données, en est un parfait exemple.

Les critiques dont elles sont l’objet sont nombreuses. L’une des plus pertinentes, selon nous, est celle développée par la philosophe et sociologue Anne Salmon, professeur d’université, auteur de « Moraliser le capitalisme, est-ce possible ? ».

Dans son ouvrage, Anne Salmon semble douter que  le phénomène de « production de valeurs », et d’« offres éthiques » des entreprises puisse être capable de moraliser le capitalisme.  Ne serait-il pas, se demande-t-elle, plutôt une tentative à peine déguisée de fonder une « économisation » de l’éthique, soit un simple outil de gestion et d’orientation managériale visant à restaurer la confiance et la motivation tant des salariés que des consommateurs dans un contexte de crise, de perte de sens, et de scandale moral ?  Le risque d’une pareille tentative si d’aventure elle réussissait,  serait la transformation – la transmutation ajouterions-nous - des valeurs éthiques en biens de consommation appropriables par l’individu, pour son seul bien-être.

« Les offres éthiques des entrepreneurs (charte, code, accords de responsabilité sociale) apparaissent comme des instruments d’une adhésion à l’ordre économique, destinés à se libérer des ordres tutélaires (spiritualité, morale) tout en assurant un contrôle sur les conduites individuelles pour les conformer aux exigences du système » écrit-elle.

« L’économisation de l’éthique »  chercherait-elle à  s’émanciper de toute autorité extérieure à elle-même ?

Que signifierait, dans ce cas, l’affirmation partout entendue, selon laquelle il faut « mettre l’humain au centre de l’économie », sinon comme le suggère le Prix Nobel d’Economie, Joseph Stiglitz, d’Ĺ“uvrer afin de substituer un jour au PIB (Produit IntĂ©rieur Brut), le BIN (Bonheur Individuel  brut) ?

Nous voulons souscrire avec enthousiasme à cette séduisante proposition.

DD & RSE : Les Dirigeants et Managers de Demain

Lundi 12 juillet 2010

Il faut saluer comme un événement les conclusions de la récente étude intitulée « A New Era of Sustainability : UN Global Compact-Accenture CEO Study 2010 »,  menée par le Pacte Mondial des Nations Unies et le Cabinet de Conseil Accenture, selon lesquelles les chefs d’entreprises à une très large majorité (93%) considèrent le Développement Durable, d’une part comme une composante clef de leur succès, et, d’autre part, qu’il pourrait faire partie intégrante du cœur de métier des entreprises d’ici moins de dix ans.

Menée auprès de 766 dirigeants d’entreprises à travers le monde, l’enquête vient opposer un démenti formel au scepticisme ambiant, voire le ras-le-bol exprimé par de nombreux consommateurs, salariés, acteurs de la société, et autres experts, qui tendent à penser que le Développement Durable (DD) et la Responsabilité Sociale des entreprises (RSE) ne sont au pire qu’une idéologie ou une opération de propagande, au mieux que le nouvel habit du capitalisme.

Se pourrait-il que les dirigeants prennent le DD au sérieux ? Se pourrait-il aussi que la crise et la récession aient pu jouer un rôle de révélateur et de catalyseur ? On serait tenté de le croire. Car,  s’ils sont aujourd’hui 81% à affirmer que le DD doit tout naturellement trouver sa place au cœur de la stratégie de l’entreprise, en 2007 -  soit une année avant le début de la crise -  ils n’étaient guère que 50 % à le penser.

Développer la marque d’entreprise et, par voie de conséquence, la marque employeur, retrouver la confiance, valoriser l’image, tels sont les objectifs que les dirigeants déclarent vouloir se fixer en 2010.

Parmi les cinq actions prioritaires que ces derniers ont dĂ©finies, selon le Site cdurable, afin de se donner les moyens d’atteindre ces objectifs, il y en a une en particulier qui doit attirer toute notre attention, c’est celle qui consiste Ă  assurer la formation des managers et des collaborateurs de demain, et favoriser l’émergence d’une nouvelle gĂ©nĂ©ration de dirigeants socialement responsable et consciente de la nĂ©cessitĂ© de rĂ©flĂ©chir Ă  des solutions collectives, visant Ă  faire face Ă  la vulnĂ©rabilitĂ© de la planète et Ă  l’urgence dans la mise en Ĺ“uvre d’un comportement Ă©thique de l’entreprise.

Voilà qui est, sans nul doute, mûrement réfléchi. Mais il ne faudrait pas s’arrêter à ce seul constat, ni surtout sous-estimer la tâche à entreprendre.

Ayons l’honnêteté d’admettre que, jusqu’à présent, les démarches DD et RSE des entreprises se sont résumées – les nombreuses enquêtes et études semblent l’attester - d’une part à un discours et une communication construits autour de l’exercice obligé du Reporting, et, d’autre part, sur des actions centrées sur la thématique environnementale, au détriment des enjeux sociaux et sociétaux.

Dès lors que l’on se donne la noble et grande ambition de former une nouvelle gĂ©nĂ©ration de managers, et de favoriser l’émergence d’une nouvelle gĂ©nĂ©ration de dirigeants, il est fort Ă  parier qu’il faudra dans ces conditions Ă©galement penser Ă  changer de paradigme, en l’occurrence passer d’un mode de Management «de» la RSE Ă  celui d’un mode de Management « par » la RSE.

Soit l’intégration du DD et de la RSE de manière transversale dans toute la gestion de l’entreprise, ainsi que la mobilisation autour de leurs objectifs des hommes, des femmes et des ressources.

L’efficacitĂ© d’un mode de Management par la RSE supposerait, en outre, la mise en place d’une organisation spĂ©cifique, visant Ă  favoriser la rĂ©alisation des diffĂ©rents projets, tout en assurant la pĂ©rennitĂ© de l’entreprise. Le Management par la RSE dĂ©finit les modalitĂ©s de cohabitation, d’association entre une organisation verticale par services et une organisation transversale par projets.

La mise en place d’un tel mode d’organisation et de management projetterait, à coup sûr, les entreprises bien au-delà des codes, principes, chartes, labels, et autres certifications sur lesquels elles ont bâti leur stratégie DD et RSE. Ces différents outils leur ont certes permis de s’initier aux démarches du DD et de la RSE, et de valoriser leur image et leur légitimité tant en regard des agences de notation que des consommateurs, leurs cibles privilégiées. Mais ces outils n’ont-ils pas, dans une certaine mesure, montrés leurs limites?

L’organisation centrĂ©e sur le Management  par la RSE amènerait les entreprises Ă  tout mettre en Ĺ“uvre, Ă  commencer par l’intelligence collective, afin de conjuguer deux logiques diffĂ©rentes, sinon apparemment  contradictoires, la logique du mĂ©tier qui conduit Ă  penser en termes de rentabilitĂ© et de performance,  et celle qui conduit Ă  penser en termes de responsabilitĂ© et d’éthique.

Quant à la formation des dirigeants et managers de demain, les dirigeants actuels auraient tort de se faire du souci. Elle est déjà en train de s’accomplir sous nos yeux. Pour ne parler que de la France,  dès septembre 2006, une campagne de mobilisation et d’engagement des Grandes Ecoles et des Universités françaises a été lancée autour d’un objectif : « inciter et aider les établissements qui forment les dirigeants de demain à intégrer progressivement le développement durable à leurs programmes. »

Depuis, le nombre d’établissements d’enseignement du supérieur ayant initié des projets DD a augmenté. Mais le Grenelle de l’Environnement rend désormais cette démarche obligatoire pour toutes les Universités et les Grandes Ecoles qui devront mettre en place un « plan vert ».

L’article 55 de la loi Grenelle 1 du 3 aoĂ»t 2009 indique, en effet, que « les Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur Ă©laboreront, pour la rentrĂ©e 2009, un « Plan vert » pour les campus. Les universitĂ©s et grandes Ă©coles pourront solliciter une labellisation sur le fondement de critères de dĂ©veloppement durable ».  Des universitĂ©s ont dĂ©jĂ  mis en place des stratĂ©gies DD et certaines pratiques exemplaires ont vu le jour. De nombreuses associations Ă©tudiantes militent activement pour l’environnement et le DD sur leurs universitĂ©s.

L’offre de formation des dirigeants et managers responsables de demain est pléthorique et la qualité de l’enseignement ne cesse de s’améliorer. Les Masters spécialisés se multiplient.  Seule ombre au tableau, on constate que l’offre est en décalage avec la réalité du marché du travail à peine émergent du DD et de la RSE.

Les dirigeants, managers et autres chefs de projet de demain répondent présents à l’appel. Ils sont passionnés par le DD et la RSE. Ils bouillonnent d’impatience. Ils ne demandent qu’une seule chose, c’est que les entreprises veuillent bien s’intéresser à eux, leur accorder une chance de prouver leur talent, et leur confier leurs premières missions. En bref, les recruter.

Qu’est-ce que les dirigeants actuels attendent ?

Economie Sociale et Solidaire vs RSE

Samedi 29 mai 2010

« Emplois verts », mythe ou réalité ? Alors qu’en France la crise de l’emploi ne cesse d’augmenter, touchant notamment les jeunes, les seniors, et les chômeurs de longue durée, peut-on sérieusement croire que la « croissance verte » est susceptible de créer 600 000 emplois d’ici 2020 ?

Force est de constater, qu’ils sont nombreux,  parmi les analystes, ceux qui semblent en douter. Le Monde datĂ© du 25.05.10 Ă©crit que « dans une Ă©tude prĂ©sentĂ©e le 4 mai, Comment dynamiser la croissance verte, le cabinet de conseil Roland Berger en Ă©value les freins : absence de rĂ©elle filière, manque de coordination entre les activitĂ©s, rĂ©glementation “complexe et peu prĂ©visible”, surcoĂ»t des solutions vertes... ».

Le rapport intérimaire de la Stratégie pour une croissance verte, intitulé « Concrétiser notre engagement en faveur d’un avenir durable », élaboré au niveau ministériel par l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économiques), énonce des «constatations préliminaires concernant un certain nombre de problèmes importants auxquels sont confrontés les décideurs désireux de promouvoir une croissance verte.»

Dans son avant-propos, le rapport de l’OCDE déclare : «La plus grave crise économique qu’il nous ait jamais été donné de connaître est en train de s’estomper, mais un retour à la normale n’est pas à l’ordre du jour. Partout dans le monde, les gouvernements sont confrontés à un triple défi des plus délicats, à savoir des niveaux de chômage record, des déficits budgétaires non viables et une croissance atone, et ce dans un contexte où les préoccupations environnementales et climatiques revêtent une importance grandissante dans la politique économique.»

Comment favoriser la création de richesses et d’emplois, ainsi que le développement des entreprises, est également la question posée par le rapport du député Francis Vercamer «L’Economie Sociale et Solidaire, entreprendre autrement pour la croissance et l’emploi» rendu public le 28 Avril 2010.

Faisant le triple constat selon lequel l’Economie Sociale et Solidaire (l’ESS) reprĂ©sente un secteur d’une grande diversitĂ©, mais aussi d’une rĂ©elle unitĂ© qui se considère insuffisamment reconnu ; que l’ESS aspire Ă  ce que ses spĂ©cificitĂ©s et ses prĂ©occupations soient mieux prises en compte par les pouvoirs publics ; qu’elle possède des atouts et des potentialitĂ©s insuffisamment pris en compte, et qu’elle appelle Ă  des approches renouvelĂ©es, ce rapport propose des orientations visant Ă  mettre en place des actions avec la volontĂ© de voir l’Economie Sociale et Solidaire,  «contribuer pleinement Ă  la croissance de notre pays et Ă  la crĂ©ation d’emplois.»

L’ESS semble donc avoir le vent en poupe; et devenir un Entrepreneur Social une solution alternative en ces temps de crise, afin d’une part d’être acteur de l’économie et, d’autre part, de remettre en question le système capitaliste.

Tant et si bien, que de très nombreuses écoles de commerce proposent désormais des formations d’Entreprenariat Social.

Se pourrait-il qu’en matière de création d’emplois le secteur de l’Economie Sociale et Solidaire damne le pion à « l’or vert » promis par le gouvernement et le ministère du développement durable ?

Bien qu’il s’avère que l’ESS ne s’est pas autant développée en France que chez certains de nos amis européens, ne compte–t-elle pas aujourd’hui en France 200 000 entreprises et 2 millions de salariés ?

Selon certains experts, on estime Ă  500 000 le nombre de crĂ©ation d’emplois dans le secteur de l’ESS d’ici 2020. Selon l’Insee, en 2008, l’ESS reprĂ©sentait  près de 10 % du PIB.

Pour ne prendre qu’un seul exemple du dynamisme et de la crĂ©ativitĂ© de l’ESS, selon une Ă©tude portant sur le premier trimestre 2009 par l’association Recherches et solidaritĂ©s, en partenariat avec l’Agence centrale des organismes de sĂ©curitĂ© sociale, l’emploi dans les associations qui reprĂ©sente comme on le sait une grande partie des salariĂ©s de l’ESS, a progressĂ© de 2,8%. A la mĂŞme pĂ©riode, l’emploi dans le secteur privĂ©, quant Ă  lui, a chutĂ© de 1,6%.

Quelles sont-elles donc ces entreprises de l’ESS ? Ce sont des coopĂ©ratives, des mutuelles, des associations et des fondations. La banque, l’assurance, la santĂ©, l’agriculture, et la distribution sont les secteurs les mieux reprĂ©sentĂ©s. Selon l’Insee, l’ESS reprĂ©sente 64% des emplois dans le champ du social, 21,4% dans celui de la culture et l’audiovisuel, 24,7% dans le sport et les loisirs. En revanche, on observe aucune activitĂ© dans le secteur industriel.

Mais il s’agit maintenant de favoriser l’émergence de nouvelles entreprises et de nouvelles activités, ainsi que des nouveaux projets susceptibles de s’intégrer à l’économie nationale ou locale ; et il s’agit également d’améliorer l’environnement dans lequel les entreprises de l’ESS devront évoluer.

D’autant que les acteurs de l’ESS, secteur mal identifiĂ©, Ă  cheval entre l’économique et le social, ne disposent pas d’un interlocuteur officiel auprès du gouvernement.

Quoiqu’il en soit, preuve s’il en est de l’engouement pour l’ESS, et de sa vitalitĂ©, notons qu’a lieu du 4 au 6 Juin 2010 la 3ème Ă©dition du « Salon des SolidaritĂ©s : le rendez-vous des acteurs de la solidaritĂ© internationale » Ă  Paris-Porte de Versailles.

Selon une Ă©tude de Kelly Services parue en novembre 2009, 50 % des Français se dĂ©clareraient prĂŞts Ă  accepter un salaire infĂ©rieur pour travailler dans une «entreprise Ă©thique», et 78 % souhaiteraient exercer un emploi intĂ©grant une dimension morale, un souci de l’environnement et une politique socialement responsable.

Les métiers et les emplois de l’ESS ont un avenir. Qu’on se le dise. Vous en voulez une preuve supplémentaire ? La voici :

On prĂ©tend que la RSE est jalouse de ses succès et de son attractivitĂ© auprès des jeunes notamment. On dit que les acteurs de la RSE lorgnent du cĂ´tĂ© de l’ESS, ses rĂ©ussites et ses mĂ©thodes, et qu’ils cherchent Ă  s’en inspirer, voire Ă  l’imiter.

Certains s’en inquiètent mĂŞme. Ils affirment que la RSE n’est qu’un piège, un habit de façade, de la poudre aux yeux, et que l’auto-rĂ©gulation des entreprises n’est qu’un leurre;

Ils affirment Ă©galement que l’ESS est un modèle qui repose, quant Ă  lui, non pas sur la recherche du profit quel qu’en soit le prix, en termes humains, mais au contraire sur le lien social, des valeurs, des comportements et des pratiques qui s’inscrivent dans une longue histoire et tradition, tant au niveau national que local.

Va t-on assister Ă  une concurrence, voire une rivalitĂ©, l’ESS vs RSE?

L’Industrie du Luxe et la RSE

Samedi 8 mai 2010

Luxe et RSE, deux termes apparemment incompatibles tant, dans l’imaginaire populaire, le Luxe renvoie immanquablement aux images de l’argent et du superflu, des inégalités sociales et de la pauvreté. Sans compter celle de la dégradation de l’environnement; on songe, par exemple, aux effets dévastateurs sur les sols, les cours d’eau et les écosystèmes de l’extraction de l’or dans les mines à ciel ouvert de Guyane.

La rĂ©alitĂ© semble pourtant plus complexe, sinon plus nuancĂ©e. Alors que se dĂ©roule Ă  Paris, du 7 au 10 mai 2010, le 2ème Salon Annuel du Luxe Durable (sustainable luxury Fair), Ă©vĂ©nement Ă  la fois commercial et artistique comme il se doit, soutenu par le Ministère de la Culture et l’Organisation Mondiale de DĂ©fense de l’Environnement WWF, il n’est pas inutile de faire sur ce sujet le point sur l’engagement et les enjeux de l’Industrie du Luxe et, chemin faisant, tordre le coup Ă  certaines idĂ©es reçues.

Dans une interview publiée par le quotidien La Tribune du 6 mai, Jean-Noël Kapferer, Professeur à HEC Paris et titulaire de la Chaire Pernod-Ricard sur les marques de Prestige, affirme que le Luxe et le Développement Durable sont très proches.

Il déclare notamment : « Par essence, rappelons-le, le luxe est plus conforme à l’idéal du développement durable que les produits de grande consommation. On se trompe donc de cible en visant le luxe. Certes le luxe c’est l’inutile, mais c’est un inutile comme l’art, qui élève l’homme car il est rare. Le drame du développement durable trouve sa source ailleurs : dans l’impulsion frénétique d’achats inutiles, dans la société de consommation des biens bon marché, destinés à être jetés après usage . Le luxe est aux antipodes de cela. »

On se souvient peut-être que, vers la fin de l’année 2007, WWF avait dans une étude intitulée « Deeper Luxury », parue en Grande- Bretagne, pointé du doigt le Secteur du Luxe accusé de figurer parmi les moins responsables. L’ONG cherchait surtout à prouver aux Maisons du Luxe qu’elles avaient tout intérêt à adopter et à s’engager dans des stratégies socialement responsables, car la prise de conscience des consommateurs, fussent-ils riches et même très riches, ainsi que leurs comportements d’achat, avaient beaucoup évolué.

On pouvait notamment lire ceci : « L’Ă©lite utilise le luxe comme symbole de sa rĂ©ussite; or la dĂ©finition mĂŞme de la rĂ©ussite a changĂ©. Les clients privilĂ©giĂ©s exigent que les marques reflètent leurs aspirations Ă  un monde meilleur, en particulier en ce qui concerne les questions environnementales».

Dans un article publié le 07/05/2010 sur Novethic, Véronique Smée écrit :
«  Or l’étude, qui notait les plus grandes marques sous cet angle, rĂ©vĂ©lait de grandes faiblesses : Sur les dix grands noms passĂ©s au crible par le WWF, pas un ne dĂ©passait la note de C+ (soit 6/12). Trois des quatre groupes français Ă©valuĂ©s (L’OrĂ©al, Hermès et LVMH) obtenaient la meilleure note, tandis que les groupes italiens Bulgari et Tods Ă©taient lanternes rouges du classement. Tiffany & Co, Swatch et PPR obtiennent un D, signe extĂ©rieur d’une responsabilitĂ© sociale et environnementale dĂ©gradĂ©e. Au final, les entreprises se limitaient encore, selon les analyses et les observations de WWF, Ă  des opĂ©rations de philanthropie et de mĂ©cĂ©nat « paillettes ». »

Ajoutons, toujours selon cette étude WWF, que Tiffany & Co, Swatch et PPR ont obtenu un D, signe extérieur d’une responsabilité sociale et environnementale dégradée.

Alors, qu’en est-il aujourd’hui de la responsabilitĂ© des Maisons de Luxe? A-t-on notĂ© des progrès notables ? Car, de l’emballage Ă  la boutique en passant par les transports, le CO2 Ă©mis lors de la fabrication des produits ou de leur transport, les  locaux, ainsi que la sous-traitance s’agissant notamment du secteur de la joaillerie, les Maisons de Luxe ont du pain sur la planche.

Il semble par conséquent difficile de prendre la mesure des avancées, d’autant que les leurs activités  sont multiples, parmi lesquelles : cosmétiques, textiles, accessoires, parfums, joaillerie, hôtellerie, ou champagne.

Il est clair, en tout Ă©tat de cause, que les Maisons de Luxe ne peuvent plus faire l’impasse sur les impacts Ă©thiques, sociaux, et environnementaux de leurs activitĂ©s. Comme le fait remarquer, avec justesse, VĂ©ronique SmĂ©e, « les remises en question touchent toute la chaĂ®ne »;

Si l’Industrie du Luxe ne semble pas subir de plein fouet la crise économique et financière de nature mondiale et systémique, qui sévit depuis 2008, et qui n’en finit pas de connaître moult soubresauts et contrecoups, comme on peut de nouveau le constater avec les situations de la Grèce en perdition et de la monnaie européenne sévèrement attaquée,  elle doit en revanche faire face à d’autres menaces : contrefaçons, mouvements anti-consommation, défis de l’expansion sur les marchés émergents, démocratisation de la clientèle; d’autant que les risques du secteur en termes d’image sont considérables.

N’entendons-nous pas dire, de plus en plus, que les clients, y compris les plus fortunés, sont exigeants en matière d’enjeux éthiques et environnementaux, et qu’ils les considèrent comme des valeurs à propos desquelles aucun compromis n’est acceptable ? Selon le Luxury Institute’s Wealth, situé à New York, 57 % des riches américains seraient prêts à payer plus cher des produits d’une marque, si celle-ci engageait sa responsabilité sociale et environnementale.

Quant Ă  WWF, qu’on se rassure. On pourrait lĂ©gitimement s’inquiĂ©ter de la voir s’acoquiner avec l’Industrie du Luxe, et se demander qu’est-ce qu’une ONG environnementale aussi respectĂ©e et respectueuse pourrait bien gagner Ă  ĂŞtre lĂ , prĂ©sente Ă  ce 2ème Salon, au point de devenir partenaire – vous avez dit complice ? - de sa stratĂ©gie marketing et communication.

La raison est des plus complexes, mais également des plus simples. WWF ambitionne de faire en sorte que l’Industrie du Luxe devienne l’un de ses alliés les plus précieux afin de promouvoir et diffuser les concepts et principes du développement durable.

Les Achats dans l’Industrie du Luxe représentent, rappelons-le, plus de 110 milliards d’euros environ.

Lorsqu’on connaît le degré d’exigence des Maisons de Luxe en matière de savoir-faire et de recherche d’excellence, et qu’on mesure l’immense prestige dont leurs marques jouissent auprès des pays émergents, en particulier, il est tentant de croire que leur engagement dans les champs du Développement Durable et de la Responsabilité Sociale vont exercer une influence, tant sur les consommateurs et les autres secteurs, que sur les marchés financiers.

Le rĂŞve, comme le luxe, n’a pas de prix …

Gestion des Talents et RSE

Samedi 3 avril 2010

L’adéquation entre les compétences actuelles et celles de demain est une nécessité hautement stratégique pour l’entreprise, d’autant plus si cette dernière souhaite s’engager dans une démarche RSE.

Évaluer l’ensemble des compĂ©tences indispensables pour assurer sa prospĂ©ritĂ© et sa pĂ©rennitĂ©, ainsi que les compĂ©tences issues de la nouvelle Ă©conomie centrĂ©e sur la durabilitĂ©, c’est-Ă -dire une Ă©conomie de plus en plus mondialisĂ©e, et confrontĂ©e d’une part  Ă  des pĂ©nuries de ressources et d’Ă©nergie, et, d’autre part, Ă  des contraintes de normes et de sĂ©curitĂ© au plan social, sociĂ©tal et environnemental, ainsi qu’aux attentes des Parties Prenantes, c’est tout le dĂ©fi ce ce qu’il est convenu d’appeler la Gestion des Talents.

Selon les conclusions d’une Ă©tude internationale rĂ©alisĂ©e, fin 2009, par The Economist Intelligence Unit (EIU), pour le compte du Cabinet StepStone Solutions, portant sur 400 dirigeants de grands Groupes, la reprise Ă©conomique qui en dĂ©pit des Cassandre et des sceptiques semble pointer Ă  l’horizon, risque de se heurter Ă  une pĂ©nurie de talents.

Et selon Matthew Parker, Directeur Général de StepStone Solutions: « Les entreprises se trouvent à un carrefour en matière de Gestion des Talents. C’est aujourd’hui qu’elles doivent choisir de mettre en place les actions qui s’imposent pour créer, maintenir et développer leurs viviers de talents à l’échelle internationale. Si elles choisissent de ne rien faire, il est certain que cela entraînera une fuite progressive de leurs ressources clés et une baisse inévitable de leur performance ».

Une autre étude, réalisée en Europe par SD Worx,  en 2009, montre que près de 75% des entreprises françaises interrogées affirment avoir formalisé une « Stratégie de gestion des talents » ou « prévoient » de le faire dans les deux années à venir. 52% des DRH français jugent, par ailleurs, la Gestion des Talents « essentielle » pour la réussite de l’entreprise.

Le Boston Consulting Group et la Fédération mondiale des Associations de Direction du Personnel (WFPMA) avaient pour leur part, publié les résultats d’une étude menée entre janvier et novembre 2007, auprès de 4 700 cadres dirigeants dans 83 pays.

Selon celle-ci, dans neuf pays, la capacité des entreprises à recruter des hauts potentiels - managers, spécialistes ou techniciens – est considérée comme une priorité. Il s’avére que les DRH américains et chinois sont les plus impliqués dans la Gestion des Talents.

Autre fait marquant de cette étude, dans 10 pays l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle est considéré comme l’un des principaux défis en matière RH, voire une nécessité incontournable pour les entreprises souhaitant fidéliser les talents, en l’occurrence celles et ceux affirmant que le salaire n’est pas leur seule motivation ou leur motivation principale.

L’étude publiĂ©e mi-avril 2009 par Krauthammer est, en revanche, la seule Ă  notre connaissance, Ă  s’inscrire en faux avec  cette tendance gĂ©nĂ©rale, puisque leurs auteurs ont affirmĂ© : « Nous avons observĂ© que la RSE jouait un rĂ´le mineur dans le recrutement et la fidĂ©lisation ».

Ceci précisé, on aurait tort, selon nous, de penser que la Gestion des Talents ne concerne que les jeunes diplômés  et les Hauts potentiels. En réalité, elle concerne l’ensemble des collaborateurs d’une entreprise.

On profitera de l’occasion pour affirmer que nous ne saurions souscrire Ă  l’idĂ©e d’une « Guerre » des talents. Nous prĂ©fĂ©rerions  plutĂ´t parler de « Gestion Dynamique des Talents », un intitulĂ© qui nous semble de surcroĂ®t possĂ©der l’avantage d’être plus en cohĂ©rence avec les valeurs vĂ©hiculĂ©es par les concepts et dĂ©marches de la ResponsabilitĂ© Sociale des Entreprises.

Soit le double constat suivant : Les salariés préfèrent travailler dans des organisations dont les valeurs correspondent aux leurs, ou qui leur semblent proches, d’une part ;

L’intĂ©gration de la RSE Ă  l’image de marque permet d’amĂ©liorer le recrutement et la fidĂ©lisation des collaborateurs, mais Ă©galement le maintien dans l’emploi, notamment dans les marchĂ©s oĂą la main-d’oeuvre et les compĂ©tences se font rares, d’autre part.

On ne sera pas Ă©tonnĂ©, par consĂ©quent, d’observer que les entreprises qui dominent le marchĂ© en matière de RSE ont dĂ©veloppĂ© une forte image de marque d’employeur, et ont intĂ©grĂ© leurs concepts et dĂ©marches RSE Ă  leurs offres de recrutement, de fidĂ©lisation, ou de maintien dans l’emploi, en termes de valeur ajoutĂ©e.

En mettant en avant leur dĂ©marche de responsabilitĂ© Sociale dans leur image de marque de recrutement, ainsi que dans leur communication, et en faisant la promotion des avantages Ă  tirer lorsqu’on intègre et travaille au sein d’une culture fondĂ©e sur le comportement Ă©thique et les valeurs partagĂ©es, ces entreprises font le pari de l’attractivitĂ© de leur offre.

Les projets de bénévolat ou de mécénat de compétences, par exemple, peuvent exercer sur les salariés une forte attractivité.

Ces entreprises affichent un engagement RSE, entretiennent une culture RSE, intègrent pleinement la RSE Ă  l’ensemble de leurs activitĂ©s, rĂ©compensent les dĂ©cisions prises dans le champ de la RSE, et valorisent les initiatives relatives Ă  la RSE.

C’est dire aussi que le recrutement et la fidélisation des nouveaux arrivants ne sont que les premières étapes d’un dispositif de Gestion des Talents centré sur la RSE.

Les salariĂ©s Ă©tant parmi les personnes clĂ©s de l’Ă©laboration d’une stratĂ©gie RSE, il s’agit d’instaurer avec eux un dialogue, de les consulter, de les faire participer Ă  la recherche et au dĂ©veloppement de nouveaux projets ou de nouvelles approches.

Certaines entreprises n’hĂ©sitent pas Ă  consulter leurs salariĂ©s afin de les impliquer dans l’Ă©laboration et la mise en Ĺ“uvre de leur engagement communautaire ou de leur projet de bienfaisance ou de philanthropie.

D’autant que, du point de vue de la Conduite du Changement gĂ©nĂ©rĂ© par l’Ă©mergence de la RSE, il existerait trois catĂ©gories de salariĂ©s : ceux qui ont les valeurs et le comportement Ă©thique ; ceux qui ont les valeurs, mais n’ont pas le comportement; et enfin, ceux qui n’ont ni les valeurs ni le comportement.

Mais ça c’est une autre histoire.

RSE et SOCIAL BUSINESS

Lundi 8 mars 2010

Sortir de la crise, tout le monde en rêve. Moraliser le capitalisme, personne n’ose vraiment y croire. Et pourtant, on assiste ici et là à des initiatives et des démarches innovantes qui laisseraient à penser que l’économie sociale et l’entreprise privée pourraient, en définitive, apprendre à cohabiter.

Soit le Social Business ou Business Social, ou encore entreprise sociale.

Concept à la croisée des chemins entre l’économie sociale et  l’entreprise privée, le Social Business a acquis en France ses lettres de noblesse en 2008, lorsque l’École HEC a annoncé le lancement d’une chaire « entreprise et pauvreté », avec l’économiste, entrepreneur, et professeur bangladais Muhammad Yunus, et Martin Hirsch l’ancien Président d’Emmaüs France, et Haut Commissaire aux Solidarités contre la pauvreté, Haut Commissaire à la Jeunesse, comme co-présidents.

Surnommé à juste titre le « banquier des pauvres », pour avoir fondé la première Institution de Microcrédit, en 1977,  Muhammad Yunus -  Banquier ô combien atypique ! - et sa Grameen Bank ne prêtent pas aux riches, seulement aux pauvres. Du jamais vu !

Plus de 30 ans plus tard, le résultat est impressionnant, puisque la Grameen Bank compte aujourd’hui, environ, 1400 succursales, et a prêté près de 5 milliards de dollars à des femmes essentiellement, afin de leur permettre de créer leur entreprise.

On sait que la Grameen Bank a fait des émules et des petits, partout dans le monde,  jusque dans notre hexagone.

C’est encore et toujours Muhammad Yunus, lequel a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2006, qui est à l’origine de la création du concept de Social Business.

Le Social Business est, comme n’importe quelle autre structure commerciale, une entreprise Ă  but lucratif ; la diffĂ©rence Ă©tant que sa finalitĂ© est la rĂ©solution d’un problème social, Ă©cologique, ou autre, au sein d’une communautĂ©.

Reposant sur un modèle Ă©conomique dont l’impact a prouvĂ© qu’il pouvait ĂŞtre d’une portĂ©e considĂ©rable, le Social Business s’assure que les bĂ©nĂ©fices gĂ©nĂ©rĂ©s ne reviennent pas aux actionnaires, mais visent Ă  pĂ©renniser l’activitĂ© de l’entreprise afin d’ĂŞtre au service  de la vie sociale et de sa communautĂ©.

La stratégie du Social Business est fondée sur la recherche de l’efficacité et de la rentabilité maximales, afin de servir la cause pour laquelle elle a été fondée.

Muhammad Yunus n’est pas qu’un Ă©conomiste remarquable, c’est aussi et surtout un homme d’une stature humaniste authentique, c’est-Ă -dire qui a foi au genre humain et au progrès humain; l’homme est dotĂ©, de surcroĂ®t, d’une rare perception et connaissance de l’âme de ses contemporains.

Auteur de l’ouvrage « Vers un nouveau capitalisme », dans lequel il théorise le modèle économique que représente le Social Business, Muhammad Yunus ne déclare-t-il pas, en effet, dans une interview exclusive publiée sur Rue89, en date du 13.08.09 :

«  Les dirigeants des grandes entreprises internationales ne sont pas des monstres assoiffés de profits. Ils se comportent ainsi parce que c’est la mission qu’on leur a confiée. C’est le challenge qu’ils relèvent. Si on leur disait d’utiliser les moyens et les technologies de leurs entreprises pour changer le monde, ils le feraient. » ?

Il existe, selon Muhammad Yunus, à mi-chemin, entre les entreprises commerciales de type classique et les structures à vocation sociale telles les organismes de charité, les ONG, ou les Fondations, une place pour un nouveau modèle de structure qu’il nomme Social Business.

C’est ainsi que fut créée le 8 novembre 2006, conjointement par Danone et la Grameen Bank, la première Social Business, en l’occurrence une usine de fabrication de yaourt nutritif à destination des enfants bangladais, dont la raison sociale est Grameen Danone Foods.

Afin de financer ce modèle économique d’un nouveau genre, Danone qui a créé à l’occasion un fond dédié au financement de projets identiques, « Danone Communities », s’est vu contraint de bousculer les règles traditionnelles de l’entreprenariat ; quant à  ses managers, ils ont dû revisiter leurs présupposés théoriques.

Le Social Business ouvre une nouvelle voie dans le champ de la RSE, à coup sûr là où on ne l’attendait pas.

L’idée même, en soi utopique, que deux termes, deux concepts, en réalité deux conceptions du monde aussi opposées que « entreprise » et « social », puissent être associés, et que son modèle puisse devenir une réussite économique, bouleversent toutes nos idées reçues

Au-delà des Codes, Principes, Labels, Certifications, et autres Normes, la réussite du Social Business tend à démontrer, d’une part que la mise en œuvre de la RSE n’est pas tant une affaire de démarche que d’état d’esprit, et, d’autre part, que l’heure de la réconciliation de l’entreprise avec la société est peut-être venue.

LA RSE ET LES SALARIÉS DU CAC 40

Mercredi 4 mars 2009

Depuis le dĂ©clenchement de la crise financière et Ă©conomique, on entend dire de partout que le capitalisme Ă©thique est remis en question. Toute la question Ă©tant, bien sĂ»r, de savoir, premièrement ce qu’est l’éthique, deuxièmement ce qu’est le capitalisme Ă©thique, et enfin troisièmement si le capitalisme peut vĂ©ritablement rimer avec l’éthique.

L’Ă©thique, a-t-on coutume de dire, du moins depuis le constructeur automobile amĂ©ricain Henry Ford (1863-1947), c’est la responsabilitĂ© qui va de pair avec la rĂ©ussite.

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Aujourd’hui, le « discours » éthique, et non  plus seulement l’éthique, a plutôt tendance à servir de justification à la coupure radicale qui s’est installée entre l’économique et le social.

Au point, même, qu’on peut légitimement à la lueur de la crise, se poser la question suivante : Le terme de  « capitalisme éthique » serait-il un oxymore ? Rappelons qu’un oxymore, ou un oxymoron, comme ou voudra, est une figure de style permettant de réunir deux mots en apparence contradictoires.

En prologue de son ouvrage intitulĂ© « la tentation Ă©thique du capitalisme », Ă©ditions La DĂ©couverte, Anne SALMON philosophe et sociologue, MaĂ®tre de confĂ©rences associĂ© Ă  l’universitĂ© de Caen (Centre Maurice-Halbwachs-UnitĂ© mixte CNRS/EHESS/ENS/UniversitĂ© de Caen), Ă©crivait notamment ceci :

« Si l’éthique est identifiée à une question managériale abstraite dans la mesure où elle ne touche pas véritablement le coeur des pratiques et des conditions de travail, elle risque de paraître bien futile aux salariés (c’est nous qui soulignons). »

Puis, elle continue : « Est-elle condamnée (l’éthique) à cette superficialité ? Et, sinon, par quels biais peut-elle constituer l’un des nouveaux leviers pour réinterroger le travail et la solidarité ? »

L’étude récemment publiée par Novethic, et  intitulé « Quelle place pour la mobilisation des salariés dans les rapports développement durable du CAC 40 ? » permet de mieux mesurer la pertinence du questionnement d’Anne Salmon.

Réalisée à partir des rapports « Développement Durable » que les entreprises du CAC 40 ont l’obligation de publier chaque année, depuis l’entrée en vigueur de l’article 116 de la loi NRE, en 2002, cette étude s’est donnée pour objectif de mesurer la place qu’occupent les salariés autour de la mobilisation de la RSE et de ses enjeux.

Bien que cette étude concerne les rapports « Développement Durable » portant sur l’exercice 2007, mais publiés en 2008, et que ses résultats arrivent après la survenue de la crise financière et économique mondiale, elle nous aide à mieux comprendre, une fois encore, d’une part le fossé considérable qui sépare les discours des comportements et des pratiques, et, d’autre part, celui qui sépare les salariés du management. Qu’est-ce que cette étude nous apprend ?

Alors qu’on demande aux salariés de se mobiliser, de se motiver, et de s’impliquer toujours davantage, afin d’atteindre les objectifs et de faire face à la concurrence toujours grandissante, que le malaise social est prégnant et que les conditions de travail, quoiqu’on en dise, sont difficiles quand elles ne se détériorent pas, les rapports des entreprises du CAC 40, « laissent peu de place à l’expression des salariés » peut-on lire ;

Et alors que le déploiement d’une stratégie RSE nécessite, s’agissant des  « parties prenantes », la mobilisation des salariés, il s’avère que « l’implication des collaborateurs n’est toujours pas présentée comme un enjeu stratégique ».

On a bien compris Ă  la lecture des conclusions et constats de cette Ă©tude, que les entreprises du CAC 40, toutefois leurs dirigeants, ne jugent nullement utile d’accorder Ă  leurs salariĂ©s la place qui leur revient, sans laquelle pourtant l’Ă©thique risque ne n’ĂŞtre, au pire qu’un vain mot, au mieux qu’un concept seulement intelligible par quelques privilĂ©giĂ©s.

A moins que la crise, dans son aspect salutaire, ne les oblige à interroger leurs pratiques et à réévaluer la dimension humaine de leur modèle économique.

PINOCCHIO SUR LES PAS DE SHERLOCK HOLMES

Jeudi 27 novembre 2008

Beaucoup d’analystes et d’observateurs, en France comme à l’étranger, se posent la question de savoir si la crise financière va ralentir ou, au contraire, accélérer les démarches de responsabilité sociale des entreprises.

Avant de tenter de répondre à cette question, il n’est pas interdit selon nous de se poser une autre question : A qui profite la crise ?

Car, comme chacun le sait, en temps de crise, il existe des opportunités.  Il y aura nul doute, comme à chaque fois, beaucoup de perdants et, seulement, quelques gagnants.

Pour ne prendre qu’un exemple, des deux cĂ´tĂ©s de l’Atlantique, ainsi qu’au Japon, on entend dire que l’industrie automobile serait la première victime de la crise. Les ventes s’effondrent et les fermetures d’usines se multiplient.

Soit.  Mais à qui fera-t-on croire, d’une part que l’industrie automobile  est la première victime de la crise financière, et, d’autre part, que ses difficultés ne datent que depuis la crise des subprimes ?

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Alerte Ă  la crise ! Au secours ! Le PDG de Ford brandit la menace de la faillite, celui de GĂ©nĂ©ral Motors affirme que la survie de l’entreprise est menacĂ©e.

Plus près de nous, le PDG de Renault-Nissan dĂ©clare que «2009 sera l’une des annĂ©es les plus difficiles pour notre industrie depuis 50 ans ». Pauvres de nous, mais qu’allons-nous devenir ?

La crise, la crise, la crise ! On n’entend plus que cela.

La crise a bon dos, elle permet à des pans entiers de l’activité économique d’essayer de s’en tirer à bon compte, et à certains dirigeants de se dédouaner de leurs responsabilités, voire de tenter de faire oublier leurs errements et leurs inconséquences.

Après les banques et l’industrie automobile, la liste des secteurs d’activité touchés par la crise n’arrête pas de s’allonger, jour après jour. On apprend ainsi que même le marché de l’Art et l’industrie du luxe enregistrent un ralentissement très sensible de leurs activités.  C’est vous dire !

Peut-on imaginer un instant que tous les Etats du monde vont se mobiliser, comme un seul homme, afin d’intervenir massivement et les soutenir ? Inconcevable.

Même si crise il y a – on ne peut certes le nier – le cynisme de certains est patent et frise parfois le scandale. La crise aidant, on en profite pour annoncer des plans de licenciement, de restructuration,  de réductions de coût, ou de baisses de salaires, qui dormaient depuis quelque temps déjà dans les tiroirs et n’attendaient que le bon moment pour se réveiller et surgir. Comme par hasard.

QualifiĂ©e presque unanimement par les mĂ©dias, les Ă©conomistes et les experts de tous acabits de crise du capitalisme, on entend dire ici et lĂ  que la crise a au moins le mĂ©rite de mettre les dĂ©marches de responsabilitĂ© sociale Ă  l’honneur, une place centrale en quelque sorte, Ă  l’heure ou beaucoup semblent s’inquiĂ©ter de l’absence de cadre juridique prĂ©cis et de normes internationales d’une part, et du fossĂ© qui sĂ©pare parfois les discours et les actes d’autre part.

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C’est pour dénoncer ce fossé que Les Amis de la Terre, Association de protection de l’Homme et de l’Environnement, qui se donne pour objectif de promouvoir une société écologiquement viable et socialement équitable, organise les «Prix Pinocchio du développement durable».

Les Amis de la terre mène de nombreuses campagnes afin de faire pression sur les décideurs publics et privés, et de sensibiliser le public sur les grandes problématiques environnementales.

Les Prix Pinocchio visent à montrer du doigt les entreprises dont le discours est « faussement » développement durable.

Tiens, tiens! Voilà que nous vient une perfide idée.

Et si on chargeait Pinocchio de traquer les entreprises qui profiteraient « faussement » de la crise ?

MARKETING ÉTHIQUE ET DÉVELOPPPEMENT DURABLE

Vendredi 4 avril 2008

A l’heure où se déroule, en France, du 1er au 7 avril  2008, la Semaine du Développement durable dont les objectifs sont d’une part d’informer le grand public sur les composantes du développement durable en partant du postulat selon lequel il ne peut y avoir de développement économique sans progrès social et protection environnementale, et, d’autre part, de motiver et soutenir des changements de comportements en expliquant les bonnes pratiques quotidiennes à adopter en faveur du développement durable, il n’est pas inutile de s’attarder un instant sur les nouvelles pratiques issues du marketing éthique.

Une des fonctions stratégiques de l’entreprise, le marketing a en effet évolué de façon significative ces dernières années.

Sous la pression des parties dites prenantes notamment, c’est-Ă -dire les individus ou les  groupes ayant un intĂ©rĂŞt direct ou indirect dans la vie d’une entreprise ou d’une institution, tels que les actionnaires, les salariĂ©s, les clients, les fournisseurs, les pouvoirs publics, et la sociĂ©tĂ© civile dans son ensemble – soit les simples citoyens ou les associations indĂ©pendants de l’Etat parmi lesquels les organisations non gouvernementales (ONG), les collectivitĂ©s locales, et les riverains, dont le but est de transformer par des efforts communs les politiques, les normes ou les structures sociales, Ă  l’Ă©chelon national ou international -, le marketing a Ă©tĂ© dans l’obligation de modifier ses pratiques.

Le marketing éthique consiste pour une entreprise à se différencier et à mettre en évidence la pertinence de son offre aux yeux du consommateur, la marque ou le produit devenant un élément et un outil de différenciation, et donc a considérer l’éthique comme l’élément structurant de cette différenciation.

Mais le marketing éthique n’a pas forcément bonne presse, il a ses partisans et ses détracteurs.

Les premiers considĂ©rant qu’il permet Ă  l’entreprise de vĂ©hiculer ses valeurs en direction du marchĂ©; tandis que les seconds soupçonne l’entreprise de feindre de s’intĂ©resser au dĂ©veloppement durable.

Si le marketing est une technique visant à influencer, séduire, et fidéliser le consommateur, le marketing éthique qui apparaît dans un contexte socio-économique où la sensibilité liée aux enjeux du développement durable s’est considérablement développée, et où l’entreprise souhaite s’engager dans le champ de la responsabilité sociale, se signale par son souci - son habilité ne manqueront pas de dire ses détracteurs - de façonner une nouvelle image de celle-ci.

AccusĂ© d’être ambiguĂ« tant dans ses pratiques que dans ses intentions, voire d’utiliser parfois des procĂ©dĂ©s qui se situent Ă  la limite de la manipulation, le marketing Ă©thique focalise par consĂ©quent son champ d’activitĂ© et de recherche sur la rĂ©putation de l’entreprise et sur son image.

Or, dans un environnement de plus en plus globalisé et hautement compétitif d’une part, dans lequel les questionnements relatifs au développement durable se posent avec de plus en plus d’acuité d’autre part, il est évident que la réputation et l’image d’une entreprise représentent plus que jamais des enjeux déterminants.

Parmi les questions que les parties prenantes, et en particulier les consommateurs, sont en droit de se poser il y a celles-ci :

Le positionnement des entreprises dans le champ de la responsabilité sociale est-il sincère ? Est-il un outil parmi d’autres au service des techniques du marketing ? Ou encore est-il simplement destiné à les rassurer ?

Personne ne songe, bien sĂ»r, et en aucune manière, Ă  dĂ©nier aux entreprises le droit de s’adapter Ă  leur environnement - il y va de leur survie Ă©conomique - il est lĂ©gitime en revanche pour les parties prenantes de s’interroger sur leurs intentions rĂ©elles ou cachĂ©es, c’est-Ă -dire sur la lĂ©gitimitĂ© de leur discours et de leur communication, au regard de la responsabilitĂ© sociale.  La vigilance reste en toute circonstance de mise.

D’un autre cĂ´tĂ©, les entreprises ne peuvent pas prendre le risque d’axer leur communication sur le dĂ©veloppement durable et la responsabilitĂ© sociale et d’engager leur image sur leurs enjeux, si leurs pratiques ne sont pas en adĂ©quation avec les valeurs afichĂ©es.

Les exemples sont nombreux notamment aux Etats-Unis, en France, et partout ailleurs, d’entreprises ayant Ă©tĂ© obligĂ©es de faire marche arrière, de modifier leurs pratiques et leur comportement, sous la pression des parties prenantes.

Car les parties prenantes ne sont pas, ne sont plus, dupes.

ÉTHIQUE OU ÉTHIQUES ?

Vendredi 21 mars 2008

On assiste, depuis ces dernières années, à une prolifération d’initiatives de responsabilité sociale.

Charte éthique, charte des responsabilités humaines, code éthique, label éthique, règles de conduite, code de déontologie, principes et valeurs, les documents qui fixent le sens et les orientations de comportement collectif et individuel se multiplient dans les entreprises, au point de donner le vertige.

Par ailleurs, les initiatives spécifiques se déclinent comme à l’infini : l’éthique des ingénieurs, l’éthique des cadres, l’éthique des chercheurs, l’éthique médicale, l’éthique des industries du médicament…

Si on ajoute à cela la pléthore d’articles de presse, d’ouvrages, de conférences ou de colloques, d’études ou d’enquêtes, et de sites web, on nage en pleine confusion.

Preuve que l’éthique est un effet de mode diront certains ; qu’elle est en train de changer en profondeur la notion et la pratique de gouvernance d’entreprise selon d’autres.

Quoiqu’il en soit, il n’en reste pas moins vrai que tenter de les répertorier afin de se pencher sur les plus importantes d’entre elles, semble relever de la gageure, à moins d’être un expert.

On remarque, par ailleurs, ce qui ajoute à la confusion, que la perception de l’éthique n’est pas la même partout dans le monde, comme le montrent les différences marquées entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Europe, par exemple.

On est en droit de se demander si, des deux côtés de l’Atlantique, on parle vraiment de la même chose.  Rien n’est moins sûr.

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Alors qu’en Europe on ne parle que de développement durable – on observe à ce propos que les deux textes de l’Union Européenne qui font référence en matière de RSE, soit le Livre Vert de 2001, d’une part,  et la Communication de la Commission de 2002, d’autre part, n’abordent jamais la question éthique -, aux USA, au contraire, il n’est question que d’éthique. 

Selon Michel Capron, professeur des Universités, auteur d’un texte intitulé « une vision européenne des différences USA/Europe continentale en matière de RSE : pourquoi la RSE en Europe est un objet politique et non pas éthique », les différences entre le vieux continent et le nouveau monde tiennent d’abord au choc des valeurs.

En particulier, Michel Capron rappelle qu’aux USA l’individu est considéré comme responsable, en cas d’échec il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, tandis qu’en Europe l’individu est considéré comme un être social, en tant que tel il est subordonné à la société.

Aux USA, l’individu est méfiant voire hostile à l’égard de l’Etat ; en Europe l’accent est mis sur la responsabilité collective.

Aux USA, encore, la solidarité – la bienfaisance -, c’est à dire l’implication personnelle, vient corriger les défauts et les inégalités du système ; en Europe, en revanche, c’est la notion de cohésion sociale qui prévaut, dont l’Etat est le garant. 

Michel Capron rappelle Ă©galement que « la pensĂ©e europĂ©enne en matière de RSE est (…) guidĂ© par le concept-clĂ© de « soutenabilitĂ© », c’est-Ă -dire ce qui peut ĂŞtre supportĂ© par l’environnement naturel et acceptĂ© (tolĂ©rĂ©) par l’humanitĂ© sans que celle-ci s’estime ĂŞtre mise en danger par des activitĂ©s aux effets irrĂ©versibles (…). »

Rapportées au management et à la responsabilité des entreprises, ces différences sont tout autant marquées.

Contrairement à la vieille Europe, on ne fait pas aux USA de différence entre le chef d’entreprise et l’entreprise elle-même, et « le comportement d’une organisation est assimilé à celui d’un individu, un être moral (…). » Par conséquent, l’éthique et la personnalité du dirigeant se confondent.

La commission européenne a adopté en 2005 une plate-forme dans laquelle six points ont été identifiés : l’exclusion sociale, le vieillissement démographique, le changement climatique, la santé, les ressources naturelles, et les transports. Il n’est nullement question ici d’éthique, comme on peut le constater.

En conclusion, Michel Capron affirme que «  par rapport aux origines états-uninenne de la RSE, la conception européenne de la responsabilité en a déplacé à la fois le champ d’action et sa nature : on est passé d’une responsabilité de l’acte (dommageable) nécessitant réparation à une responsabilité face aux risques, impliquant la prévention et nous allons vers une responsabilité face à des exigences de sécurité qui requièrent la précaution. »

Principe de précaution chère à la pensée française.
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