GO WEST YOUNG MAN !
Vendredi 6 août 2010Selon le Magazine Capital du 05.08.10, les offres d’emploi semblent repartir sur le web. Il y aurait même, à les entendre, un véritable « regain d’optimisme » sur le marché de l’emploi on-line.
On pouvait notamment lire ceci : « Les 80 sites internet de recrutement sondés par le dernier baromètre Keljob enregistrent une progression de 32% des annonces en juillet. Il s’agit du cinquième mois de hausse consécutive. »
On ose espérer que cette embellie va être confirmée dans les faits. On craint les effets d’annonce, et on est en droit de se poser des questions relatives aux méthodologies des nombreuses enquêtes, études, et autres baromètres qui viennent de façon régulière et lancinante nourrir l’actualité, dans la mesure où leurs conclusions s’opposent parfois, quand elles ne s’annulent pas les unes les autres.
Car la situation de l’emploi en France est grave, et ce notamment depuis le début de la crise. Selon l’Observatoire des Inégalités, pour qui la crise touche davantage les hommes, « entre avril 2008 et avril 2010, le nombre de chômeurs a progressé de 28 % en moyenne, soit 862 200 chômeurs de plus. La hausse est de près de 48 % chez les jeunes hommes, de 41 % chez les hommes de plus de 50 ans. »
Toujours selon l’Observatoire des Inégalités, ce sont les jeunes hommes de moins de 25 ans qui sont tout particulièrement touchés avec une hausse de 47,7 %, soit 1,7 fois plus que la moyenne de l’ensemble. Elle est également très marquée chez les hommes de plus de 50 ans : + 41,4 %. Chez les jeunes femmes, l’augmentation est moins forte (+ 23,3 %) mais nettement supérieure aux femmes de 25-49 ans (+ 16,3 %).
Pour les jeunes issus de nos banlieues, en particulier, les perspectives de trouver un emploi dans l’hexagone s’avèrent désespérantes, sinon quasi nulles.
Selon Jean-François Amadieu, professeur Ă l’universitĂ© Paris I PanthĂ©on Sorbonne, et Directeur du Centre d’Etude et de Recherche sur les Organisations et les Relations Sociales (CERGORS) et de l’Observatoire des discriminations, s’agissant de l’embauche la discrimination d’origine l’une des plus fortes et des plus ancrĂ©es dans notre culture, avec celle qui touche les « seniors », soit les plus de 50 ans.
Si bien, qu’un candidat au patronyme maghrébin (sans photo) reçoit 3 fois moins de réponses qu’un candidat au nom et prénom « français de souche ».
Mais voici que, pour cette catégorie de jeunes, tombe une excellente nouvelle : Il paraît que les USA via leur ambassade à Paris repèrent et forment les jeunes issus de nos quartiers populaires, dans le cadre de leur programme de « visiteurs internationaux ».
Force est de constater, que le « management de la diversité » à la française - sa charte et son label de la diversité - tout autant que les timides tentatives de l’État français pour déployer une politique en faveur de la diversité, ont depuis belle lurette montré leurs limites.
Nos jeunes de banlieue attendent toujours que les entreprises veuillent bien les accueillir et leur faire confiance.
On savait que, depuis quelques années déjà , les plus ambitieux et téméraires parmi eux tentaient de plus en plus leur chance en Grande-Bretagne, plus ouverte et tolérante en matière de diversité culturelle.
Les USA seraient-ils aujourd’hui devenus, pour nos jeunes de banlieue, le nouvel Eldorado?
Et se pourrait-il que retentisse de nouveau, mais cette fois-ci dans nos proches banlieues, ce fameux mot d’ordre si souvent entendu autrefois dans la jeune AmĂ©rique, popularisĂ© par les westerns :
« Go west young man ! »?





