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DD & RSE : Les Dirigeants et Managers de Demain

Lundi 12 juillet 2010

Il faut saluer comme un événement les conclusions de la récente étude intitulée « A New Era of Sustainability : UN Global Compact-Accenture CEO Study 2010 »,  menée par le Pacte Mondial des Nations Unies et le Cabinet de Conseil Accenture, selon lesquelles les chefs d’entreprises à une très large majorité (93%) considèrent le Développement Durable, d’une part comme une composante clef de leur succès, et, d’autre part, qu’il pourrait faire partie intégrante du cœur de métier des entreprises d’ici moins de dix ans.

Menée auprès de 766 dirigeants d’entreprises à travers le monde, l’enquête vient opposer un démenti formel au scepticisme ambiant, voire le ras-le-bol exprimé par de nombreux consommateurs, salariés, acteurs de la société, et autres experts, qui tendent à penser que le Développement Durable (DD) et la Responsabilité Sociale des entreprises (RSE) ne sont au pire qu’une idéologie ou une opération de propagande, au mieux que le nouvel habit du capitalisme.

Se pourrait-il que les dirigeants prennent le DD au sérieux ? Se pourrait-il aussi que la crise et la récession aient pu jouer un rôle de révélateur et de catalyseur ? On serait tenté de le croire. Car,  s’ils sont aujourd’hui 81% à affirmer que le DD doit tout naturellement trouver sa place au cœur de la stratégie de l’entreprise, en 2007 -  soit une année avant le début de la crise -  ils n’étaient guère que 50 % à le penser.

Développer la marque d’entreprise et, par voie de conséquence, la marque employeur, retrouver la confiance, valoriser l’image, tels sont les objectifs que les dirigeants déclarent vouloir se fixer en 2010.

Parmi les cinq actions prioritaires que ces derniers ont dĂ©finies, selon le Site cdurable, afin de se donner les moyens d’atteindre ces objectifs, il y en a une en particulier qui doit attirer toute notre attention, c’est celle qui consiste Ă  assurer la formation des managers et des collaborateurs de demain, et favoriser l’émergence d’une nouvelle gĂ©nĂ©ration de dirigeants socialement responsable et consciente de la nĂ©cessitĂ© de rĂ©flĂ©chir Ă  des solutions collectives, visant Ă  faire face Ă  la vulnĂ©rabilitĂ© de la planète et Ă  l’urgence dans la mise en Ĺ“uvre d’un comportement Ă©thique de l’entreprise.

Voilà qui est, sans nul doute, mûrement réfléchi. Mais il ne faudrait pas s’arrêter à ce seul constat, ni surtout sous-estimer la tâche à entreprendre.

Ayons l’honnêteté d’admettre que, jusqu’à présent, les démarches DD et RSE des entreprises se sont résumées – les nombreuses enquêtes et études semblent l’attester - d’une part à un discours et une communication construits autour de l’exercice obligé du Reporting, et, d’autre part, sur des actions centrées sur la thématique environnementale, au détriment des enjeux sociaux et sociétaux.

Dès lors que l’on se donne la noble et grande ambition de former une nouvelle gĂ©nĂ©ration de managers, et de favoriser l’émergence d’une nouvelle gĂ©nĂ©ration de dirigeants, il est fort Ă  parier qu’il faudra dans ces conditions Ă©galement penser Ă  changer de paradigme, en l’occurrence passer d’un mode de Management «de» la RSE Ă  celui d’un mode de Management « par » la RSE.

Soit l’intégration du DD et de la RSE de manière transversale dans toute la gestion de l’entreprise, ainsi que la mobilisation autour de leurs objectifs des hommes, des femmes et des ressources.

L’efficacitĂ© d’un mode de Management par la RSE supposerait, en outre, la mise en place d’une organisation spĂ©cifique, visant Ă  favoriser la rĂ©alisation des diffĂ©rents projets, tout en assurant la pĂ©rennitĂ© de l’entreprise. Le Management par la RSE dĂ©finit les modalitĂ©s de cohabitation, d’association entre une organisation verticale par services et une organisation transversale par projets.

La mise en place d’un tel mode d’organisation et de management projetterait, à coup sûr, les entreprises bien au-delà des codes, principes, chartes, labels, et autres certifications sur lesquels elles ont bâti leur stratégie DD et RSE. Ces différents outils leur ont certes permis de s’initier aux démarches du DD et de la RSE, et de valoriser leur image et leur légitimité tant en regard des agences de notation que des consommateurs, leurs cibles privilégiées. Mais ces outils n’ont-ils pas, dans une certaine mesure, montrés leurs limites?

L’organisation centrĂ©e sur le Management  par la RSE amènerait les entreprises Ă  tout mettre en Ĺ“uvre, Ă  commencer par l’intelligence collective, afin de conjuguer deux logiques diffĂ©rentes, sinon apparemment  contradictoires, la logique du mĂ©tier qui conduit Ă  penser en termes de rentabilitĂ© et de performance,  et celle qui conduit Ă  penser en termes de responsabilitĂ© et d’éthique.

Quant à la formation des dirigeants et managers de demain, les dirigeants actuels auraient tort de se faire du souci. Elle est déjà en train de s’accomplir sous nos yeux. Pour ne parler que de la France,  dès septembre 2006, une campagne de mobilisation et d’engagement des Grandes Ecoles et des Universités françaises a été lancée autour d’un objectif : « inciter et aider les établissements qui forment les dirigeants de demain à intégrer progressivement le développement durable à leurs programmes. »

Depuis, le nombre d’établissements d’enseignement du supérieur ayant initié des projets DD a augmenté. Mais le Grenelle de l’Environnement rend désormais cette démarche obligatoire pour toutes les Universités et les Grandes Ecoles qui devront mettre en place un « plan vert ».

L’article 55 de la loi Grenelle 1 du 3 aoĂ»t 2009 indique, en effet, que « les Ă©tablissements d’enseignement supĂ©rieur Ă©laboreront, pour la rentrĂ©e 2009, un « Plan vert » pour les campus. Les universitĂ©s et grandes Ă©coles pourront solliciter une labellisation sur le fondement de critères de dĂ©veloppement durable ».  Des universitĂ©s ont dĂ©jĂ  mis en place des stratĂ©gies DD et certaines pratiques exemplaires ont vu le jour. De nombreuses associations Ă©tudiantes militent activement pour l’environnement et le DD sur leurs universitĂ©s.

L’offre de formation des dirigeants et managers responsables de demain est pléthorique et la qualité de l’enseignement ne cesse de s’améliorer. Les Masters spécialisés se multiplient.  Seule ombre au tableau, on constate que l’offre est en décalage avec la réalité du marché du travail à peine émergent du DD et de la RSE.

Les dirigeants, managers et autres chefs de projet de demain répondent présents à l’appel. Ils sont passionnés par le DD et la RSE. Ils bouillonnent d’impatience. Ils ne demandent qu’une seule chose, c’est que les entreprises veuillent bien s’intéresser à eux, leur accorder une chance de prouver leur talent, et leur confier leurs premières missions. En bref, les recruter.

Qu’est-ce que les dirigeants actuels attendent ?

RSE et Entreprises Transnationales

Dimanche 21 février 2010

Dans son récent ouvrage « Face aux crimes du marché, quelles armes juridiques pour les citoyens ? »  William Bourdon porte un regard critique et pessimiste sur les activités des entreprises ou firmes transnationales (FTN), leur formidable puissance, ainsi que sur leur démarche et engagement RSE.

On nomme multinationale ou transnationale une entreprise constituĂ©e de groupe d’entreprises, implantĂ©e dans de nombreux pays par le biais de très nombreuses filiales.

William Bourdon fut, rappelons-le, l’avocat qui s’est rendu célèbre pour avoir contraint Total à indemniser des victimes de travail forcé en Birmanie.

Dans l’entretien qu’il a accordé à Novethic,  publié le 19 février 2010, il déclare notamment : (…) « les multinationales développent une puissance économique et financière exceptionnelle qui leur permet le chantage à la délocalisation, à l’emploi. Elles érigent des Murailles de Chine qui rendent difficile, voire improbable leur mise en cause judiciaire par des Etats souverains très faibles ».

Et ceci : (…) « la responsabilité juridique des entreprises n’a jamais été aussi disséminée, dans l’opacité et la sophistication des liens financiers et capitalistiques entre la Maison-Mère, la filiale, la sous-filiale, en passant par des paradis fiscaux. »

Chacun sait que la puissance des FTN est immense, et que les avantages et bénéfices qu’elles tirent de leurs activités leur confèrent un pouvoir sans partage qui dépasse l’entendement, dépassant le seul domaine économique, pour influencer et dominer l’ensemble de la vie civile, sociale, et politique des pays dans lesquels elles sont implantées.

On considère que les échanges entre filiales des FTN représentent un tiers du commerce mondial ; et les échanges entre les Maisons Mère et leurs filiales, un deuxième tiers. Plus précisément, les plus grandes 10 FTN de la planète contrôlent à elles seules 67 % du marché des graines, 89 % du marché mondial d’agrochimiques, 26 % des ventes globales au consommateur,  55 % du marché pharmaceutique, 63 % de la pharmacienne vétérinaire et 66 % de l’industrie biotechnologique.

La production internationale repose de plus en plus sur le rôle des FTN qui, selon les statistiques de 2002, sont environ 65 000 ; elles contrôlent directement, d’une part  850 000 filiales étrangères réparties sur l’ensemble de la planète, et, d’autre part 60% de la production industrielle du Canada et la moitié de celles du Brésil ou de la Colombie.

L’ensemble des FTN rĂ©alise environ la moitiĂ© du PNB mondial. Pour ne donner qu’un seul exemple, propre Ă  donner le vertige, WalMart la plus colossale entreprise de distribution, mais Ă©galement la plus grande entreprise du monde, est la 26ème parmi les 100 plus grandes Ă©conomies de la planète, beaucoup plus grande que le PIB de pays entiers comme le Danemark, le Portugal, le Venezuela ou  Singapour.

Les États et les Organisations internationales ont tenté, ces dernières années, d’étendre la codification des lois internationales en matière de droits humains, sans pour autant réussir à réguler, encore moins à faire plier la formidable puissance des FTN, à bien des égards supérieure à celles des États.

Ainsi,  en 2003, la sous-commission des Nations Unies à la promotion et protection des droits humains, a adopté par résolution le seul instrument international à valeur contraignante, les Normes sur la responsabilité des FTN et autres entreprises en regard des droits humains.

Selon la sous-commission à la promotion et à la protection des droits humains, « les crimes corporatifs reposent le plus souvent sur un fait de complicité, de soutien, de partenariat, d’assistance directe ou indirecte à la violation des droits humains commise par un autre acteur, lequel se trouve souvent à être le gouvernement d’accueil. »

S’agissant du comportement Ă©thique des FTN, William Bourdon est pour le moins sceptique, dĂ©clarant : « D’abord il y a une multiplicitĂ© d’offres d’engagements volontaires qu’il faut dĂ©coder, dĂ©crypter, hiĂ©rarchiser. Et derrière tout ça, il y a une vaste bataille idĂ©ologique. Le marchĂ© ne se sent jamais aussi bien que lorsqu’il y a moins de lois, de normes et de juges. L’intĂ©gration de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral par les entreprises a toujours Ă©tĂ© faite sous la contrainte : le droit syndical, le travail des enfants au XIXe siècle, le droit des femmes… Or aujourd’hui, les entreprises tentent de nous faire croire qu’elles sont tombĂ©es dans un tonneau magique et qu’elles sont les mieux qualifiĂ©es pour changer le monde Ă  coup d’engagements volontaires. »

Selon Michèle Rioux du DĂ©partement de science politique de l’UQAM (L’UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă  MontrĂ©al) :

« La montée en puissance des FTN nous oblige à repenser les rapports entre les États et les marchés ainsi que ceux des institutions envers les cadres normatifs du système économique mondial. Leur évolution sera déterminée par les relations internationales, les relations entre les firmes et les États, les relations entre les FTN, mais également par les mouvements sociaux. Les idées qui fournissent parfois des réponses et sont à l’origine de nouvelles trajectoires. En théorie, ces idées ne manquent pas, mais encore faut-il qu’elles soient pragmatiques et qu’elles soient acceptables et appliquées. Gouverner la mondialisation, du moins à court terme, ne sera pas un travail de technocrate ni de révolutionnaire, mais un art faisant appel à de vrais architectes d’institutions adaptées à un capitalisme mondial et à des sociétés construites sur l’individualisme, la démocratie, les droits de la personne et la justice sociale. Il ne reste plus qu’à trouver les principes organisateurs de ce carré magique, ou la quadrature du cercle. »


La Communication RSE sur la Sellette

Jeudi 21 janvier 2010

On le constate tous les jours, la communication demeure un exercice plus difficile qu’il n’y paraît à première vue, d’autant que les entreprises sont aujourd’hui surexposées.

L’action conjuguée des technologies de l’information et de la communication, d’une part, et de la mondialisation d’autre part, fragilise la légitimité de leur discours.

La communication sur le développement Durable et la RSE, en particulier, est soumise à la critique impitoyable de la blogosphère, des medias, des ONG, et des organisations syndicales.

L’éthique, considérée comme l’une des thématiques de la démarche de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), est un thème récurrent dans la volée de bois vert contre certaines entreprises, suspectées de maquiller et de masquer la réalité de leurs pratiques, quand elles ne sont pas carrément accusées de tricher.

Dans un article daté du 7 janvier 2010, intitulé « Entreprises, la foire aux vanités », paru dans le Nouvel Observateur, Jacqueline de Linares affirme que « la frénésie des grosses boîtes à vanter leurs bonnes actions finit par se retourner contre elles ».

Jacqueline de Linares écrit par exemple :

« Ce n’est pas une blague. France TĂ©lĂ©com a reçu en 2009 un prix rĂ©compensant les entreprises « qui proposent Ă  leurs salariĂ©s les meilleures pratiques RH, leur permettant de s’Ă©panouir personnellement et professionnellement au travail ». Elle faisait partie des 20 laurĂ©ats 2009 du palmarès Top Employeurs France dĂ©cernĂ© par un cabinet nĂ©erlandais, l’Institut CRF A la rubrique « conditions de travail », l’entreprise, plutĂ´t citĂ©e ces temps-ci pour les suicides de ses salariĂ©s, a mĂŞme obtenu cinq Ă©toiles ! C’est ce que rapportait le mensuel «Liaisons sociales» en dĂ©cembre dernier relatant la frĂ©nĂ©sie d’autoglorification des entreprises en matière sociale. »

Stéphane Richard, le numéro deux de France Télécom, et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, désigné Manager 2008 par la Station de Radio BFM, affirme vouloir «  reconstruire un pacte social »

Tandis que sur le Site National de la CFE-CGC UNSA France Telecom on dĂ©nonce « le grand guignol des prix et labels » dĂ©cernĂ©s Ă  France TĂ©lĂ©com, après la remise d’un « TrophĂ©e de l’engagement durable » , créé par le club Oras (Observatoire rĂ©munĂ©rations et avantages sociaux), composĂ© de 140 DRH et managers, qui rĂ©compense un projet en matière de rĂ©munĂ©ration ou d’avantage sociaux. »

Jacqueline de Linares  rappelle que les Amis de la Terre ont créé en 2008  le prix Pinocchio  afin « d’illustrer et dĂ©noncer les impacts nĂ©gatifs de certaines entreprises françaises, en totale contradiction avec le concept de dĂ©veloppement durable qu’elles utilisent abondamment ».

«  Le pire, rajoute-t-elle, c’est que certaines mènent rĂ©ellement des activitĂ©s de responsabilitĂ© sociale. Mais comment savoir qui dit vrai quand tout le monde se vante ?

Nous voilà bien au cœur du débat. Il existe à n’en pas douter un faisceau de suspicions s’agissant de la communication RSE, donnant lieu à des actions et réactions de mieux en mieux structurées et de plus en plus organisées et concertées, et dont les entreprises auraient tort de sous-estimer la capacité de nuisance.

Le n° 41 Alternatives Économiques de novembre 2009, numĂ©ro spĂ©cial « La ResponsabilitĂ© Sociale des Entreprises Françaises », remarquable par l’état des lieux objectif qu’il propose, ainsi que par son regard distanciĂ© et critique, aborde dans le chapitre intitulĂ© fort Ă©loquemment « Les Rapports DĂ©veloppement Durable ou l’Art de Communiquer » l’épineuse question de la communication RSE, dans lequel on peut notamment lire :

« Nombreux sont les responsables développement durable qui sont rattachés aux directions de la communication. Les entreprises cherchent évidemment à se présenter sous leur meilleur jour. »

Martial Cozette (Directeur de CFIE-Conseil) dit regretter « l’autosatisfaction » qui caractĂ©rise, selon lui, la communication DĂ©veloppement Durable et RSE :

« Il y a une vraie constance Ă  fournir des Ă©lĂ©ments sortis de leur contexte (…). Par exemple, si l’activitĂ© a fortement diminuĂ©, cela peut expliquer la rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, mais cela n’est pas prĂ©cisĂ© … Le minimum serait de fournir des informations Ă  pĂ©rimètre constant (comme cela est le cas dans les rapports financiers) ».

Communication contre Communication, Communiqué contre Communiqué, Rapport contre Rapport.

Il n’est pas sûr, à ce petit jeu, que les entreprises françaises sortent à tous les coups gagnant.

ETAT DES LIEUX DE LA RSE EN FRANCE

Jeudi 12 novembre 2009

Dans un rapport, intitulé « La responsabilité sociale des entreprises : l’engagement de la France », publié le 24 avril 2009 par le Ministère des Affaires Étrangères, alors que notre pays présidait l’Union Européenne, on pouvait, en préambule, lire ceci :

« La responsabilité sociale et environnementale des entreprises (RSE) est devenue un thème essentiel dans les réflexions sur la régulation de la mondialisation et a donné lieu à de multiples initiatives récentes. La crise économique actuelle renforce d’autant plus ce débat.   L’engagement de la France dans la RSE se caractérise à la fois par sa pleine participation à de nombreuses négociations internationales, par une intervention de l’Etat au plan législatif et en tant qu’initiateur d’une dynamique pluri-acteurs, ainsi que par le foisonnement des initiatives prises par les acteurs économiques et sociaux. »

Et dans le premier chapitre intitulé « Qu’est-ce que la RSE pour la France? », on pouvait également lire ceci :

« État membre de nombreuses organisations internationales, la France a participé à l’élaboration de définitions dans lesquelles elle se reconnaît. C’est aussi pour elle un concept stratégique. »

Plus loin, voilà ce qui est écrit :

« La France ne joue pas seulement un rôle actif au plan diplomatique. Des initiatives nationales multiples ont affirmé une identité particulière dessinant une capacité conceptuelle reconnue. Elle s’est affirmée innovatrice au plan législatif avec notamment la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE, 2001). Elle l’est aussi dans la promotion de l’investissement responsable selon des dispositifs variés, et l’amélioration de la transparence grâce à une politique de labels. Enfin, les initiatives des acteurs privés manifestent l’engagement de la société française dans la RSE. »

Voilà pour les déclarations d’intentions de la France. Bonne note est prise.

Mais qu’en est-il vraiment de la RSE dans les entreprises françaises? Qu’en est-il  de leur engagement, c’est-Ă -dire de leurs actions sur le terrain ?

Comment rendre compte de la réalité complexe de la RSE dans les entreprises françaises ? Comment faire la part des choses entre déclarations et pratiques ? Comment se retrouver dans le dédale des principes, référentiels ou normes, lois, recommandations, émanant de différentes institutions publiques ou privées, quelles soient françaises ou internationales ?

C’est à ces questions, et à bien d’autres, que tente de répondre l’excellent Hors Série n°41, Novembre 2009, publié par Alternatives Économiques, intitulé « La Responsabilité Sociale des Entreprises Françaises ».

D’entrée de jeu, à la lecture de l’éditorial qui titre « le chemin est encore long … », on comprend que l’affaire est sérieuse, sinon grave, et que l’analyse et l’investigation de ce Hors Série – à lire absolument - se veulent sans concessions.

Qu’il s’agisse des rapports sociaux et environnementaux des entreprises du CAC 40  - ah, les fameux rapports développement durable ! - considérés par ces dernières d’abord et avant tout comme des outils de communication, et dans lesquels elles veillent coquettement à présenter leur meilleur profil, quitte à faire quelques judicieuses impasses et distorsions sur certaines formes de leurs activités ;

Qu’il s’agisse aussi des paradis fiscaux : « les entreprises françaises du CAC 40, quelles soient bancaires ou industrielles, sont très présentes dans les territoires offshore, principalement au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Suisse. » ;

Qu’il s’agisse encore des dérives et autres dérapages de la publicité dite « écologique » visant à induire en erreur le consommateur ;

Ou de la fiscalitĂ© : « seules quatre entreprises du CAC 40 ont payĂ© un impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s qui corresponde aux taux officiel en France », avec la palme d’or dĂ©cernĂ©e Ă  l’unanimitĂ© du jury Ă  Unibail-Rodamco, la sociĂ©tĂ© immobilière, « qui a rĂ©ussi l’exploit de ne consacrer que 1% des bĂ©nĂ©fices cumulĂ©s sur 2006-2008 Ă  l’impĂ´t »!

Rien, absolument rien, ne nous est épargné des vices et turpitudes de la RSE.

Heureusement, les ONG veillent au grain, les consommateurs se mobilisent, ainsi que les investisseurs ; les salariés prennent lentement conscience que la RSE peut également être leur outil ; les jeunes développent un esprit de plus en plus critique ; les organisations syndicales réalisent que la RSE est un moyen unique leur permettant d’enrichir le dialogue social.

Les entreprises vont-elles sont la pression conjuguée des uns et des autres, devenir vraiment, enfin, responsables ?

Avec en filigrane, la question lancinante de savoir s’il faut continuer Ă  laisser les entreprises s’engager volontairement dans la dĂ©marche RSE, ou s’il faut les y contraindre et lĂ©gifĂ©rer.

DÉVELOPPEMENT DURABLE vs RSE

Mardi 3 novembre 2009

Selon un fort intéressant et instructif article signé Jean-Marc Le Gall, professeur associé au Celsa et conseil en stratégies sociales, publié par le quotidien La Tribune le 02/11/09, dans le Rapport Responsabilité Sociale publié en juin 2009 par le Groupe France Télécom-Orange, on pouvait notamment lire ceci :

“Le groupe s’engage Ă  agir en permanence comme un employeur responsable”.

Et le professeur Jean-Marc Le Gall de faire le commentaire suivant : « (…) confronté à la dramatique actualité sociale de cette entreprise, il est difficile de prendre cet engagement au sérieux. »

Ce n’est pas la première fois - et cela n’est, hĂ©las, pas non plus la dernière fois - que l’on observe un dĂ©calage entre les discours et les pratiques des entreprises.

Le Rapport Développement Durable est devenu, chacun peut le constater, quasi incontournable. Il est un levier stratégique de communication.

Plus qu’un effet de mode, ou qu’une danseuse, il paraît selon les analystes que les problématiques liées au développement Durable et la RSE sont régulièrement débattues au sein des Comités de Direction.

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Selon la récente étude publiée par l’Observatoire de la communication et du marketing responsables, et réalisée auprès de 129 entreprises parmi lesquelles 27% sont cotées, par Limelight consulting, 90% des entreprises affirment avoir une stratégie de développement durable contre 76% en 2008.

VoilĂ  qui est fort bien.

Pourtant, l’engagement Développement Durable ne saurait se limiter  aux seuls critères environnementaux.

Il se doit pour être complet, entendons satisfaisant, d’intégrer également, outre les critères sociétaux et financiers (investissement responsable), les critères liés à la responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Or, selon l’étude de Limelight Consulting, si 77% des entreprises consultées déclarent s’être engagées sur les aspects environnementaux, elles sont par contre moins de 40%  à l’avoir fait sur les aspects sociaux.

Notons, entre parenthèses, que le Grenelle 2 prévoit l’obligation  pour les entreprises de plus de 500 salariés de publier un bilan social et environnemental.

Dans son article, Jean-Marc Le Gall rappelle, à bon escient, que le PDG de Danone, Frank Riboud, a décidé quant à lui que le bonus des dirigeants de son entreprise devait porter à part égale sur la Responsabilité Sociale et sur les résultats économiques. Fifty-fifty.

Qui dit mieux ?

CAPITALISME FLAMBOYANT ET RSE CHANCELANTE

Mercredi 8 octobre 2008

La vague sans précédent de faillites d’institutions qui s’est abattue et continue de s’abattre sur la planète financière, et qui avait commencé – l’aurait-on oublié ? - le 18 juillet 2007, avec la Bear Stearns, première victime de la crise des subprimes (prêts hypothécaires), aux Etats-Unis, provoque panique et désarroi.

Les bourses du monde entier plongent, la défaillance généralisée du système bancaire mondial ne cesse d’inquiéter les investisseurs, les épargnants s’affolent, les agences de notations sont sévèrement critiquées, les gouvernements et chefs d’état se mobilisent …

Le capitalisme semble en crise, et l’on s’interroge.

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Au-delà des plans de sauvetage – 700 milliards de dollars, rien qu’aux USA -  des nationalisations, ainsi que du coût réel ou supposé de ces dernières, voire de l’impact de ceux-ci et de ceux-là, en termes d’efficacité à court, moyen, ou long terme, au-delà même des polémiques relatives aux responsabilités individuelles de cette gigantesque débâcle, peut-on dire que l’on assiste à l’effondrement des fondements et concepts du capitalisme éthique ?

Les principes éthiques qui ont accompagné la naissance du capitalisme seraient-ils devenus obsolètes avec le capitalisme triomphant de la fin du XXème siècle et, surtout, le capitalisme flamboyant de ce début du XXIème siècle?

L’onde de choc de la crise atteindrait même – qui l’eût cru ? –, d’une part les clubs de football, et d’autre part, les oligarques russes installés à Londres !

On apprend ainsi, dans Le Monde daté du 7 octobre 2008, que les clubs anglais, premiers touchés par la crise financière, sont endettés ; que les banques Fortis, sponsors du club Anderlecht, et rachetés par BNP Paribas en Belgique et au Luxembourg, pourraient réduire de façon drastique les budgets footballistiques; mais également que « la baisse du pouvoir d’achat des supporteurs (horreur !) inquiète les clubs. »

En France, peut-on croire que la mise en place du « Code de gouvernance » concocté par le MEDEF, et qui prévoit notamment la mort des parachutes dorés, ces indemnités de départ généreusement allouées aux patrons qui ont lamentablement échoué, va bouleverser les notions de comportement éthique ?

On entend de partout l’urgent et pathĂ©tique appel Ă  plus de rĂ©gulation.

Difficile de rester confiant lorsqu’on constate que même l’élaboration tant attendue de la norme internationale « ISO 26000 » dont l’un des objectifs est de clarifier le concept et la démarche de RSE et de définir une terminologie commune à tous les pays du monde pose problème, et prend du retard.

Car, comme l’a souligné Frédéric Tiberghien, Président d’honneur de l’ORSE (Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises), « la définition de ce qu’est la responsabilité sociétale diffère fortement selon les pays et les cultures, et donne lieu à des débats interminables (…) ».

On espère de tout coeur que ces débats vont trouver une issue favorable pour le bénéfice de tous, et que finalement ce n’est que reculer pour mieux sauter.

Pas dans le vide comme en 1929.

LA RESPONSABILITÉ DES ENTREPRISES EST-ELLE UN LEURRE ?

Vendredi 1 février 2008

Alors que s’est terminé le 27 janvier 2008 le Forum de Davos, et que de nombreux ateliers ont été consacrés à la thématique de la RSE, la question est plus que jamais à l’ordre du jour.

A Davos, station de ski des Alpes suisses, la mondialisation et son visage humain, le capitalisme Ă©thique, ont Ă©tĂ© fortement critiquĂ©s, notamment pour leur incapacitĂ©, dĂ©noncĂ©e par le Premier Ministre britannique Gordon Brown, Ă  atteindre l’objectif de rĂ©duire de 75% la mortalitĂ© infantile avant 2050.

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Quant Ă  l’ambition de scolariser tous les enfants de la planète, elle ne sera pas atteinte avant 2115…

« Les enfants du monde ne peuvent pas attendre encore un siècle » a déclaré Gordon Brown.

Autant en emporte le vent !

Maigre consolation, Bill Gates a annoncĂ© qu’il faisait un don de 306 millions au profit du secteur agricole en Afrique et en Asie, et, par ailleurs, une quinzaine de patrons de grandes sociĂ©tĂ©s, majoritairement amĂ©ricaines, ont signĂ© un appel pour inciter leurs pairs Ă  collaborer avec les institutions afin d’amĂ©liorer l’efficacitĂ© des politiques publiques.

“La mondialisation critiquĂ©e au forum de Davos” titre le Courrier International le 28.01.08.

Dans l’ouvrage intitulé « Mythes et Réalités de l’entreprise responsable », Ed. La Découverte, Paris, 2004, leurs auteurs Michel Capron et Françoise Quairel, posaient la question : « la RSE, poudre aux yeux ou révolution managériale ?»

L’ouvrage confrontait deux hypothèses:

La première selon laquelle la RSE « serait un effet de mode, du marketing, une réponse des milieux d’affaires face à la contestation, une stratégie destinée à éviter de nouvelles régulations publiques, une promesse d’autorégulation de la part des entreprises»;

La seconde selon laquelle la RSE « serait une vision de la responsabilité de l’entreprise comme une lame de fond, un engagement sincère, une opportunité historique majeure à saisir qui pourrait infléchir le cours de la mondialisation : grâce à la RSE, on assisterait à un changement de nature de la firme et du système capitaliste. Ce serait en effet l’intérêt bien compris des entreprises, de leurs dirigeants et de leurs actionnaires de mieux respecter l’environnement, les clients, les salariés».

Pour Robert Reich, Professeur d’économie à l’université de Berkeley en Californie, ancien secrétaire d’Etat au travail de Bill Clinton, et actuel conseiller économique de Barak Obama, candidat à l’investiture démocrate à la présidentielle américaine, qui vient de publier son dernier ouvrage « Super-Capitalisme, le choc entre le système économique émergent et la démocratie», Ed. Vuibert, (en anglais Supercapitalism), dans l’interview qu’il a accordé au quotidien La Tribune du 31.01.08, il ne fait pas de doute que « les entreprises se peuvent pas être socialement responsables ».

« Quand les entreprises revendiquent une attitude socialement responsable, poursuit-il, et quelles que soient les initiatives qu’elles mettent en place pour s’en réclamer, elles sont toujours motivées par un désir d’améliorer leur image. Cela ne rend pas pour autant leur action signifiante.»

Plus loin, il affirme encore : « La seule façon dont les investisseurs appréhendent le futur, c’est la valeur de l’action!»

Cette affirmation dans sa brutalité, fait froid dans le dos, dans la mesure également où elle est en totale contradiction avec l’objectif du développement durable.

« Le développement durable doit répondre aux besoins des générations actuelles sans compromettre la possibilité de répondre à ceux des générations à venir». (Rapport Brundtland, ONU, 1987).

Alors, réaliste ou cynique, Robert Reich?

Un espoir pourtant se profile. Dans un autre interview, accordé au journal Libération (lundi 5 novembre 2007), il avait tenu des propos moins radicaux quoique dérangeants pour notre bonne conscience à tous.

A la question : « Avons-nous vendu notre âme au capitalisme ? », il avait répondu :

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« Pas en tant que citoyens, mais en tant que consommateurs et investisseurs, oui. Sans le savoir, à chaque fois que nous cherchons la bonne affaire, en faisant nos courses ou en investissant à la Bourse, nous affaiblissons indirectement le contrat social et sacrifions une partie des valeurs auxquelles nous sommes attachés en tant que citoyens.

Car, d’où viennent ces bonnes affaires ? D’entreprises en très forte concurrence qui, pour répondre à notre demande, baissent les coûts salariaux, délocalisent et polluent l’environnement. Si nous voulons réduire les inégalités, retrouver la stabilité de l’emploi et de meilleurs salaires, ainsi que combattre le réchauffement climatique, nous devons accepter de faire de moins bonnes affaires.»

Le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises sont décidemment « l’affaire » de tout le monde.

Ouf! Ca tombe bien, la période des soldes vient juste de terminer.

 

 

LE SCANDALE EADS

Jeudi 4 octobre 2007

avions-EADSLe scandale EADS qui Ă©clabousse du beau monde puisque, selon l’AMF (AutoritĂ© des MarchĂ©s Financiers), la direction et les actionnaires d’EADS se sont rendus “coupable d’un dĂ©lit d’initiĂ©s massif” et que l’Etat français le savait, nous donne l’occasion de rappeler qu’en matière de responsabilitĂ© sociale, il existe deux courants de pensĂ©e : le premier qui repose sur l’efficacitĂ© des marchĂ©s et qui considère que le profit est la seule finalitĂ© pour les actionnaires ; et le deuxième qui repose sur le comportement Ă©thique de l’entreprise et qui considère que l’entreprise a un devoir moral envers la sociĂ©tĂ©.

Rappelons également que le terme de « Gouvernance d’entreprise », en Anglais « Corporate governance » est apparu dans les années 1970 à la suite de nombreux scandales, notamment en Angleterre avec les affaires Maxwell, Poly Peck et BCCI, ainsi qu’aux Etats-Unis avec l’affaire Savings & Loans.

En 2004, un manifeste pour la responsabilité sociale des cadres a été signé : Parmi les premiers signataires, on trouve le centre des jeunes dirigeants (CJD) ; le centre des jeunes dirigeants de l’économie sociale (CJDES) ; l’école de Paris du Management ; l’Union confédérale des ingénieurs et cadres (CFDT-Cadres) ; l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (UGICT-CGT) ; et Ingénieurs sans frontières.

Dans ce manifeste, il est notamment proclamé que « les cadres, relativement peu engagés, n’ont pas de véritable espace collectif et international pour construire une pensée sur leur responsabilité et réfléchir aux conditions de son exercice, de manière individuelle et collective. Les scandales financiers qui frappent chaque jour les entreprises multinationales (…) les invitent pourtant à partager leur savoir avec les autres salariés et leurs concitoyens ».

DES CADRES SOCIALEMENT RESPONSABLES ?

Mercredi 26 septembre 2007

La question de la responsabilité sociale des cadres se pose à mesure que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans la responsabilité sociale ; et la question se pose bien entendu de la même manière dans la fonction publique et les collectivités territoriales, notamment dans l’obligation d’insérer des clauses sociales dans les marchés publics et dans les politiques d’achat.

Elle concerne d’une part les cadres actuellement en poste et, d’autre part, celle des futurs cadres. D’autant, qu’avec la publication du Livre Vert Européen sur la Responsabilité Sociale des entreprises (« promouvoir un cadre européen pour la responsabilité sociale des entreprises ») et, en France, l’article 136 de la loi dite NRE (Nouvelles Régulations Economiques) de 2003 faisant obligation aux entreprises cotées en bourse de rendre compte chaque année de leurs initiatives en matière sociale, sociétale et environnementale, elle se pose avec de plus en plus d’acuité.

Money Pourtant, au-delà des effets d’annonce et des politiques de communication déployées par les directions, force est de constater que la logique financière prend encore souvent le dessus, et que beaucoup de cadres se demandent si, en fin de compte, leurs compétences ne sont en vérité mises, à leur insu, au service de stratégies auxquelles ils n’adhérent pas.  

Ne se trouvent-ils pas, en effet, les premiers exposés en cas de conflit, alors que le durcissement des conditions de travail, le sous-effectif, l’encadrement de salariés n’ayant pas toujours la formation ou les compétences requises, le stress, l’impact de la concurrence, la précarité de l’emploi, entre autres, rendent l’exercice de leurs rôles et de leurs missions parfois bien difficile ?

Les cadres ont-ils toujours, dans les faits, les moyens d’exercer leur responsabilité sociale ? Leur donne-t-on la liberté d’expression, ou celle d’intervenir et de prendre des initiatives ? Ont-ils par ailleurs été sensibilisés aux enjeux de la RSE pour eux-mêmes et pour l’entreprise ? Ont-ils bénéficié d’une formation ?

Quant aux futurs cadres responsables, l’Association Alliances qui s’est intéressée aux écoles et aux universités pour savoir comment celles-ci intègrent dans leur enseignement les enjeux du développement durable et de la RSE, a fait réaliser une remarquable étude, à la fois état des lieux et démarche prospective, auprès d’un échantillon de trente filières – écoles de management, d’ingénieurs, universités – et formations françaises (Essec) et internationales (à Londres ou au Canada).

Intitulée « démarche stratégique pour une formation de décideurs socialement responsables », cette étude s’est donné pour objectif de tenter de répondre à deux interrogations : Ces établissements sont-ils en mesure de former les futurs cadres responsables ? Se sont-ils dotés de pédagogies susceptibles de permettre aux futurs cadres de concilier « transformation sociale et transformation personnelle » ?

Au final, le diagnostic semble mitigé, bien que riche de promesses, de potentialités, et d’expériences innovantes, d’où il ressort notamment que l’enseignement de la RSE « est présent mais reste inégal » , plus ou moins adapté et intégré, malgré une équipe d’enseignants généralement créatifs et impliqués.

ManagerL’une des lignes de force, selon nous, des programmes de ces Ă©coles et universitĂ©s, Ă©tant l’importance accordĂ©e Ă  la formation Ă  la citoyennetĂ© des cadres; car qui dit citoyen dit responsable.Ceci rejoint d’une certaine manière la prĂ©occupation de certains syndicats, français notamment, qui insistent sur la nĂ©cessitĂ© pour la direction des entreprises, qu’elles soient privĂ©es ou publiques, de reconnaĂ®tre la citoyennetĂ© des cadres, c’est-Ă -dire leur droit d’expression, d’intervention et d’initiative mentionnĂ© plus haut. Certains vont mĂŞme jusqu’à revendiquer, dans certains cas extrĂŞmes, le droit de refus ou d’opposition.Des cadres socialement responsables ? A coup sĂ»r, un dĂ©bat et une affaire Ă  suivre…

CAC 40

Lundi 24 septembre 2007

BourseLes entreprises sont de plus en plus nombreuses à considérer que la Responsabilité Sociale des entreprises (RSE) représente une opportunité plus qu’une contrainte.

C’est ce qui ressort d’une récente Etude menée par le Cabinet PricewaterhouseCoopers auprès des administrateurs du CAC 40, publiée par l’Institut Français des Administrateurs (IFA).

Mieux encore, les entreprises considèrent que la RSE fait partie de la mission du Conseil d’administration, et parmi onze composantes de la RSE citées, on note dans le trio de tête : l’impact de la RSE sur le développement à long terme de l’entreprise, le respect des règles et de comportement éthiques par les dirigeant, et l’évolution du climat social dans l’entreprise.

A la question de savoir pourquoi les administrateurs du CAC 40 doivent prendre en compte la responsabilité sociale de l’entreprise, ceux-ci répondent notamment que les ressources humaines sont une source essentielle de création de valeur et que « la gestion du capital humain par le management doit plus particulièrement attirer l’attention du Conseil d’administration. »