RECRUTEMENT : LA RSE FACTEUR CONCURRENTIEL ?
Jeudi 26 juin 2008Il n’y pas de fumée sans feu affirme un dicton, une hirondelle ne fait pas le printemps prétend un autre.
Le recrutement des entreprises françaises semble se pencher plus en plus sur l’engagement et le comportement responsable.
Les fonctions principalement impliquĂ©es dans la mise en Ĺ“uvre d’une dĂ©marche RSE, Ă savoir le management pour la stratĂ©gie de l’entreprise, les ressources humaines bien entendu, le service achat pour la sĂ©lection des fournisseurs et des sous-traitants, le service qualitĂ© pour le choix et le suivi des normes, la production pour les impacts environnementaux et sociĂ©taux, et le marketing pour la communication externe, notamment, chercheraient sĂ©rieusement Ă recruter.
Selon certains, on assisterait Ă un frĂ©missement, selon d’autres Ă une ruĂ©e vers l’or jeune …

De partout, on entend le message prophétique selon lequel les jeunes seraient désormais plus attirés par l’intérêt des missions, ou l’évolution des carrières, que par les rémunérations attractives.
Dans un contexte de forte concurrence la RSE serait devenue un facteur déterminant de compétitivité.
Le comportement social des entreprises se situerait même sur la plus haute cime des critères de sélection des employeurs.
Travailler dans une entreprise en phase avec leurs valeurs personnelles leur permettrait de concilier performance et responsabilité.
A preuve, le Cabinet de Conseil et d’Audit PriceWaterhouseCoopers (PwC) a diffusĂ© deux fois par jour de la mi-janvier jusqu’Ă la mi-avril 2008, sept programmes courts de 1′30 sur la chaĂ®ne d’information LCI. IntitulĂ©s “Questions d’avenirs”, ces programmes montraient des Ă©tudiants filmĂ©s sur 17 campus de grandes Ă©coles et universitĂ©s Ă©changeant avec des enseignants, chefs d’entreprises et associĂ©s de PwC, sur des thèmes portant sur la diversitĂ©, l’Ă©panouissement, le dĂ©veloppement durable et la responsabilitĂ© sociĂ©tale.
A preuve aussi, « l’Université d’Eté des Recruteurs » dans la Région Parisienne qui a récemment eu lieu, et qui permet de s’informer, de se former et de réfléchir sur les enjeux liés au recrutement.
A preuve encore et toujours, les entreprises du CAC 40 qui, dans leur Rapport Sociétal, définissent de plus en plus leur démarche RSE comme un acte managérial, ou qui expriment la volonté de l’inscrire dans une stratégie de management.
Pour le coup, la politique RH, le Marketing RH plus précisément, serait un redoutable outil concurrentiel.
Force est de constater pourtant, qu’en France, contrairement Ă ce qui se passe Ă l’étranger, notamment en AmĂ©rique du Nord et en Grande-Bretagne, eu Ă©gard Ă ces enjeux considĂ©rables, les offres d’emploi sur la RSE peinent Ă dĂ©coller ; alors que, paradoxalement, les offres de formation dans le domaine du dĂ©veloppement durable, s’agissant en particulier des formations de troisième cycle, ainsi que les Masters en Management de la ResponsabilitĂ© Sociale des entreprises, ont augmentĂ© de manière significative.

Selon le Site rsenews.com, bien que les grandes Ă©coles communiquent peu sur les fonctions occupĂ©es par les diplĂ´mĂ©s de troisième cycle, «l’enquĂŞte emploi de la première promotion du Master management du dĂ©veloppement durable du groupe HEC, 37% des diplĂ´mĂ©s occuperaient un poste de chargĂ© de mission dĂ©veloppement durable et 14% un poste de chargĂ© d’Ă©tude dĂ©veloppement durable. »
« Les postes offerts sont peu nombreux au regard du nombre de jeunes diplĂ´mĂ©s Ă la recherche d’un emploi en lien direct avec leur formation. » commente rsenews.
Ce qui tendrait entre autres, peut-être à prouver, qu’en France tout au moins, la définition des postes, des missions et des compétences auraient grand besoin d’évoluer, afin de mieux refléter les défis et les mutations auxquels les entreprises doivent faire face.

