Archive pour juillet 2008

STAGIAIRES : UNE THÉMATIQUE RSE

Mardi 29 juillet 2008

Dans un article daté  du 27/07/08 et intitulé « les sociétés chouchoutent leurs stagiaires », le quotidien Les Echos affirme que les entreprises françaises prennent grand soin de leurs stagiaires.

« Dans un contexte de tension du marchĂ© de l’emploi, les entreprises ont bien compris l’intĂ©rĂŞt que reprĂ©sentent les stagiaires et elles leur portent une grande attention. » y lit-on notamment.

On apprend ainsi qu’il y a, entre autres, 700 stagiaires chaque année chez l’Oréal, 400 chez Danone, et que tout est fait pour qu’ils se sentent comme chez eux.

De l’amont Ă  l’aval, du recrutement des stagiaires pour lesquels on mobilise des Ă©quipes spĂ©cialisĂ©es en passant par leur gestion au quotidien, juqu’aux services qu’ils leur sont gracieusement offerts tels que des formations - marketing RH oblige - , voire des sessions de coaching,  rien vous dit-on et vous le rĂ©pète-t-on n’est trop beau ou trop parfait afin qu’ils puissent s’exprimer, s’épanouir et, en dĂ©finitive, prendre la dĂ©cision de rester au sein de l’entreprise accueillante. N’est-ce-pas lĂ  la finalitĂ© du système ?

Tant de douceur et d’attention, on croit rĂŞver !

On croit d’autant plus rêver qu’il n’y a pas si longtemps encore, la problématique des stagiaires ne se posait pas exactement dans les mêmes termes.

En 2006, par exemple, d’aucuns s’en souviendront peut-ĂŞtre, deux Ă©tudiantes du Master 2 de Management de la RSE de l’UniversitĂ© de Paris XII posaient, dans le cadre d’une Ă©tude, d’une manière insidieuse et faussement naĂŻve, la question :  « La gestion des stagiaires, une thĂ©matique de RSE ? ».

Se faisant largement l’écho de cette étude et de ce questionnement, Novethic le Centre de recherche sur la Responsabilité Sociale d’Entreprise et l’investissement socialement responsable, postait quant à lui le sévère mais objectif commentaire suivant :

« Car si certaines entreprises s’abritent derrière l’absence de contrat de travail pour ne pas se préoccuper d’une gestion plus éthique des stages, leur première responsabilité est de respecter la loi. En la matière, abuser des stagiaires à des fins opérationnelles peut conduire à des sanctions pénales ».

Et d’ajouter : « Les dérives actuelles dénoncées par des stagiaires masqués et regroupés au sein du collectif Génération précaire peuvent-elles trouver leur réparation dans une gestion plus responsable des ressources humaines de l’entreprise ? Une entreprise se disant engagée dans une démarche de responsabilité sociale (RSE) peut-elle utiliser des stagiaires à d’autres fins que celles de leur formation ?»

« C’est à ces questions qu’ont souhaité répondre Caroline Gallais et Marion Juglaret, étudiantes en Master 2 de Management de la RSE (Paris XII), dans le cadre d’un projet de réflexion sur la gestion des stages menée par l’association A2S, association de sensibilisation à un développement durable. Pour comprendre le pourquoi et le comment des abus, les deux étudiantes ont redéfini dans un premier temps le cadre légal du stage, car tout semble partir du vide juridique qui entoure celui-ci. (…) »

Une nouvelle lĂ©gislation est – heureusement ! - venue entre-temps changer considĂ©rablement la donne, qu’il s’agisse notamment :

De la durée du stage – 6 mois maximum incluant les éventuels renouvellements;

De la gratification – obligatoire pour les stages en entreprise d’une durée de plus de trois mois;

De la franchise de cotisations et contribution de sécurité sociale – à hauteur de 12,5% du plafond de la sécurité sociale, soit 379,euros par mois pour un stagiaire présent 35 heures par semaine;

Ou encore de la couverture en cas d’accident du travail.

Personne ne s’en plaindra, et certainement pas les entreprises qui dans cette nouvelle législation ont tout à gagner, tant les stagiaires représentent  pour eux, et à moindre coût, un vivier de talents à nul autre pareil.

Alors, oui, chouchoutons-les nos chers stagiaires, ils le valent bien !

LOISIRS ET HANDICAPS AU SERVICE DE L’INTÉGRATION

Mardi 8 juillet 2008

«  La pratique rĂ©gulière du sport est bĂ©nĂ©fique, elle engendre des amĂ©liorations sur la santĂ©, diminue la mortalitĂ©, limite les pratiques toxicologiques, ralentit le vieillissement et surtout augmente les facultĂ©s d’autonomie. » (Bernard Basset – Directeur gĂ©nĂ©ral adjoint de la santĂ© publique. SĂ©minaire EuropĂ©en FNOMS - Paris nov. 2001)

L’intégration des personnes en situation de handicap dans le monde du travail progresse. Le législateur par les lois de 1987 puis celle de 2005 se fait l’écho de cette volonté de vision uniformisée des travailleurs.

Cependant, la notion de travail synonyme de réussite sociale, s’édulcore. Cette valeur correspond à l’époque des babys boomers, génération diminuant sur le marché du travail pour laisser place à une nouvelle : la génération Y.

En opposition aux générations précédentes , la définition du niveau social ne se fait plus par le travail, lequel passe dorénavant au second plan.

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Avec 48% des français pratiquant un sport, les loisirs et la santé tendent de plus en plus à devenir des    préoccupations phares tant au niveau personnel que sociétal.

Cette tendance est relayée par des campagnes gouvernementales.

Lancée en 2001 « mangerbouger.fr » met ainsi  l’accent sur la nutrition et l’activité sportive. Le cumul de la pratique des deux loisirs, culturel et sportif, progresse  de même, démontrant que cet engouement pour le divertissement devient un élan général.

En pré-période des Jeux Olympiques et post-effervescence de la terre battue et des balles jaunes de Roland Garros, les sports de haut niveau nous tiennent en haleine.

Et quand est-il donc de l’intégration des loisirs pour les personnes en situation de handicap ? Cette notion reste pour la plupart d’entre nous, amateurs de sport ou non, une idée abstraite.

Du foot pour les non-voyants ?! Du rugby pour les personnes en fauteuil ?!

Tout aussi impressionnants mais beaucoup moins connus, les loisirs sportifs adaptés sont trop peu souvent médiatisés.

En parallèle des compétitions internationales pour valides se tiennent des compétitions internationales Handisport, comme le tennis en fauteuil roulant, tournoi dont le rendu visuel et l’ardeur n’ont rien à envier à son grand frère. La quasi-totalité des sports connaissent ainsi leur version handisport.

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Les Jeux Paralympiques , qui vont se tenir du 6 au 17 septembre 2008, représentent l’occasion d’ouvrir un débat :

Celui de l’intégration sociale des personnes en situation de handicap par le sport.

Le sport constitue un loisir social contemporain prépondérant.

Le rythme de vie moderne allonge le temps passé dans les transports, ou celui où nous sommes assis à nos bureaux.

Le stress et les inconforts physiques incitent Ă  nous entretenir davantage.

La pratique d’un sport est d’autant plus importante pour une personne en situation de handicap qu’elle ne l’est pour une personne valide.

Ces activités apportent des techniques de rééducation mais sont, avant tout, des moteurs de socialisation avec des lieux de rencontres et de mixité souvent manquants. Ils sont la scène de valorisation personnelle basée sur la compétence et non plus la déficience, offrant ainsi une réelle motivation d’implication.

L’accessibilité des loisirs sportifs est aujourd’hui orchestrée par un réseau d’acteurs spécifiques. La fédération Handisport  se porte en modèle majeur, rassemblant organismes et compétitions sur toute la France. D’autres organisations œuvrent au niveau national, telle que la Fédération Française du Sport Adapté , comme à des niveaux plus décentralisés avec des Comités Régionaux ou Départementaux.

Ne nous arrêtons pas là ! Combien d’autres synergies pourrait-il encore se créer ?

Et les loisirs ne peuvent-ils pas ĂŞtre pris dans un cadre plus large : celui des loisirs sportifs et des loisirs culturels ?

Porteurs d’enjeux similaires : une affirmation personnelle pour une meilleure intégration sociale. Nul doute, leur accessibilité est à développer.

Justine SERVANT - ADHERE RH - Consultante Accessibilité et Tourisme

PRATIQUES DISCRIMINATOIRES : L’AVEU

Jeudi 3 juillet 2008

En matière de recrutement, il existe, chacun le sait, ou feint de l’ignorer, des pratiques discriminatoires.

Le prĂ©sident de la Halde, Louis Schweitzer, a rĂ©cemment prĂ©sentĂ© les rĂ©sultats d’une Ă©tude, fort controversĂ©e, oĂą la mĂ©thodologie employĂ©e a Ă©tĂ© mise en cause, sur les pratiques discriminatoires des entreprises en France.

Selon cette Ă©tude, en effet, « des diffĂ©rences de traitement ont Ă©tĂ© Ă©tablies de façon statistique pour trois entreprises » : au dĂ©triment des candidats d’origine africaine pour Accor Jobs (site de recrutement du groupe Accor) et au dĂ©triment de l’âge pour le CrĂ©dit Agricole et Mercuri Urval.

Cathy Kopp, la directrice des ressources humaines du groupe Accor a pour sa part « formellement » contesté les résultats des tests.

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Rappelons ici que Cathy Kopp a Ă©tĂ© chef de file du Medef lors de la nĂ©gociation sur la diversitĂ© dans l’entreprise en 2006.

Vraies ou fausses, ces pratiques discriminatoires ? Ce n’est pas à nous d’en juger.

Mais en soi, la révélation publique de pratiques discriminatoires dans les entreprises n’est pas de nature à nous surprendre. Nous ne sommes pas à ce point naïfs.

La Lutte contre les discriminations est une affaire de tous les jours, une lutte toujours recommencée, une lutte qui n’aura jamais de cesse. Les scandales de ce type émaillent les média de façon récurrente.

En revanche, ce qui est surprenant,  c’est d’apprendre qu’une entreprise a fait mener une investigation afin d’évaluer ses process de recrutement et de comprendre dans quelle mesure ils pourraient conduire à des pratiques discriminatoires.

Ce qui plus surprenant encore, c’est que cette entreprise prenne le risque – car risque il y a - de procéder à la publication de ces résultats et à la révélation de ses dysfonctionnements et de ses propres pratiques discriminatoires.

Lorsque, de surcroĂ®t, la rĂ©vĂ©lation provient d’une entreprise reconnue par ailleurs pour son engagement en faveur de la diversitĂ©, l’initiative, le courage serait-on tentĂ© de dire, ou l’honnĂŞtetĂ©, comme on voudra, prend une dimension plus grande et plus haute.

Chapeau ! Voilà ce qu’il est convenu d’appeler un comportement éthique et responsable.

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C’est ainsi que le Groupe Casino vient de rendre public les résultats du testing qu’il a fait réaliser.

Sollicité par la Direction et les partenaires sociaux, le Cabinet ISM Corum a réalisé 1600 tests environ, sur une période d’un an, entre 2007 et 2008 auprès 700 établissements et services en charge du recrutement, soit : supermarchés, hypermarchés, cafétérias, entrepôts, sites de service après vente ou sièges.

D’oĂą il ressort qu’il existe effectivement une diffĂ©rence de traitement sur des postes d’employĂ©s entre les candidatures de personnes d’origine extra-europĂ©enne et les autres.

Cette enquête démontre, pour le moins, outre la détermination sans faille de la direction de promouvoir coûte que coûte  la diversité, la qualité exemplaire du dialogue social au sein du Groupe Casino.

Mais la route sera longue, la Direction du Groupe Casino ne le sait que trop. On ne change pas les mentalités et les confortables pratiques RH d’un seul coup de baguette magique.

Yves Desjacques, le DRH du Groupe Casino, ne s’y est pas trompé qui a notamment déclaré : «  Faire évoluer les mentalités et les pratiques s’envisage à long terme. Cette étude est un nouveau point de départ qui vient conforter notre volonté de poursuivre et de renforcer les actions à mener. »

Et le Groupe Casino, par cet aveu, plus encore que par l’enquĂŞte elle-mĂŞme, de donner une leçon d’éthique et de responsabilité à laquelle bien des entreprises pourraient mĂ©diter.