Archive pour septembre 2008

PERFORMANCE VS DIFFÉRENCE

Mardi 30 septembre 2008

52, ce nombre sorti de son contexte ne veut rien dire. Pourtant il représente des mois, voire des années, de travail, d’entraînement intensif, et de remise question.

52, c’est le nombre de médailles rapportées par la Délégation Paralympique Française présente à Pékin pour la XIIIème édition de ces Jeux, soit 12 médailles de plus que la délégation des athlètes Olympiques.

Coïncidence ou non, 12 est précisément le nombre de titres olympiques remportés cette année par des athlètes  handisport dont les capacités physiques, morales, et humaines ne sont plus à démontrer.

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C’est ce que s’évertue à faire la Fédération Française Handisport et ses sportifs depuis sa création en 1977.

Issue à l’origine de l’Association des Mutilés de France créée en 1954, elle devient en 1963 la Fédération Sportive des Handicapés Physiques de France, avant de devenir la FFH.

Les Jeux Paralympiques ont beaucoup évolué depuis leur première édition de Rome en 1960.

Parmi les changements les plus récents, citons deux événements :

D’une part, l’exclusion des olympiades des compétitions pour handicapés mentaux depuis 2000, au regard de la trop grande difficulté à déterminer le niveau de déficience intellectuelle, et afin d’éviter tout risque de tricherie.

D’autre part, la création depuis 2002, d’un seul et même Comité d’Organisation des JO pour valides et pour personnes handicapées, soit en 2008 le BOCOG (Beijing Organizing Committee for the Olympic Games), afin de ne plus différencier les épreuves et les athlètes.

Mais revenons un peu sur les résultats de cette année à Pékin.

Comment expliquer que les athlètes handisports réussissent mieux que les athlètes « valides » ? Faut-il y voir une plus grande volonté de la part des premiers ?

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Nous serions tentés de le penser, lorsque l’on assiste notamment à des épreuves où même la meilleure nageuse française a affiché son manque de forme, son découragement, à moins qu’il ne s’agisse d’une déprime.

Trop gâtée Laure Manaudou … ?

Le sport est souvent perçu par les athlètes handicapés comme un moyen de se surpasser.

Le sport a cet avantage qu’il permet de faire tomber les idées reçues, de fédérer les personnes autours d’un objectif commun, dans le respect des règles, et de l’autorité (l’arbitre).

D’où son usage comme outil de sensibilisation dans les entreprises.

Lorsqu’on n’a pas la chance de faire partie de ces sportifs de haut niveau qui sont payés à coup millions de millions d’euros par leurs sponsors, il ne nous reste plus que la hargne et le désir de vaincre afin de réussir et de se faire une place dans un monde où il est encore, aujourd’hui, difficile d’être « différent  ».

Il n’y a qu’à comparer la couverture médiatique des Jeux Paralympiques par rapport à celle des Jeux  Olympiques.

On apprécierait que la transmission télévisuelle des prochaines Para Olympiades de 2012 à Londres soit assurée en prime time.

Une prĂ©cision de taille : Sait-on qu’il a fallu attendre les Jeux de 2008 pour voir  les athlètes  Handisports mĂ©daillĂ©s français rĂ©compensĂ©s par des primes Ă©gales Ă  celles des athlètes valides ?

Geoffrey MOIREAU – ADHERE RH – Consultant RH

POUR DES UNIVERSITÉS ACCESSIBLES

Mardi 23 septembre 2008

C’est la rentrée. Une nouvelle année scolaire et universitaire commence.

Selon les classes intégrées, des choix qui orienteront le reste du parcours devront être faits. En effet, la classe de 4ème peut être technologique ou générale, le lycée comporte des dizaines de voies de spécialisation soit dans les filières pro, soit dans les voies générales, les universités se déclinent en autant d’options que de thèmes imaginables.

Une palanqué de questions se posent : Quelles envies ? Quelles facilités ? Quelle carrière ?

D’autres facteurs rendent l’orientation encore plus compliquée. Des diplômes sont exigés aujourd’hui sur le marché du travail ! La majorité des annonces le stipule, les employeurs cherchent des compétences reconnues, voire de l’expérience. Les études sont donc de plus en plus longues et les grades de sorties d’universités comptent souvent des masters au niveau BAC+5.

Parmi ces étudiants, on trouve des personnes en situation de handicap voulant suivre un enseignement universitaire ou une formation professionnelle.

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Or, les chiffres sont là, sur 840 000 travailleurs handicapés un tiers n’est titulaire d’aucun diplôme, et seuls 12% possèdent un diplôme d’enseignement supérieur.

Les demandes des entreprises de personnes surdiplômées ne correspondent donc pas au vivier existant. En conséquence, l’intégration professionnelle de personnes souffrant d’une déficience est relativement difficile.

Ce constat met un lumière un problème majeur : l’accessibilité du milieu universitaire français.

En effet, les universités n’étant pas accessibles, les obstacles à la poursuite des études se trouvent multipliées pour les personnes déficientes. Des aménagements des bâtiments sont nécessaires afin de respecter le principe d’égalité des chances énoncé dans la loi du 11 février de 2005, et permettre à chacun d’accéder au niveau de scolarisation de son choix.

L’ouverture des universités pour tous a néanmoins commencé. Une charte Handicap/Université signée en 2007 prévoit la mise en place de dispositifs d’accueil pour les étudiants handicapés. De plus, la mise aux normes d’accessibilité des locaux recevant du public a été fixée en 2015, date limite.

Les études supérieures seront bientôt - enfin! - accessibles au plus nombre.

Justine SERVANT - ADHERE RH - Consultante Accessibilité et Handicap

ACTUALITÉS RSE

Vendredi 12 septembre 2008

La responsabilitĂ© sociale des entreprises est une dĂ©marche suffisamment riche et complexe, c’est-Ă -dire multiforme, pour se prĂŞter Ă  toutes sortes de dĂ©veloppements, fussent-ils parfois les plus inattendus.

Nous en voulons pour preuve la forte actualité qui a fait la une des médias durant la période estivale du mois d’août et celle du début septembre.

Où l’on apprend tour à tour, et pêle-mêle, qu’une étude de WWW-UK paru fin 2007 cherche à démontrer à l’Industrie du Luxe son intérêt à s’engager dans une stratégie RSE ;

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Que les grandes fortunes – plus de 1 million d’euros sous gestion, rien moins que cela  -  ont compris tout l’intérêt qu’elles avaient à placer leurs actifs dans des investissements socialement responsable;

Qu’une norme internationale, ISO 26000, dont la finalisation est programmée pour 2010, et ayant pour objectif la traduction de la RSE en une série de règles pratiques, est en voie de gestation;

Et que vient de sortir un livre intitulé « Ce que le bouddhisme peut apporter aux managers » , éd. Vuibert, signé par le leader spirituel du Bouddhisme, et chef du gouvernement tibétain en exil, le Dalaï Lama, et Laurens van den Muyzenberg;

L’ouvrage explore les apports du bouddhisme aux rôles et missions du manager. Parmi les sujets abordés, les thèmes sociétaux tels que la pauvreté et l’environnement.

On s’étonne à peine des résultats de l’enquête réalisée par le Forum Européen d’investissement socialement responsable, Eurosif, rendue publique le 2 septembre, selon lesquels les plus grandes fortunes d’Europe ont placé 8% de leurs actifs dans des investissements socialement responsable en 2007, soit la coquette somme de 540 milliards d’euros.

Une récente étude d’IBM, auprès de 1130 PDG de grandes d’entreprises de 40 pays, couvrant 32 secteurs d’activité, ne montrait-elle pas, en effet, que ceux-ci comptaient augmenter de façon considérable – près de 25% -  leurs investissements dans la responsabilité sociale au cours des trois prochaines années ?

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Personne n’est dupe.

Il est clair que l’intérêt de plus en plus croissant des grandes fortunes pour l’investissement socialement responsable n’est pas seulement motivé par des préoccupations éthiques.

Le retour sur investissement paraît plus que prometteur, au vu des mutations profondes auxquelles on assiste, qu’il s’agisse de la flambée du prix du pétrole ou de la montée en puissance des énergies alternatives.

On a gardĂ© la nouvelle la plus surprenante de l’Ă©té pour la fin :

Figurez-vous que l’armée chilienne vient de publier son premier rapport de responsabilité sociétale - qui rend compte de « la contribution institutionnelle de l’armée au développement économique, social et environnemental du pays. »

Vous avez bien entendu. On vous le jure, ce n’est pas un canular. Pinochet s’il Ă©tait encore parmi nous serait, Ă  tout sĂ»r, mort de rire.

Ah, si les toutes les armĂ©es se mettaient Ă  la RSE, nul doute que l’avenir du monde s’annoncerait radieux. On aimerait tant connaĂ®tre l’avis du DalaĂ® Lama sur ce sujet.