Archive pour octobre 2008

CULTURE, LOISIRS, TOURISME ET HANDICAP

Vendredi 31 octobre 2008

L’étymologie du mot tourisme nous en laisse entrevoir les prémices. Créée au 18ème siècle et insufflée par la population britannique bourgeoise, la tendance du «Great Tour », représentait une pratique élitiste dont le concept était l’ouverture de l’esprit par la découverte de nouvelles cultures pendant une période donnée généralement à la fin du parcours universitaire.

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Le premier choix de destination fut la France.

En effet, la multi culturalité, la possibilité de découvrir la quasi-totalité des types de paysages (littoral, montagnard, rural et enfin urbain), la position géographique européenne carrefour et enfin, l’échelle humaine du pays constituaient un ensemble d’arguments faisant de la France une destination incontournable.

Ensuite, le tourisme se popularisa peu à peu, il devint une demande de vacances émanant de l’ensemble de la population et finit par être, au 20ème  siècle,  considéré comme un droit dû à chacun.

Les loisirs sont devenus des composants identitaires permettant de se différencier voire de se réaliser.

Le « tourisme et handicap », ou tourisme adapté, ne se développe pas pour autant à la même vitesse que le tourisme dit « de masse ». Ce n’est qu’en 2001, que le label « Tourisme et Handicaps » voit le jour afin d’assurer un niveau de qualité et d’accessibilité dans les sites touristiques.

Cependant, en visant l’efficacité, le changement ne doit-il pas être à la fois externe et interne ? L’insertion professionnelle des travailleurs handicapés dans les secteurs du tourisme, des loisirs et de la Culture est aujourd’hui une pratique peu répandue ou peu communiquée.

L’obligation d’emploi d’emploi de 6% de la loi 1987, obligeant toutes les entreprises de plus 20 employĂ©s en Ă©quivalent temps plein, a permis d’instaurer un dĂ©but de nouvelle approche du recrutement.

Le mouvement n’est cependant pas unanime.

La conférence que le Cabinet ADHERE RH  anime le 18 Novembre 2008, « L’emploi des travailleurs handicapés dans le secteur du Tourisme et des Loisirs et de la Culture », sera l’occasion de mettre en lumière ces enjeux.

adapt-blog.gifElle sera organisée à Paris dans le cadre de la 12ème Semaine pour l’emploi des personnes handicapées.

En partenariat avec l’Association HF Égalité, et avec le soutien du Conseil Régional de l’Ile de France.

Référencée sur le Site de l’ADAPT, elle sera la scène d’échanges et de témoignages nous permettant d’appréhender concrètement la synergie des compétences professionnelles de la Culture et du Tourisme avec le handicap.

Avec notamment la participation de :

Philipe CONSOLINO, Université des Sciences Sociales de Toulouse, Sociologue, Enseignant-chercheur, Professeur agréé de l’IPST-CNAM, Chargé de Recherches au LEREPS-GRES

Alice LOPEZ, Centre d’Orientation Sociale et Centre de Réadaptation Professionnelle et de Formation (COS –CRPF), Conseillère en Insertion

Jean-Paul PERBOST, Centre des monuments Nationaux (CMN), ConfĂ©rencier et Responsable de l’Antenne pour le public sourd.

Et le grand témoignage de :

Anne RADOVICK, CLUB MED,  Chargée de Mission Handicap

Josef SCHOVANEC, Association ASPERGER AIDE de France, Secrétaire Général

Nous serons amenés à constater que L’Emploi de Travailleurs handicapés dans les secteurs de la Culture, des Loisirs et du Tourisme comporte de nombreux enjeux : une valorisation de l’image parfois controversée du tourisme, une approche diversifiée du management dans les entreprises des loisirs, et une nouvelle conception des divertissements culturels et touristiques adaptés, permettant une ouverture vers de nouveaux marchés.

Justine SERVANT - ADHERE RH - Consultante RH

FAIM, VIOLENCE, DROITS DE L’HOMME : DESTINS CROISÉS

Jeudi 16 octobre 2008

Trois anniversaires se télescopent sur l’agenda décidemment très chargé des événements et des rendez-vous  internationaux, avant que la tourmente bancaire et financière ne vienne tout remettre en question.

la Faim, la Violence, et les Droits de L’Homme se disputent les honneurs des grands de ce monde.

Côté faim d’abord. La journée mondiale de l’alimentation a été célébrée mercredi 15 octobre dans plus de 150 pays, sur le thème de « la sécurité alimentaire mondiale », alors que la faim progresse de façon alarmante dans le monde.

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Décidée en 1979 par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la journée mondiale de l’alimentation, en est à sa 28ème édition.

En France, l’ONG Action contre la Faim a invitĂ© toutes les personnes de bonne volontĂ© Ă  se figer (freeze) pendant quelques minutes dans une vingtaine de villes en France, parmi lesquelles Angers, Brest, Caen, Cherbourg, Nantes et Rennes, afin de  « symboliser l’immobilisme qui laisse des millions d’enfants mourir ».

Jacques Diouf, Directeur GĂ©nĂ©ral de la FAO, a dĂ©clarĂ© que la faim dans le monde touchait aujourd’hui de 923 Ă  925 millions de personnes contre 850 millions avant la flambĂ©e des prix et les Ă©meutes qui l’ont suivie au printemps 2008.

Le Directeur GĂ©nĂ©ral de la FAO n’y est pas allĂ© de main morte. Il a montrĂ© du doigt les dirigeants du monde et les a accusĂ©s d’avoir ignorĂ© les avertissements lancĂ©s par la FAO ; il a affirmĂ© que ni leur volontĂ© politique ni les moyens n’étaient au rendez-vous afin de faire face aux enjeux de la faim dans le monde.

L’investissement dans l’agriculture entre 1980 et 2006 est tombĂ© de 17% Ă  3% selon la FAO, alors que la population mondiale a augmentĂ© durant cette pĂ©riode de 78,9 millions chaque annĂ©e !

En aoĂ»t 2007, le Programme alimentaire mondial  avait annoncĂ© la mise en oeuvre d’un programme d’aide pour lutter contre la crise alimentaire de 142 millions d’euros dans 16 pays particulièrement touchĂ©s par la faim.

La crise alimentaire mondiale rend de plus en plus illusoire l’un des principaux objectifs du « Développement pour le Millénaire » (OMD) adopté par l’ONU en 2000.

L’aide alimentaire internationale est tombée en 2008 à son niveau le plus bas depuis 40 ans.

Sait-on par exemple que les biocarburants ont privĂ© le monde de 100 millions de tonnes de cĂ©rĂ©ales comme le maĂŻs ou le blĂ© qui pourraient servir Ă  l’alimentation ?

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Côté violence ensuite. Autre anniversaire, autre célébration, à New York, l’Assemblée Générale des Nations Unies a célébré le 2 octobre 2008 la deuxième édition de la journée internationale de la non-violence

« Puisse le Mahatma Gandhi nous inspirer dans l’accomplissement de notre mission », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon.

« C’est une journée très importante, dont le but principal est de nous inviter tous à réfléchir sur la méthode de lutte utilisée par l’un des plus grands êtres humains de toute l’histoire, Mahatma Gandhi, afin d’obtenir la libération de l’Inde », a déclaré pour sa part le Président de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, M. Miguel d’Escoto Brockmann (Nicaragua).

Évoquant les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier l’éradication de la pauvreté et de la faim, le Ministre a rappelé que, pour Gandhi, « la différence entre ce que nous faisons et ce que nous sommes capables de faire suffirait à résoudre la plus grande partie des problèmes du monde ».  Cette différence énorme devrait nous stimuler pour les sept ans qui restent avant l’échéance de 2015 pour réaliser les OMD, a souligné M. Mukherje, Ministre des affaires étrangères de l’Inde.

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CĂ´tĂ© Droits de L’Homme pour terminer.

On voudrait croire de toutes ses forces que les Journées internationales de la non-violence  et de l’alimentation puissent revêtir cette année, en pleine crise financière, une importance particulière.

Tandis que l’on célèbre  le 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de L’Homme.

CAPITALISME FLAMBOYANT ET RSE CHANCELANTE

Mercredi 8 octobre 2008

La vague sans précédent de faillites d’institutions qui s’est abattue et continue de s’abattre sur la planète financière, et qui avait commencé – l’aurait-on oublié ? - le 18 juillet 2007, avec la Bear Stearns, première victime de la crise des subprimes (prêts hypothécaires), aux Etats-Unis, provoque panique et désarroi.

Les bourses du monde entier plongent, la défaillance généralisée du système bancaire mondial ne cesse d’inquiéter les investisseurs, les épargnants s’affolent, les agences de notations sont sévèrement critiquées, les gouvernements et chefs d’état se mobilisent …

Le capitalisme semble en crise, et l’on s’interroge.

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Au-delà des plans de sauvetage – 700 milliards de dollars, rien qu’aux USA -  des nationalisations, ainsi que du coût réel ou supposé de ces dernières, voire de l’impact de ceux-ci et de ceux-là, en termes d’efficacité à court, moyen, ou long terme, au-delà même des polémiques relatives aux responsabilités individuelles de cette gigantesque débâcle, peut-on dire que l’on assiste à l’effondrement des fondements et concepts du capitalisme éthique ?

Les principes éthiques qui ont accompagné la naissance du capitalisme seraient-ils devenus obsolètes avec le capitalisme triomphant de la fin du XXème siècle et, surtout, le capitalisme flamboyant de ce début du XXIème siècle?

L’onde de choc de la crise atteindrait même – qui l’eût cru ? –, d’une part les clubs de football, et d’autre part, les oligarques russes installés à Londres !

On apprend ainsi, dans Le Monde daté du 7 octobre 2008, que les clubs anglais, premiers touchés par la crise financière, sont endettés ; que les banques Fortis, sponsors du club Anderlecht, et rachetés par BNP Paribas en Belgique et au Luxembourg, pourraient réduire de façon drastique les budgets footballistiques; mais également que « la baisse du pouvoir d’achat des supporteurs (horreur !) inquiète les clubs. »

En France, peut-on croire que la mise en place du « Code de gouvernance » concocté par le MEDEF, et qui prévoit notamment la mort des parachutes dorés, ces indemnités de départ généreusement allouées aux patrons qui ont lamentablement échoué, va bouleverser les notions de comportement éthique ?

On entend de partout l’urgent et pathĂ©tique appel Ă  plus de rĂ©gulation.

Difficile de rester confiant lorsqu’on constate que même l’élaboration tant attendue de la norme internationale « ISO 26000 » dont l’un des objectifs est de clarifier le concept et la démarche de RSE et de définir une terminologie commune à tous les pays du monde pose problème, et prend du retard.

Car, comme l’a souligné Frédéric Tiberghien, Président d’honneur de l’ORSE (Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises), « la définition de ce qu’est la responsabilité sociétale diffère fortement selon les pays et les cultures, et donne lieu à des débats interminables (…) ».

On espère de tout coeur que ces débats vont trouver une issue favorable pour le bénéfice de tous, et que finalement ce n’est que reculer pour mieux sauter.

Pas dans le vide comme en 1929.