PINOCCHIO SUR LES PAS DE SHERLOCK HOLMES
Jeudi 27 novembre 2008Beaucoup d’analystes et d’observateurs, en France comme à l’étranger, se posent la question de savoir si la crise financière va ralentir ou, au contraire, accélérer les démarches de responsabilité sociale des entreprises.
Avant de tenter de répondre à cette question, il n’est pas interdit selon nous de se poser une autre question : A qui profite la crise ?
Car, comme chacun le sait, en temps de crise, il existe des opportunités. Il y aura nul doute, comme à chaque fois, beaucoup de perdants et, seulement, quelques gagnants.
Pour ne prendre qu’un exemple, des deux cĂ´tĂ©s de l’Atlantique, ainsi qu’au Japon, on entend dire que l’industrie automobile serait la première victime de la crise. Les ventes s’effondrent et les fermetures d’usines se multiplient.
Soit. Mais à qui fera-t-on croire, d’une part que l’industrie automobile est la première victime de la crise financière, et, d’autre part, que ses difficultés ne datent que depuis la crise des subprimes ?

Alerte Ă la crise ! Au secours ! Le PDG de Ford brandit la menace de la faillite, celui de GĂ©nĂ©ral Motors affirme que la survie de l’entreprise est menacĂ©e.
Plus près de nous, le PDG de Renault-Nissan dĂ©clare que «2009 sera l’une des annĂ©es les plus difficiles pour notre industrie depuis 50 ans ». Pauvres de nous, mais qu’allons-nous devenir ?
La crise, la crise, la crise ! On n’entend plus que cela.
La crise a bon dos, elle permet à des pans entiers de l’activité économique d’essayer de s’en tirer à bon compte, et à certains dirigeants de se dédouaner de leurs responsabilités, voire de tenter de faire oublier leurs errements et leurs inconséquences.
Après les banques et l’industrie automobile, la liste des secteurs d’activité touchés par la crise n’arrête pas de s’allonger, jour après jour. On apprend ainsi que même le marché de l’Art et l’industrie du luxe enregistrent un ralentissement très sensible de leurs activités. C’est vous dire !
Peut-on imaginer un instant que tous les Etats du monde vont se mobiliser, comme un seul homme, afin d’intervenir massivement et les soutenir ? Inconcevable.
Même si crise il y a – on ne peut certes le nier – le cynisme de certains est patent et frise parfois le scandale. La crise aidant, on en profite pour annoncer des plans de licenciement, de restructuration, de réductions de coût, ou de baisses de salaires, qui dormaient depuis quelque temps déjà  dans les tiroirs et n’attendaient que le bon moment pour se réveiller et surgir. Comme par hasard.
QualifiĂ©e presque unanimement par les mĂ©dias, les Ă©conomistes et les experts de tous acabits de crise du capitalisme, on entend dire ici et lĂ que la crise a au moins le mĂ©rite de mettre les dĂ©marches de responsabilitĂ© sociale Ă l’honneur, une place centrale en quelque sorte, Ă l’heure ou beaucoup semblent s’inquiĂ©ter de l’absence de cadre juridique prĂ©cis et de normes internationales d’une part, et du fossĂ© qui sĂ©pare parfois les discours et les actes d’autre part.

C’est pour dénoncer ce fossé que Les Amis de la Terre, Association de protection de l’Homme et de l’Environnement, qui se donne pour objectif de promouvoir une société écologiquement viable et socialement équitable, organise les «Prix Pinocchio du développement durable».
Les Amis de la terre mène de nombreuses campagnes afin de faire pression sur les décideurs publics et privés, et de sensibiliser le public sur les grandes problématiques environnementales.
Les Prix Pinocchio visent à montrer du doigt les entreprises dont le discours est « faussement » développement durable.
Tiens, tiens! Voilà que nous vient une perfide idée.
Et si on chargeait Pinocchio de traquer les entreprises qui profiteraient « faussement » de la crise ?



