Archive pour mars 2009

L’ÉVOLUTION DE LA PARITÉ FACE A LA CRISE

Lundi 23 mars 2009

En temps de crise comme en temps de guerre, le nombre de victimes est important et se compte de toutes parts ! Les soldats, la population civile et l’ennemi ont des pertes. Toutefois elles ne se dénombrent pas de la même manière.

Nous pouvons aujourd’hui le dire, nous ne serons pas tous égaux face à cette débâcle sociale et financière qui touche l’Europe depuis le 15 septembre 2008. Tous, à plus ou moins long terme et à des degrés divers, seront touchés par cette crise internationale. Cependant les impacts ne seront pas identiques pour tous. Notamment face à l’emploi.

Parmi les pertes, un cas particulier ressort : L’emploi des femmes.

A l’heure où l’égalité professionnelle fait parler d’elle, et où les préoccupations de parité sont au cœur des débats, deux tendances sont observables. D’une part la réalité de la crise et d’autre part la théorie législative.

Le Bureau International du Travail (OIT) vient de publier un rapport annonçant que le taux de chômage des femmes durant l’année 2009 augmentera encore passant ainsi à “au moins 6,5% selon le scénario le plus optimiste, et 7,4% pour le plus pessimiste”. Les prévisions même optimistes, rappellent tout de même la difficulté pour les femmes d’accéder à un emploi stable ou à responsabilités.

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La prédominance des emplois précaires, de type CDD ou intérim, étant occupés majoritairement par des femmes, la perspective de prévisions favorables reste faible.

Effectivement, plus facilement gérables en temps de crise, il y a fort à parier que les non–renouvellements de ces contrats soient de plus en plus nombreux.

L’actualité le prouve régulièrement, les premiers impacts en termes d’emploi ont été répercutés sur les secteurs industriels où une majorité d’hommes est en poste.

Les secteurs associés aux services, où une part importante des postes est détenue par des femmes, ne tarderont pas à suivre ce déclin. Une vision en soit négative.

Pourtant d’autre part, nous pouvons constater que la réalité législative est tout autre.

2010 est attendue comme l’année de la parité Homme Femme dans le milieu professionnel. En effet, l’obligation de publication d’un « Rapport de situation comparée » a été instaurée en 2008 pour les entreprises de plus de 50 salariés.

Sous réserve de la signature des décrets statuant les modalités, 2010 sera l’année du début de l’application des sanctions en cas de non respect de l cette obligation.

Nous avons donc une mesure législative qui vise à une amélioration de la répartition de la situation professionnelle se dessinant sur un fond nuancé et flou de crise de l’emploi. Les résultats sont aujourd’hui plus que jamais, incertains. Un bon nombre important de questions reste en suspens, parmi lesquelles :

Le décret statuant les sanctions passera t-il malgré ce fond de crise ?

Le mouvement de parité s’enclenchera t-il ?

Les hommes et les femmes seront-ils égaux quant au retour à l’emploi ?

L’espoir est permis avec un nuage de prudence toutefois.

Justine SERVANT

LA RSE ET LES SALARIÉS DU CAC 40

Mercredi 4 mars 2009

Depuis le déclenchement de la crise financière et économique, on entend dire de partout que le capitalisme éthique est remis en question. Toute la question étant, bien sûr, de savoir, premièrement ce qu’est l’éthique, deuxièmement ce qu’est le capitalisme éthique, et enfin troisièmement si le capitalisme peut véritablement rimer avec l’éthique.

L’éthique, a-t-on coutume de dire, du moins depuis le constructeur automobile américain Henry Ford (1863-1947), c’est la responsabilité qui va de pair avec la réussite.

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Aujourd’hui, le « discours » éthique, et non  plus seulement l’éthique, a plutôt tendance à servir de justification à la coupure radicale qui s’est installée entre l’économique et le social.

Au point, même, qu’on peut légitimement à la lueur de la crise, se poser la question suivante : Le terme de  « capitalisme éthique » serait-il un oxymore ? Rappelons qu’un oxymore, ou un oxymoron, comme ou voudra, est une figure de style permettant de réunir deux mots en apparence contradictoires.

En prologue de son ouvrage intitulé « la tentation éthique du capitalisme », éditions La Découverte, Anne SALMON philosophe et sociologue, Maître de conférences associé à l’université de Caen (Centre Maurice-Halbwachs-Unité mixte CNRS/EHESS/ENS/Université de Caen), écrivait notamment ceci :

« Si l’éthique est identifiée à une question managériale abstraite dans la mesure où elle ne touche pas véritablement le coeur des pratiques et des conditions de travail, elle risque de paraître bien futile aux salariés (c’est nous qui soulignons). »

Puis, elle continue : « Est-elle condamnée (l’éthique) à cette superficialité ? Et, sinon, par quels biais peut-elle constituer l’un des nouveaux leviers pour réinterroger le travail et la solidarité ? »

L’étude récemment publiée par Novethic, et  intitulé « Quelle place pour la mobilisation des salariés dans les rapports développement durable du CAC 40 ? » permet de mieux mesurer la pertinence du questionnement d’Anne Salmon.

Réalisée à partir des rapports « Développement Durable » que les entreprises du CAC 40 ont l’obligation de publier chaque année, depuis l’entrée en vigueur de l’article 116 de la loi NRE, en 2002, cette étude s’est donnée pour objectif de mesurer la place qu’occupent les salariés autour de la mobilisation de la RSE et de ses enjeux.

Bien que cette étude concerne les rapports « Développement Durable » portant sur l’exercice 2007, mais publiés en 2008, et que ses résultats arrivent après la survenue de la crise financière et économique mondiale, elle nous aide à mieux comprendre, une fois encore, d’une part le fossé considérable qui sépare les discours des comportements et des pratiques, et, d’autre part, celui qui sépare les salariés du management. Qu’est-ce que cette étude nous apprend ?

Alors qu’on demande aux salariés de se mobiliser, de se motiver, et de s’impliquer toujours davantage, afin d’atteindre les objectifs et de faire face à la concurrence toujours grandissante, que le malaise social est prégnant et que les conditions de travail, quoiqu’on en dise, sont difficiles quand elles ne se détériorent pas, les rapports des entreprises du CAC 40, « laissent peu de place à l’expression des salariés » peut-on lire ;

Et alors que le déploiement d’une stratégie RSE nécessite, s’agissant des  « parties prenantes », la mobilisation des salariés, il s’avère que « l’implication des collaborateurs n’est toujours pas présentée comme un enjeu stratégique ».

On a bien compris à la lecture des conclusions et constats de cette étude, que les entreprises du CAC 40, toutefois leurs dirigeants, ne jugent nullement utile d’accorder à leurs salariés la place qui leur revient, sans laquelle pourtant l’éthique risque ne n’être, au pire qu’un vain mot, au mieux qu’un concept seulement intelligible par quelques privilégiés.

A moins que la crise, dans son aspect salutaire, ne les oblige à interroger leurs pratiques et à réévaluer la dimension humaine de leur modèle économique.