DISCRIMINATIONS AU RECRUTEMENT

La chambre criminelle de la Cour de cassation a donc confirmé les condamnations des Laboratoires Garnier, la société de travail temporaire Adecco et sa filiale Ajilon - anciennement Districom -, à 30.000 euros d’amende, chacun, pour discrimination raciale.

On se souvient peut-être de cette affaire qui avait fait grand bruit à l’époque. L’association SOS-Racisme avait produit un fax daté du 12 juillet 2000 envoyé à des agences d’intérim par Mme Coulange, employée de Districom, une filiale d’Adecco chargée de monter des opérations promotionnelle ;

Ce fax détaillait le profil, le parcours et les compétences des hôtesses recherchées pour faire la démonstration de nouveaux produits. On pouvait notamment y distinguer le curieux sigle « BBR », a priori anodin, mais qui en réalité avait une signification déterminante, puisqu’en message codé il signifiait « bleu, blanc, rouge ».

Pour les personnes candides, et celles qui ne comprennent pas, ou ne comprennent qu’à moitié, les nombreuses subtilités, ainsi que les nombreux subterfuges utilisés dans certains process de recrutement, afin de contourner les lois, il est bon de préciser que « bleu, blanc, rouge » était le discriminant visant à écarter les candidates de couleur.

babel24.jpg

Les Laboratoires Garnier, numéro un des produits de beauté naturels en Europe, et l’une des marques internationales du groupe L’Oréal, est leader dans les soins capillaire, les soins du corps, ainsi que dans celle de la coloration.

Le Groupe L’Oréal a aussitôt rejeté les accusations de discrimination. L’entreprise exprime « sa conviction que la différence et la diversité sont une source de richesse et de créativité pour tous, ne tolère aucune forme de racisme ou de discrimination » ; et fait remarquer qu’elle a obtenu le Label Diversité.

Il ne faudrait pas chercher à trop moraliser la condamnation des Laboratoires Garnier.

Car, ce n’est peut-être pas tant la moralité des individus qui est en cause, ni la bonne foi de l’entreprise, ici comme ailleurs, mais bien le fonctionnement d’un système dans lequel les leviers de contrôle et de régulation n’existent pas, ou ne sont pas actionnés, à moins qu’ils aient été mal actionnés.

La discrimination fondée sur l’origine n’est-elle pas la forme de discrimination la plus répandue en Europe ?

Ce n’est nul hasard. Elle est la conséquence d’un rapport entre deux formes de cultures, dans lequel l’une a longtemps occupé sans partage la position de dominant.

Les imaginaires constitués de manière conflictuelle depuis des siècles, continuent de nourrir les représentations, et les préjugés, et, également, de légitimer les discriminations directes ou indirectes.

4 commentaires pour “DISCRIMINATIONS AU RECRUTEMENT”

  1. Tendances RH dit :

    Longtemps opposé à la discrimination positive aujourd’hui je pense que la France ne réalise pas le mal qu’elle fait, qu’elle produit et qu’elle subit elle même. La discrimination positive (pendant un temps) peut aérer ce système de recrutement (que je connais assez bien puisque moi même je suis dans les ressources humaines) et ne plus asphyxier une partie de ses (La France) enfants.

    Il y a quelques temps j’écrivais également sur le sujet:
    http://www.tendancesrh.com/article-34258121.html

  2. Junior dit :

    Mettre en cause le système et non les hommes. Dont acte

    Excepté qu’en Belgique la même condamnation a été prononcé à l’encontre d’Adecco et Garnier.

    Sans oublier la condamnation de la société d’hotesse Daytona qui fournissait en personnel Garnier, le donneur d’ordre.

    De troublantes coïncidences…

  3. Fafa dit :

    Bonjour, je pense que la discrimination positive n’est pas le bon moyen de faire intéger dans les entreprises “les enfants de la France” issus de l’immigration notamment. Il faut responsabiliser les entreprises en continuant la chasse aux sorcières pour donner l’exemple. Je pense que le recrutement doit se faire au mérite de chacun et non pas parce que l’on a des “quotas” à repsecter.

  4. Mathilde et Léa Université Paris 13 dit :

    En effet, la discrimination reste un problème très présent et il est difficile de prouver que l’on a été victime de discrimination lors de l’embauche.. Les entreprises devraient se mettre en tête que le fait d’être un bon candidat ne repose pas sur l’origine mais plutôt sur les connaissances et les compétences.

Laisser un commentaire