Gestion des Talents et RSE

L’adéquation entre les compétences actuelles et celles de demain est une nécessité hautement stratégique pour l’entreprise, d’autant plus si cette dernière souhaite s’engager dans une démarche RSE.

Évaluer l’ensemble des compĂ©tences indispensables pour assurer sa prospĂ©ritĂ© et sa pĂ©rennitĂ©, ainsi que les compĂ©tences issues de la nouvelle Ă©conomie centrĂ©e sur la durabilitĂ©, c’est-Ă -dire une Ă©conomie de plus en plus mondialisĂ©e, et confrontĂ©e d’une part  Ă  des pĂ©nuries de ressources et d’Ă©nergie, et, d’autre part, Ă  des contraintes de normes et de sĂ©curitĂ© au plan social, sociĂ©tal et environnemental, ainsi qu’aux attentes des Parties Prenantes, c’est tout le dĂ©fi ce ce qu’il est convenu d’appeler la Gestion des Talents.

Selon les conclusions d’une Ă©tude internationale rĂ©alisĂ©e, fin 2009, par The Economist Intelligence Unit (EIU), pour le compte du Cabinet StepStone Solutions, portant sur 400 dirigeants de grands Groupes, la reprise Ă©conomique qui en dĂ©pit des Cassandre et des sceptiques semble pointer Ă  l’horizon, risque de se heurter Ă  une pĂ©nurie de talents.

Et selon Matthew Parker, Directeur Général de StepStone Solutions: « Les entreprises se trouvent à un carrefour en matière de Gestion des Talents. C’est aujourd’hui qu’elles doivent choisir de mettre en place les actions qui s’imposent pour créer, maintenir et développer leurs viviers de talents à l’échelle internationale. Si elles choisissent de ne rien faire, il est certain que cela entraînera une fuite progressive de leurs ressources clés et une baisse inévitable de leur performance ».

Une autre étude, réalisée en Europe par SD Worx,  en 2009, montre que près de 75% des entreprises françaises interrogées affirment avoir formalisé une « Stratégie de gestion des talents » ou « prévoient » de le faire dans les deux années à venir. 52% des DRH français jugent, par ailleurs, la Gestion des Talents « essentielle » pour la réussite de l’entreprise.

Le Boston Consulting Group et la Fédération mondiale des Associations de Direction du Personnel (WFPMA) avaient pour leur part, publié les résultats d’une étude menée entre janvier et novembre 2007, auprès de 4 700 cadres dirigeants dans 83 pays.

Selon celle-ci, dans neuf pays, la capacité des entreprises à recruter des hauts potentiels - managers, spécialistes ou techniciens – est considérée comme une priorité. Il s’avére que les DRH américains et chinois sont les plus impliqués dans la Gestion des Talents.

Autre fait marquant de cette étude, dans 10 pays l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle est considéré comme l’un des principaux défis en matière RH, voire une nécessité incontournable pour les entreprises souhaitant fidéliser les talents, en l’occurrence celles et ceux affirmant que le salaire n’est pas leur seule motivation ou leur motivation principale.

L’étude publiĂ©e mi-avril 2009 par Krauthammer est, en revanche, la seule Ă  notre connaissance, Ă  s’inscrire en faux avec  cette tendance gĂ©nĂ©rale, puisque leurs auteurs ont affirmĂ© : « Nous avons observĂ© que la RSE jouait un rĂ´le mineur dans le recrutement et la fidĂ©lisation ».

Ceci précisé, on aurait tort, selon nous, de penser que la Gestion des Talents ne concerne que les jeunes diplômés  et les Hauts potentiels. En réalité, elle concerne l’ensemble des collaborateurs d’une entreprise.

On profitera de l’occasion pour affirmer que nous ne saurions souscrire Ă  l’idĂ©e d’une « Guerre » des talents. Nous prĂ©fĂ©rerions  plutĂ´t parler de « Gestion Dynamique des Talents », un intitulĂ© qui nous semble de surcroĂ®t possĂ©der l’avantage d’être plus en cohĂ©rence avec les valeurs vĂ©hiculĂ©es par les concepts et dĂ©marches de la ResponsabilitĂ© Sociale des Entreprises.

Soit le double constat suivant : Les salariés préfèrent travailler dans des organisations dont les valeurs correspondent aux leurs, ou qui leur semblent proches, d’une part ;

L’intĂ©gration de la RSE Ă  l’image de marque permet d’amĂ©liorer le recrutement et la fidĂ©lisation des collaborateurs, mais Ă©galement le maintien dans l’emploi, notamment dans les marchĂ©s oĂą la main-d’oeuvre et les compĂ©tences se font rares, d’autre part.

On ne sera pas Ă©tonnĂ©, par consĂ©quent, d’observer que les entreprises qui dominent le marchĂ© en matière de RSE ont dĂ©veloppĂ© une forte image de marque d’employeur, et ont intĂ©grĂ© leurs concepts et dĂ©marches RSE Ă  leurs offres de recrutement, de fidĂ©lisation, ou de maintien dans l’emploi, en termes de valeur ajoutĂ©e.

En mettant en avant leur dĂ©marche de responsabilitĂ© Sociale dans leur image de marque de recrutement, ainsi que dans leur communication, et en faisant la promotion des avantages Ă  tirer lorsqu’on intègre et travaille au sein d’une culture fondĂ©e sur le comportement Ă©thique et les valeurs partagĂ©es, ces entreprises font le pari de l’attractivitĂ© de leur offre.

Les projets de bénévolat ou de mécénat de compétences, par exemple, peuvent exercer sur les salariés une forte attractivité.

Ces entreprises affichent un engagement RSE, entretiennent une culture RSE, intègrent pleinement la RSE Ă  l’ensemble de leurs activitĂ©s, rĂ©compensent les dĂ©cisions prises dans le champ de la RSE, et valorisent les initiatives relatives Ă  la RSE.

C’est dire aussi que le recrutement et la fidélisation des nouveaux arrivants ne sont que les premières étapes d’un dispositif de Gestion des Talents centré sur la RSE.

Les salariĂ©s Ă©tant parmi les personnes clĂ©s de l’Ă©laboration d’une stratĂ©gie RSE, il s’agit d’instaurer avec eux un dialogue, de les consulter, de les faire participer Ă  la recherche et au dĂ©veloppement de nouveaux projets ou de nouvelles approches.

Certaines entreprises n’hĂ©sitent pas Ă  consulter leurs salariĂ©s afin de les impliquer dans l’Ă©laboration et la mise en Ĺ“uvre de leur engagement communautaire ou de leur projet de bienfaisance ou de philanthropie.

D’autant que, du point de vue de la Conduite du Changement gĂ©nĂ©rĂ© par l’Ă©mergence de la RSE, il existerait trois catĂ©gories de salariĂ©s : ceux qui ont les valeurs et le comportement Ă©thique ; ceux qui ont les valeurs, mais n’ont pas le comportement; et enfin, ceux qui n’ont ni les valeurs ni le comportement.

Mais ça c’est une autre histoire.

Un commentaire pour “Gestion des Talents et RSE”

  1. Ressources humaines éthiques dit :

    Bonjour,

    Votre article est particulièrement intĂ©ressant car il montre l’importance d’investir dans les talents pour les organisations. Mon interrogation est de savoir si investir dans la gestion des talents reprĂ©sente nĂ©cessairement un investissement dans le dĂ©veloppement des leaders porteurs de la mobilisation organisationnelle.

    Autrement, pour aller dans le sens des valeurs et des RH: http://www.dialethik.com/recrutement-ethique-lavenir-des-entreprises.html

    Cordialement,

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