La période estivale est propice pour mener une réflexion sur l’urgence écologique et les catastrophes qu’elle répand à travers le monde, comme en témoignent les vagues de chaleur auxquelles nous sommes confrontés en cet été 2022, telles que nous n’en avons jamais connues auparavant en termes de récurrence et d’intensité, afin de préparer la rentrée, et, surtout, penser sérieusement à bâtir et renforcer notre stratégie d’adaptation.

Je vous propose ici l’apprentissage ou la révision, comme l’on voudra, de concepts clefs, sous la forme d’un ensemble hétéroclite d’informations, autrement dit d’une sélection de mon choix, forcément subjectif, qui s’adresse à toute personne souhaitant dépasser le simple stade de la sensibilité écologique pour accéder à celui de la conscience écologique.

Ce billet s’adresse en particulier aux lecteurs qui ont les valeurs de l’écologie mais n’ont pas les connaissances, ni le comportement écologique, et, d’une manière générale, toute personne souhaitant mieux appréhender la notion d’urgence écologique.

L’urgence écologique ne se résume pas au changement climatique ou au réchauffement climatique. La crise que nous connaissons est systémique, elle touche toutes les activités humaines, dans toutes les régions du monde.

Objectifs 2030

Le rapport développement durable 2022 de l’ONU pour la région Asie Pacifique souligne la multiplicité des crises, dont la crise sanitaire de la Covid, le climat, la guerre, qui se renforcent mutuellement les unes les autres, et mettent en sérieux danger l’atteinte des objectifs 2030.

La NASA confirme que juin 2022 a été le mois le plus chaud enregistré depuis 1880. Il ne fait pas aucun doute que les impacts des activités humaines sont responsables du réchauffement climatique et de l’effondrement de la biodiversité.

Urgence climatique
Illustration de la comparaison des températures dans le monde en juin 1976 et juin 2022. (Scott Duncan, météorologue britannique)

La reconnaissance du crime d’écocide dans le droit international est le corollaire de la reconnaissance des droits de la Nature.

Droits de la nature

Les droits de la nature ont été reconnus pour la première fois en 2006 par une petite ville de Pennsylvanie (Tamaqua Borough) qui a adopté une ordonnance locale reconnaissant des droits aux éléments naturels de son territoire. Le marqueur juridique a eu lieu en 2008 et 2009 lorsque l’Équateur et la Bolivie ont inscrit ces droits dans leurs constitutions. Aux États-Unis, une quarantaine de municipalités ont reconnu des droits à la nature, en Nouvelle-Zélande, en Australie et en Inde des fleuves se sont vus attribuer la personnalité juridique.

Les animaux et la végétation partout dans le monde, comme les êtres humains, tentent de s’adapter au changement climatique. Pour eux aussi il n’y a pas de plan B. Nous n’avons qu’une seule planète.

Les cinq menaces pour la biodiversité : la transformation des paysages terrestres et maritimes ; la pollution ; la surexploitation des espèces ; le changement climatique ; les espèces envahissantes ou invasives, et les maladies transmissibles.

L’information continue sur les risques liés au changement climatique fait de l’ombre à ceux relatifs à l’effondrement de la biodiversité.

Déclin

On assiste au déclin de la nature : un taux d’extinction des espèces sans précédent et qui s’accélère
La réponse mondiale actuelle est insuffisante ; des « changements transformateurs» sont nécessaires pour restaurer et protéger la nature, 1.000.000 d’espèces sont menacées d’extinction.

La lutte contre le changement climatique s’étend à nos comportements et activités de tous les jours.

Sait-on par exemple que notre alimentation aggrave le réchauffement climatique ? Elle représente, en moyenne, 24 % de l’empreinte carbone des Français.

Cela s’explique par la grande quantité de gaz à effet de serre émis par l’élevage, à l’origine de 80 % des émissions du secteur agricole français. L’alimentation repose en effet sur l’agriculture, un secteur essentiel qui nourrit les humains et crée de l’emploi. Mais le développement de l’agriculture intensive a entraîné de nombreux problèmes environnementaux, sanitaires et sociaux.

IPEBS

Les nombreux termes parmi lesquels ceux de tourisme durable ou tourisme responsable tendent à semer le trouble et la confusion, il est conseillé de ne pas se fier aux appellations et autres labels mais de chercher à mesurer par soi-même les impacts du voyage qu’on veut entreprendre, faire des recherches notamment auprès des organisations expertes dans ce domaine, ce qui demande un effort et qu’on y consacre du temps.

Approuvé par les représentants des 139 États membres de IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) en juillet 2022, le rapport d’évaluation sur l’estimation des valeurs de la nature et les différentes valeurs de la nature constate que l’accent est mis, à l’échelle mondiale, sur les profits à court terme et la croissance économique, ce qui exclut souvent la prise en compte des multiples valeurs de la nature dans les décisions politiques.

La biosphère est l’ensemble des organismes vivants qui se développent sur la Terre. L’ensemble des écosystèmes de la planète forme la biosphère. L’écologie fondamentale étudie l’organisation des écosystèmes, à des échelles très diverses (par exemple une forêt, un océan, une portion de rivage marin, un étang, une mare ou un tronc d’arbre mort).

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Valeurs de la nature

Les décisions basées sur un ensemble limité de valeurs marchandes de la nature soutiennent la crise mondiale de la biodiversité. Il existe plus de 50 méthodes et approches pour rendre visibles les diverses valeurs de la nature.

Urgence climatique

Le GIEC a publié en 2022 le dernier volet de son sixième rapport. Il est dédié aux solutions que l’humanité peut mettre en place pour contenir le l’urgence écologique. Jamais l’espèce humaine n’a émis autant de gaz à effet de serre que ces dix dernières années. Des solutions sont disponibles, à condition d’être appliquées massivement et sans attendre.

Selon Greenpeace, tous les éléments scientifiques sont sur la table pour agir en connaissance de cause. Maintenir le changement climatique en dessous de 1,5 °C ne doit plus être un vague objectif mais bel et bien une priorité. Urgence climatique oblige.

GIEC

Trois raisons principales d’agir pour relever les défis de l’urgence écologique :

  • La baisse des ressources en eau et en nourriture : en 2022, une personne sur deux dans le monde subit déjà des pénuries d’eau liées au dérèglement climatique. Cette pénurie d’eau aura également des conséquences directes sur notre agriculture et donc notre capacité à nous nourrir.
  • Haut risque d’extinction de certaines espèces : avec un réchauffement climatique à +1,5 °C, entre 9% et 14% des espèces seraient impactées. Pourtant, la biodiversité joue un rôle majeur dans la lutte contre le changement climatique. Les océans absorbent environ 30% des émissions mondiales de CO2 . Avec les forêts, ce sont nos meilleurs alliés pour réguler naturellement la température de la planète.
  • Impact sur la santé dans toutes les régions du monde : au cours de la dernière décennie, il y a eu 15 fois plus de morts à cause des inondations, de la sécheresse et des tempêtes dans les pays les plus vulnérables que dans les autres pays. La France ne sera cependant pas épargnée : selon le GIEC, elle fait partie des pays européens les plus menacés par des vagues de chaleur extrême.

En dépit du consensus international sur l’extrême gravité des dangers, et de l’urgence écologique d’agir, qui ont conduit à l’Accord de Paris sur les objectifs du développement durable 2015-2030, on peine à discerner un changement de comportement citoyen et responsable à la hauteur des enjeux. La conscience écologique peine à émerger.

Si vous avez entre 20 et 29 ans il y a de fortes chances que vous viviez une hausse de température de 2,5 degrés Celsius.

Surexploitation

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La croissance économique à tout prix et les profits à court terme contribuent au rapide déclin de la biodiversité à l’échelle planétaire. L’ONU souligne l’importance de mieux protéger la nature pour assurer l’avenir de milliards d’êtres humains.

Le rapport de l’IPBES révèle une surexploitation choquante de notre monde naturel. Il est vital pour les pays de s’engager & de mieux utiliser les ressources de la nature, pour inverser la perte de la nature & assurer un monde durable pour tous.

Réduction des émissions et stratégie d’adaptation sont incontournables pour faire face aux dérèglements climatiques et risques systémiques liés aux boucles de rétroactions.

Comprendre, prendre en compte, promouvoir, intégrer les ressources naturelles et la biodiversité dans la chaîne de valeur des organisations publiques et privées.

Décisions politiques et économiques

La manière dont la nature est valorisée dans les décisions politiques et économiques est à la fois un moteur clé de la crise mondiale de la biodiversité et une opportunité vitale pour y faire face, selon une évaluation méthodologique de quatre ans réalisée par 82 scientifiques et experts de haut niveau de toutes les régions du monde. Plus de 50 méthodes et approches existent pour rendre visibles les diverses valeurs de la nature.

Sécheresse et changement climatique renforcent la survenue et l’intensité de tempêtes de sable et de poussière dont les conséquences sont désastreuses et peu connues voire ignorées, et le coût évalué à 13 milliards de dollars chaque année.

WWF propose un guide et neuf clés pour mettre en œuvre les changements transformationnels nécessaires et faire face à l’urgence écologique, « afin de réinventer les villes et les territoires autour des fonctions vitales locales : habiter, se nourrir, se déplacer, se divertir, s’informer, produire et consommer. »

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