Chargé(e) de mission RSE, le job qui fait rêver

Les objectifs du développement durable et les métiers de la RSE suscitent de fortes attentes mais aussi des vocations, et il est réjouissant de voir tant de professionnels d’entreprise et en particulier de jeunes diplômés s’y intéresser et s’y investir.

Le potentiel de création d’emplois lié à la croissance verte – comme il est convenu de la nommer – est selon nombre d’experts incertain, bien que des études évaluent à plusieurs centaines de milliers le nombre d’emplois qui pourraient être créés en France d’ici 2020, chiffres contestés.

Quoiqu’il en soit, parmi les métiers générés par la croissante verte – dont juriste en droit de l’environnement, auditeur en responsabilité sociale, chargé de mission Agenda 21, déontologue, acheteur, conseiller en environnement, technicien de traitement des déchets, ou ingénieur environnement – le poste de chargé(e) de mission RSE ou de responsable du développement durable semble recueillir les faveurs des jeunes diplômés.

Dans leur recherche d’emploi, en termes de motivation, une grande majorité d’entre eux mettent l’accent sur l’importance qu’ils accordent à la prise en compte des valeurs éthiques et du comportement éthique de l’entreprise idéale qu’il souhaitent intégrer.

L’intérêt voire l’enthousiame qu’ils manifestent pour les métiers de la RSE et celui de chargé(e) de mission RSE en particulier, ne devrait pas empêcher ceux qui souhaitent leur apporter aide et conseil de tempérer leur ardeur et de les mettre en garde contre les fausses apparences, tout en les encourageant à persévérer dans la voie qu’ils ont choisie. Du rêve à la réalité.

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Garant de la politique et de l’engagement de développement durable de l’entreprise, le chargé de mission RSE évalue l’impact des activités de celle-ci au plan environnemental, sociétal, et économique ; il participe à la conception et la mise en œuvre d’une stratégie globale avec des objectifs précis et mesurables à atteindre.

Il est doté de compétences pluridisciplinaires, en termes de savoirs – connaissance des différentes conceptions de l’entreprise socialement responsable, dans ses dimensions éthiques, politiques, juridiques, sociales, environnementales, financières, marketing et commerciales – ; savoir-faire – réalisation de diagnostics, conduite du changement, management transversal notamment -; et savoir-être –  parmi lesquelles écoute active, capacité à mener des négociations, esprit d’équipe.

Il mène une action transversale et déploie un plan d’actions à tous les échelons de l’entreprise et dans toutes ses activités. La RSE étant en soi un levier de changement, le chargé de mission RSE en maîtrise la méthodologie, les outils et techniques. Pour ce faire, il pilote en étroite collaboration avec la direction des ressources humaines des actions de sensibilisation, de formation, et de conseil auprès des collaborateurs et salariés. Il collabore à l’élaboration du rapport développement durable et valorise en interne et externe les résultats obtenus.

Il connaît les problématiques liées aux démarches qualité, hygiène et sécurité, il est familiarisé avec le droit de l’environnement et les référentiels nationaux, européens et internationaux du développement durable.

Doté d’une bonne culture internationale et maîtrisant bien la langue anglaise, le chargé de mission RSE – Chief Sustainability Officer (CSO) –  a de fortes compétences en conduite de projet, communication écrite et orale, communication numérique, mais également des compétences pédagogiques, ainsi que de médiateur et facilitateur afin de faire évoluer les habitudes et pratiques dont managériales de l’entreprise.

Même avec tout cela, le futur chargé de mission RSE n’est pas au bout de ses peines. Car afin d’être crédible et légitime auprès des directions, de nombreux experts – notamment outre atlantique – suggèrent fortement qu’il se forme à la méthodologie d’amélioration des performances le « Six Sigma », soit l’élimination de la variation et des défauts, et des chances de variation et de défauts dans les processus. On peut l’utiliser dans tous les domaines, pour améliorer les process, les produits et les services, réduire les coûts et améliorer la qualité. Six Sigma est un changement de culture avec à la clé de réels résultats financiers.

Le poste de chargé(e) de mission RSE émerge lentement, c’est dire qu’il n’a pas encore atteint son stade de maturité. Ceci explique que les offres sont pour l’instant rares. En outre, force est de constater qu’il n’est pas souvent confié à un(e) jeune diplômé(e). Il faut y croire, se battre, ne rien lâcher. A condition de ne pas perdre de vue que la motivation principale de l’entreprise s’engageant dans une démarche RSE n’est pas d’ordre éthique.

C’est d’abord et avant tout en termes de retour sur investissement que le dirigeant raisonne: réduction des coûts, gestion des risques, avantages concurrentiels, fidélisation du client ou du consommateur, valorisation de l’image de l’entreprise. Lors d’un entretien de recrutement, il vaudrait mieux adopter l’attitude réaliste d’un technicien et tenir un discours faisant référence à des diagrammes, des chiffres et des courbes, si l’on veut décrocher le job de ses rêves.

5 Commentaires sur Chargé(e) de mission RSE, le job qui fait rêver

  1. Dessalines Jérémy
    9 mars 2015 at 11 h 37 min (4 années Il y a)

    Je partage votre avis sur la montée en compétences des chargé de mission RSE et je vous rejoins sur la frilosité des entreprises à s’orienter sur des profils juniors pour ces fonctions.
    Etant dans ce cas là, j’ajouterai deux atouts à faire valoir à ces juniors :

    Ils sont les premiers à disposer d’une formation de haut niveau sur ce sujet. Ils ont, en outre, pu doubler cette compétence avec d’autres spécialisations : la Qualité Sécurité l’Environnement, le droit, le management, le LEAN, le 6 Sigma ou encore le marketing. Ils disposent dans ce domaine d’une connaissance accrus des réseaux sociaux.

    Ils sont au coeur des nouvelles attentes des consommateurs. Aussi, pour les entreprises miser sur les jeunes formés en RSE c’est saisir ces nouvelles attentes: les achats responsables, l’économie collaborative, les hautes exigences en terme de services et la participation des consommateurs. Ils sont capables d’appréhender ces attentes et de les intégrer dans la stratégie RSE de l’entreprise.

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  2. Mathilde BRES
    11 mars 2015 at 16 h 31 min (4 années Il y a)

    Bonjour

    Merci pour cet article résumant bien la situation d’un poste encore proteiforme et mal connu. Je suis aussi convaincue que les chargés de mission RSE sont aujourd’hui un atout pour toute entreprise pouvant se le permettre, et seront demain une fonction indispensable. Toute la question est celle de trouver notre place, en tant que jeune diplômés et spécialisé en RSE, pendant le laps de temps qui sépare aujourd’hui de demain. A moins qu’il ne soit de notre devoir de faire venir demain plus vite en mettant en avant – lors d’entretien de recrutement notamment – les besoins de l’entreprises en termes de conformité légale, de réponses aux demandes des parties prenantes (clients, salariés, société, ONG). Car bien souvent, nous nous concentrons sur les très nombreuses connaissances que nous pouvons apporter, mais la RSE étant si transversale, il me parait plus pertinent de partir des besoins d’une structure en particulier. Au plaisir de lire à nouveau un de vos articles.

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  3. Serrano
    28 octobre 2017 at 14 h 19 min (1 année Il y a)

    Nous sommes en 2017. Le nombre de postes a-t-il augmenté ? Les jeunes qui se forment à ce métier ont-ils de vrais débouchés ? Quelles sont les perspectives d’emploi dans ce domaine ? Merci pour vos réponses

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    • Constant Calvo
      30 octobre 2017 at 11 h 12 min (1 année Il y a)

      Je ne pense pas que les choses aient beaucoup changé.

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      • SERRANO
        5 novembre 2017 at 17 h 11 min (1 année Il y a)

        Pourquoi selon vous ? Quels sont les freins ?

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