Chacun le reconnaît, la crise sanitaire, économique, sociale du coronavirus est aussi, et surtout, une crise écologique. Des écosystèmes sains nous protègent des maladies, la biodiversité est un rempart contre la propagation des éléments pathogènes.

Selon la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), on ne compte pas moins d’une nouvelle épidémie tous les quatre mois. Sachant que 75% des épidémies émanent du monde animal sauvage.

La crise écologique et pandémique du Covid-19 montre les liens d’interdépendance et d’interactions qui existent entre climat, pollution, écosystèmes, biodiversité, et santé humaine.

Pour faire face à cette situation alarmante, les experts de la plateforme intergouvernementale nous pressent de tout mettre en œuvre, afin de mettre un terme au trafic illégal des animaux sauvages, et à la destruction de leurs habitats.

Ressources gratuites

On a longtemps considéré la nature comme un fournisseur de ressources gratuites pouvant être utilisées de façon illimitée, sans règlementation, à des seules fins de production et de recherche de profit.

On n’a pas hésité à déverser nos déchets dans les rivières, fleuves et océans, ou à abattre des arbres, et faire disparaitre des forêts entières, sans se poser la question des effets et conséquences à moyen ou long terme.

Crise écologique

Les entreprises en particulier doivent prendre conscience du rôle que jouent les écosystèmes naturels dans leurs activités, et reconnaître qu’ils constituent des actifs économiques. On est passé de la notion de ressources naturelles, à celle de capital naturel.

Le terme de capital naturel désigne les ressources naturelles renouvelables et non renouvelables de notre planète – soit la terre, l’air, l’eau et les nombreux et divers écosystèmes qui permettent la vie. Le capital naturel nous procure des biens et des services économiquement précieux ou des services écosystémiques.

Services écosystémiques

Presque toutes les activités des entreprises dépendent et bénéficient des écosystèmes naturels. Qu’il s’agisse, entre autres, de l’eau douce pour les processus industriels, des ressources génétiques sauvages pour le secteur pharmaceutique, ou des environnements naturels pour l’industrie du tourisme.

La productivité elle-même dépend du capital naturel, car un environnement sain favorise la santé physique et mentale des salariés, et, par conséquent, diminue l’absentéisme.

Le capital naturel est une richesse qui n’est pas pris en compte par les dirigeants d’entreprise.

Sans doute parce que les services écosystémiques ne sont pas échangés sur les marchés, en d’autres termes ils ne peuvent appartenir à personne, ni à aucune entreprise.

Soutenable

Force est de constater, que la valeur d’un service écosystémique n’est appréciée que lorsqu’il se détériore, ou se raréfie.

Intégrer la nature dans le calcul de la richesse de l’entreprise est le garant d’une prospérité durable, sachant par ailleurs que la valorisation de la nature ne signifie pas qu’elle devient une monnaie d’échange.

Considérer que la nature fait partie de la richesse de l’entreprise, consiste à penser que croissance économique et promotion et respect de l’environnement, ne sont pas antinomiques. Loin s’en faut.

Réseau Entreprise Développement Durable (REDD) propose une approche en cinq étapes, afin de permettre aux dirigeants d’entreprise d’optimiser leurs relations avec le capital naturel.

L’intégration de la défense et préservation de la nature au cœur du processus de création de richesse, telle est la stratégie de l’entreprise non seulement responsable, mais durable, c’est à dire soutenable.

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