La crise sanitaire du Covid-19 met en évidence la nécessité de réconcilier croissance économique et développement durable d’une part, inégalités et développement humain d’autre part.


Le développement humain est le reflet de la qualité de vie au sein de la société, il inclut la notion de bien-être laquelle ne saurait se résumer au seul niveau de vie ou au PIB, mais doit prendre en compte les facteurs sociaux, culturels, éducatifs et de santé.


Selon le Rapport sur le développement humain 2019 publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les inégalités de développement humain dans le monde sont partout manifestes, et de plus en plus prononcées.


« Dans tous les pays, un grand nombre de personnes vivent sans perspective d’avenir meilleur. Elles sont sans espoir ni but ni dignité, spectatrices de l’ascension inexorable des autres vers une prospérité sans cesse grandissante. Dans le monde entier, beaucoup échappent à l’extrême pauvreté, mais bien d’autres encore n’ont ni les chances ni les ressources nécessaires pour prendre en main leur destin. Bien trop souvent, la place d’une personne dans la société continue d’être déterminée par son origine ethnique, son sexe ou la richesse de ses parents.
»

Enseignements

Il semble exister un large consensus pour dire que la survenue de la crise sanitaire du Covid-19 est une catastrophe politique, psychique, et sociale inédite dont nous ne sortirons pas indemnes.


Mais ne nous méprenons pas, si beaucoup pensent que la crise sanitaire met un coup d’arrêt brutal, voire fatal, à la croissance économique, technologique, et scientifique continue et ininterrompue, à notre maitrise de la nature et notre capacité à aller toujours plus à la conquête du monde, ils ne font pas l’unanimité. D’autres pensent qu’il n’en est rien.


Les premiers, affirment que nous devrions profiter des enseignements de cette catastrophe pour réévaluer notre mode d’existence, apprendre à vivre autrement, nous rééduquer, changer notre cadre vie et de référence, notre système de valeurs, prioriser nos activités en fonction non pas seulement de la chaîne de valeur économique, mais du développement humain ; qu’il serait temps de faire une pause, reconnaître que climat, biodiversité, santé, lutte contre les inégalités, et développement humain sont inextricablement liés.

Les seconds, que la crise sanitaire n’est qu’une péripétie certes douloureuse de l’histoire, mais qu’il faudrait songer à tourner la page, et se préparer à la reprise normale des activités quel qu’en soit le coût, acceptant l’idée de faire quelques aménagements et réformes à la marge, inégalités et développement humain pouvant être quelques unes d’entre elles.

Preuves tangibles

Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) affirme qu’il existe de nombreuses preuves tangibles que les activités humaines ont un impact sur le climat de la planète, et sur la santé humaine ; que la variabilité et la modification du climat – c’est-à-dire les dérèglements -, sont les causes de la perte de vies et de maladies à travers les catastrophes naturelles qu’elles provoquent – vagues de chaleur, inondations, ou sécheresses.

Inégalités sociales et développement humain

Maladies à transmission vectorielle

Les effets du climat sur la santé humaine ne sont pas ressentis de manière égale sur toute la planète.


« Le changement climatique est grandement responsable de la charge mondiale de morbidité humaine, phénomène qui devrait s’accentuer. Les changements climatiques, les inégalités de genre et les conflits violents continuent d’alimenter et d’enraciner les inégalités, qu’il s’agisse des inégalités de niveau de vie de base ou de ces nouvelles inégalités.« 


Le GIEC nous apprend aussi que de nombreuses maladies sont hautement sensibles au changement des températures et du régime des précipitations, parmi lesquelles les maladies à transmission vectorielle courantes comme le paludisme ou la dengue, et d’autres encore comme la malnutrition et les maladies diarrhéiques.

Barrière d’espèce

Dans « un monde grippé » (2010) l’anthropologue Frédéric Keck explique comment des maladies passant des animaux aux humains parviennent à faire basculer nos sociétés contemporaines dans un horizon de catastrophe sanitaire et politique. L’auteur porte un regard anthropologique sur les transformations politiques, sociales et écologiques qu’engendrent les virus en franchissant la barrière d’espèce qui sépare les animaux des humains.

Et dans un nouvel ouvrage essentiel « Les Sentinelles des pandémies – Chasseurs de virus et observateurs d’oiseaux aux frontières de la Chine « , à paraitre, il écrit : « Ces événements obligent les autorités de santé globale à maîtriser les risques pour affronter les conséquences sanitaires, morales, géopolitiques et économiques des crises pandémiques, dans un monde marqué par des transformations dramatiques dans l’urbanisation, l’élevage industriel, la déforestation et le changement climatique. »

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