La culture clef de voûte du développement durable

Si le manque d’implication des salariés au développement durable mis en évidence par de nombreuses études peut en partie s’expliquer en raison de leur méconnaissance du sujet, ou du déficit de leadership du dirigeant en la matière, c’est sans doute parce qu’il existe un malentendu, voire un oubli, celui de la place centrale qu’occupe la culture.

Ne leur jetons pas la pierre. La culture comme quatrième pilier et dimension transversale du développement durable a longtemps été minorée sinon ignorée.

Unesco "culture dans le développement durable"

Image Unesco

Il a fallu attendre les années 2000 pour que la culture devienne un élément essentiel dans les discours sur le développement durable, avec la déclaration universelle de l’Unesco sur la diversité culturelle(2001) et la convention sur la diversité des expressions culturelles (2005).

Bien qu’elle fut en germe dans le Rapport  Brundtland : « La notion de besoins est certes socialement et culturellement déterminée ; pour assurer un développement durable, il faut  toutefois promouvoir des valeurs qui faciliteront un type de consommation dans les limites du possible écologique et auquel chacun peut raisonnablement prétendre »

Plusieurs facettes et dimensions

La relation intrinsèque qui lie la culture et le développement durable comporte plusieurs dimensions, parmi lesquelles le développement du secteur de la culture en soi et pour soi, et la place légitime qu’elle doit occuper dans toute politique publique à l’éducation, l’économie, la science, la communication, le dialogue des cultures, la défense et promotion de la diversité culturelle, l’environnement, la cohésion sociale ou la coopération internationale.

Les défis économiques, environnementaux et sociétaux du monde sont trop complexes pour qu’on les confie aux seuls techniciens et experts, il est urgent de reconnaître que la culture joue un rôle déterminant de liant, de facilitation et de médiation.

La culture est dotée de la capacité d’innovation, et celle de créer des passerelles avec les trois autres piliers du développement durable, parce qu’elle est complémentaire et qu’elle entretient une relation étroite et spécifique avec chacune d’entre-eux.

Fondements historiques

Au sein des démarches d’implémentation, on néglige trop souvent de sensibiliser l’équipe dirigeante, le management et les salariés à la culture générale à laquelle le développement durable est organiquement rattaché, ainsi qu’à ses fondements historiques, éthiques et philosophiques.

Culture organisationnelle

 

A moins d’intégrer la culture du développement durable à la culture de l’entreprise, les salariés en manque de repères, tout autant que l’équipe dirigeante et le management, ne pourront ni en comprendre le sens, les valeurs et les objectifs, ni s’y impliquer véritablement .

Patrimoine matériel et immatériel

Rappeler que le développement durable trouve ses origines théoriques au XVIIIe siècle lorsque la notion et la représentation de la nature prennent des significations nouvelles du fait de la révolution scientifique du XVIIe siècle ; puis au XIXe siècle lorsque l’industrialisation provoque des bouleversements économiques, sociaux et environnementaux d’une ampleur et d’une soudaineté jamais connues dans l’Histoire de l’humanité.

La culture est tellement intériorisée et ancrée dans notre inconscient que nous la prenons pour acquise, au point qu’elle nous échappe. Or, la culture unifie et cimente toutes les activités humaines. C’est à dire « l’ensemble des traits distinctifs, spirituels , matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. La culture englobe, outre les arts, les lettres et les sciences, les modes de vie, les lois, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ». (Unesco)

En tant que domaine d’activité propre, elle contribue par le biais du patrimoine matériel et immatériel, ainsi que des industries créatives et de ses diverses formes d’expression artistique, au développement économique. C’est par là que devrait logiquement commencer toute démarche de développement durable digne de ce nom.

La culture ne devrait pas être être externalisée mais intégrée au cœur des activités et de la stratégie de l’entreprise.

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