Le développement durable : une Éthique pour le 21e siècle

On entend souvent dire que ce qui caractérise notre époque est la perte de repères, la fin des grandes espérances, voire la faillite des systèmes de croyances et de représentations ainsi que celle des idéologies traditionnelles. Le développement durable peut-il contribuer à réhabiliter notre foi en l’avenir ?

Peut-il satisfaire notre ardent désir d’une éthique centrée sur nos liens avec la diversité humaine, le patrimoine commun de l’humanité, la pluralité de nos identités culturelles, et notre détermination à nous mobiliser urgemment et sans réserve pour sauvegarder la vie sur la planète-terre ?

Les dérèglements climatiques, l’épuisement des ressources naturelles, la dégradation de l’environnement, la montée du niveau des océans ou l’effondrement de la biodiversité, auxquels s’ajoutent les risques liés à la cybercriminalité, au terrorisme international, aux fanatismes, posent comme jamais auparavant la question de la survie de l’humanité.

Continuum

D’autant que la crise économique de 2008 et ses conséquences sociales n’ont de cesse d’alimenter un sentiment diffus de malaise, de peur, de dégénérescence et d’aliénation ; et que les avancées exponentielles des algorithmes, des logiciels, et de l’intelligence artificielle sont souvent perçues comme des menaces.

L’idée longtemps entretenue que l’espace-temps est un tremplin ouvrant à l’accomplissement inéluctable de l’humanité, et que l’Histoire est un continuum maîtrisable et maîtrisée ne semblent plus être partagées.

Les scénarios catastrophes émanant de la communauté scientifique mondiale ne manquent pas. Appelé dystopie en opposition au concept d’utopie, le scénario catastrophe fait même l’objet d’un genre littéraire à succès. Soit un récit de fiction décrivant une société imaginaire dictatoriale, injuste ou aberrante.

Nos contemporains pour la plupart ont une méconnaissance de l’Histoire, ou éprouvent des doutes sur l’histoire de l’humanité ; ils ont des difficultés à se projeter dans le rêve d’un projet personnel, à plus forte raison dans celui d’un progrès continu et illimité dans lequel ils pourraient jouer un rôle et trouver leur place.

Bien commun

Pour beaucoup, en particulier les nouvelles générations, le développement durable semble incarner un espoir, sinon une éthique nouvelle, une revitalisation de la notion de « bien commun ».

17 objectifs du developpement durableRappelons le texte intitulé «Vers une déclaration universelle du bien commun de l’humanité» élaboré au Sommet des Peuples de Rio de Janeiro en juin 2012 : « Le paradigme du « Bien commun de l’humanité » ou « Bien vivre », comme possibilité, capacité et responsabilité de produire et de reproduire la vie de la planète et l’existence physique, culturelle et spirituelle de tous les êtres humains à travers le monde. »

 

Le développement durable et la RSE, son articulation au sein des entreprises et des organisations, introduisent un paradigme innovant de la notion de responsabilité. En ce sens, ils inaugurent une éthique radicale.

Éthique de responsabilité

Il ne s’agit plus de répondre seulement des conséquences de nos actes passés, mais de ceux du futur. En d’autres termes, le développement durable postule qu’on peut et doit être tenus pour responsable des conséquences prévisibles des actions dont nous avons la charge.

Pour les entreprises et les organisations, ce nouveau paradigme inaugure une transformation en profondeur de leur modèle économique. D’autant que l’éthique de responsabilité adossée au développement durable n’est pas une option mais un devoir.

« Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. » (Rapport Brundtland).

Le développement durable est une valeur éthique, normative et universelle.

Autrement dit, et de manière plus prosaïque et imagée, pour reprendre l’éloquente formule qui a fleuri durant la COP21 à Paris en décembre 2015, il n’y a pas de plan ni de planète B.

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