Les conséquences du stress au travail ne pèsent pas seulement sur les personnes, en l’occurrence les salariés d’une entreprise, mais sur toute l’organisation.

Le stress est à l’origine de ce qu’on nomme le syndrome général d’adaptation, soit les réactions successives et croissantes de l’organisme face à une situation stressante : alarme, résistance, épuisement.

Le concept de stress a été formulé pour la première fois par le médecin endocrinologue autrichien Hans Selye (1907-1982), lequel le qualifie de « réponse non spécifique de l’organisme face à une demande ».

Les recherches qui ont prolongé, enrichi et complété les travaux du médecin précurseur autrichien ont démontré que la réponse au stress n’était pas seulement déterminée par nos réactions physiologiques.

L’on sait désormais que toute situation stressante à laquelle un individu est confronté, ainsi que les réactions biologiques que celle-ci a générées, sont imprimées à jamais dans sa mémoire.

visuel_blogSi la souffrance et le préjudice pour la santé des personnes sont largement reconnus, force est de constater que les répercussions organisationnelles et économiques pour l’entreprise d’une part, et le coût pour la communauté et la société dans leur ensemble d’autre part, le sont beaucoup moins.

Il est de bon ton de dire qu’il faut savoir distinguer le « bon » du « mauvais » stress. Or, outre que cette subtilité rhétorique laisse parfois la porte ouverte à bien des manipulations, et certaines pratiques managériales douteuses, elle ne possède aucun fondement scientifique.

Il est utile et important, en revanche, d’établir une distinction entre deux notions : le stress aigu et le stress chronique. Parce que ces deux états ont des effets différents sur la santé.

L’état de stress chronique qui nous occupe plus particulièrement ici, dans le cadre des risques psychosociaux en entreprise, est lié à une situation qui s’installe dans la durée, lorsqu’une personne est soumise de manière continue et permanente à un travail qui excède largement ses capacités.

Le stress est considéré comme l’un des risques majeurs auxquels les entreprises doivent faire face, or les moyens de prévenir le stress au travail existent. La démarche de prévention collective est à privilégier car elle est plus efficace dans le temps. Elle consiste à réduire les sources de stress dans l’entreprise en agissant directement sur l’organisation, les conditions de travail, les relations sociales de travail et/ou le poste de travail.

Quelle est la cause réelle du stress ? D’aucuns blâment la surcharge de travail, la concurrence à outrance, la globalisation, la financiarisation de l’économie, la gestion court-termiste, ou la culture du reporting permanent.

Les cas et situations de stress sont trop souvent niés et, dans le cas contraire, attribués à la fragilité ou l’inadaptation au poste de certains salariés. C’est oublier que, constitue une obligation réglementaire pour les dirigeants de s’assurer de la santé et du bien-être de leurs salariés.

L’intégration de la RSE de manière transversale aux activités, missions, et objectifs des directions des ressources humaines – en termes de performance globale – permettrait à coup sûr l’émergence d’une nouvelle approche du stress et des risques psychosociaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.