Lorsque Greta Thunberg, alors âgée de 15 ans, a entamé sa grève scolaire pour le climat en août 2018, personne et certainement pas elle-même, n’avaient imaginé qu’elle deviendrait l’icône d’un mouvement de contestation mondiale de la jeunesse, ni que son geste marquerait le changement d’une époque.

Ces millions de jeunes qui envahissent les rues des villes dans toutes les régions de la planète, semaine après semaine, sont à l’origine d’un séisme dévastateur qui atteint toutes les activités politiques et économiques, tous les aspects de la vie en société.

Greta Thunberg et la jeunesse pour le climat ont réussi, là où les rapports successifs des scientifiques du GIEC, les alertes des experts environnementaux, et les actions d’information, de sensibilisation et de communication des ONG ont échoué.

Greta Thunberg

Grâce à leur détermination, leur effronterie, leur impertinence, leur franc-parler, et audace, ils ont réussi à faire en sorte que dans la conscience populaire la question climatique passe de la catégorie de risque à celle d’urgence.

Eveil écologique

Greta Thunberg, ses amis, et les armées de jeunes militants écologiques bousculent les agendas des dirigeants et gouvernants du monde.

Elle est invitée par les agences internationales, rencontre des personnalités politiques de haut rang, dialogue avec le pape ou l’ancien président des États-Unis Barak Obama, prend la parole dans les assemblées parlementaires de nombreux pays dont la France.

Très organisée, la jeunesse pour le climat gagne chaque jour davantage du terrain auprès de l’opinion publique, son action étend son influence sur les réseaux sociaux, elle exprime la colère et l’angoisse d’une génération qui fait valoir le droit légitime de défendre son avenir, et celui de la planète et de l’humanité.

En dénonçant avec force et virulence l’inaction, la stratégie dilatoire, et, in fine, l’éco-irresponsabilité des principaux leaders politiques et économiques, la jeune militante et la jeunesse pour le climat ont créé un choc et suscité une prise de conscience, et un éveil écologique.

Est coupable d’éco-irresponsabilité, tout individu, groupe, ou organisation qui n’intègre pas de façon globale les impacts sociétaux et environnementaux dans ses critères de décision et ses modes de comportement.

Crédibilité

L’ampleur et l’efficacité de l’action militante de Greta Thunberg, et son écho médiatique, lui valent la célébrité et la reconnaissance internationales notamment auprès d’institutions prestigieuses telle que l’ONU ou Amnesty International, cette dernière lui ayant décerné ainsi qu’à son mouvement « Fridays for Future » sa plus haute récompense, le prix d’Ambassadeur de la Conscience pour l’année 2019.

En réaction à sa stature d’icône internationale, et du succès des mouvements de grève pour le climat, on assiste à des attaques d’une rare violence qui visent non pas ses idées, sa crédibilité et légitimité, mais l’intégrité de sa personne.

C’est ainsi que des journalistes, des chroniqueurs, des essayistes et blogueurs, des personnalités politiques ou publiques, des philosophes mêmes, et des citoyens de tout bord, lancent à son encontre des attaques furieuses, injurieuses et haineuses, où les arguments les plus subjectifs se mêlent aux élucubrations les plus délirantes et irrationnelles.

Des grands patrons habituellement discrets et avares de déclarations publiques, expriment leur désapprobation devant la vague de contestation de la jeunesse qui gronde et grandit jour après jour, appréhendant qu’elle pourrait à terme représenter un risque pour le développement et la pérennité de leurs activités.

D’autres encore expriment leur incrédulité face à ce ce qu’ils considèrent être l’impudence de Greta Thunberg. On lui prête à tort des idées, des opinions, ou intentions, qui ne sont pas les siennes.

Eco-irresponsabilité individuelle et collective

En réalité, tous se trompent d’adversaires. Greta Thunberg et la jeunesse du monde ne sont pas responsables de l’état de dégradation du monde, ils ne font que tendre le miroir dans lequel se réfléchit l’éco-irresponsabilité individuelle et collective.

Dans ses diatribes, Greta Thunberg ne s’en prend jamais à des personnes physiques mais des personnes morales. Rappelons qu’une personne morale est une entité juridique abstraite, – généralement un groupement; à la différence d’une personne physique qui est un être humain, une personne morale a une capacité juridique.

L’époque heureuse et glorieuse de l’insouciance, de la prédation sans fin des ressources naturelles, de l’hyper-consommation, de l’accumulation des richesses, de la course effrénée à la croissance, est arrivée à son terme. Greta Thunberg et la jeunesse pour le climat ne disent pas autre chose que cela.

C’est un discours que beaucoup ont du mal à entendre, parce qu’il implique que nous devons réformer radicalement notre style de vie, un discours empreint de sagesse qu’on pourrait s’attendre à être tenu par des adultes, plutôt que par des enfants et des adolescents.

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