On a longtemps posé la question de savoir si la lutte contre les changements climatiques entrait ou pas dans le périmètre de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), il semble bien que le débat ait vécu. Il y a quelques années encore, les principaux risques mondiaux en termes d’impact et de probabilité ignoraient les changements climatiques. Aujourd’hui, bon nombre des principaux risques leur sont liés.

Il ne fait aucun doute, que le changement climatique est un accélérateur de RSE, et la RSE un accélérateur de la lutte contre les dérèglements climatiques.

L’impact des risques économiques et réglementaires sur les entreprises et la société a cédé la place aux changements climatiques, ainsi qu’aux risques sociaux, environnementaux et de gouvernance (ESG) existants et émergents.

Les entreprises sont pourtant limitées dans la manière dont elles identifient, hiérarchisent, gèrent et divulguent les risques climatiques, remarque le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD). Il y a une nette déconnexion entre les sujets de développement durable « matériels » et les facteurs de risque répertoriés dans les documents juridiques correspondants.

Vision et leadership

Les changements climatiques présentent des risques pour les entreprises mais également des opportunités, pour celles en particulier dont les dirigeants sauront faire preuve de vision et de leadership.

Changements climatiques

WBCSD constate que seulement 29 % des entreprises montrent un certain alignement entre ce qu’elles disent dans leur rapport de développement durable et ce qu’elles divulguent dans leurs documents légaux.

Cette déconnexion entre la divulgation des problèmes ESG dans les rapports de développement durable et la divulgation des facteurs ESG des déclarations de risques dans les documents statutaires, montre que les organisations ont du mal à intégrer les risques ESG émergents dans les cadres de gestion des risques existants. En pratique, cela signifie que les entreprises sont exposées à une série de risques qui ne sont pas correctement pris en compte.

Conseil d’administration

Les changements climatiques impactent de nombreux aspects de la gestion des organisations, qui ne feront que croître au fil du temps, leurs effets se font déjà sentir de manière critique, tandis que les gouvernements travaillent sur des politiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Afin de relever le défi des changements climatiques, les entreprises devront créer des produits et des services à faible émission de carbone, réduire l’empreinte carbone de leur fonctionnement, engager les parties prenantes, les gouvernements, et leur chaîne d’approvisionnement pour déterminer les initiatives à mettre en place, améliorer la résilience de leurs infrastructures et réorienter leur stratégie à long terme dans le but d’y intégrer les nouveaux enjeux liés aux stratégies d’adaptation et de résilience.

Des études montrent la pertinence de la perte de la nature dans les discussions des conseils d’administration sur les risques et les opportunités, elles fournissent aux entreprises des voies pour participer à la transition vers une économie non seulement responsable, mais aussi et surtout durable.

La perte de biodiversité et l’effondrement des écosystèmes sont – en principe – classés par les dirigeants des entreprises, des gouvernements et de la société civile comme faisant partie des cinq principales menaces auxquelles l’humanité sera confrontée au cours des dix prochaines années.

Agenda 2030

L’agenda 2030 qui couvre l’intégralité des enjeux et objectifs de développement durable dans tous les pays tels que le climat, la biodiversité, l’énergie, l’eau, la pauvreté, l’égalité des genres, la prospérité économique ou encore la paix, l’agriculture, l’éducation, la culture ne dit pas autre chose.

Rappelons que c’est en septembre 2015, que les 193 États membres de l’ONU ont adopté le programme de développement durable à l’horizon 2030, intitulé « Agenda 2030 ».

C’est un plan d’action pour l’humanité, la planète et la prospérité. Il porte une vision de transformation de notre monde en renforçant la paix, en éradiquant la pauvreté et en assurant sa transition vers un développement durable.

Qu’elles soient scientifiques, sociologiques, philosophiques, politiques ou économiques, des études montrent que les crises conjuguées du climat, de la biodiversité, de la pollution, auxquelles s’ajoutent entre autres celles des inégalités, de la santé et du bien-être au travail, des droits humains, représentent pour les organisations les diverses et multiples facettes d’un seul et même combat.

Décisions stratégiques

Les 17 Objectifs développement durable (ODD) doivent être atteints collectivement et mis en œuvre aussi bien par les pays industrialisés et pays en développement.

Les Nations unies ont mis en place un dispositif de suivi et de bilan à la hauteur de cette ambition ; à la fois universel et régulier, il est également transparent et orienté vers des résultats à atteindre.

Il associe un dispositif statistique solide pour évaluer la progression des pays et du chemin leur restant à parcourir, à un mécanisme de redevabilité incitant les pays à la réalisation d’états des lieux et de revues annuelles de mise en œuvre dans une instance dédiée.

Moteurs ou freins

Associations, chercheurs, citoyens, collectivités territoriales, État, syndicats, et entreprises, chacun a sa place et un rôle à jouer dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030.

L’association française des entreprises françaises et internationales (EpE) issues de tous les secteurs de l’économie qui veulent mieux prendre en compte le climat dans leurs décisions stratégiques et leur gestion courante, a publié en 2014 en partenariat avec l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique), un guide pratique « Les entreprises et l’adaptation au changement climatique » .Il ne fait aucun doute, que le changement climatique est un accélérateur de RSE, et la RSE un accélérateur de la lutte contre les dérèglements climatiques.

Bien que, pour la plupart, les Conseils d’Administration, organes de direction de l’entreprise en charge de l’anticipation des risques sur le long terme, sont à l’évidence non pas des moteurs mais des freins à la prise en compte de la lutte contre les changements climatiques, il n’en demeure pas moins, ne leur en déplaise, qu’elle est bel et bien située au cœur du périmètre de la RSE.

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