L’une des principales leçons à tirer de la pandémie du Coronavirus Covid-19, est le constat du déficit de résilience de l’économie mondiale face à un choc sanitaire d’une ampleur rarement vue.

La résilience devrait être une préoccupation prégnante des entreprises, en particulier des dirigeants, face à la multiplication et la densification des risques.

Or, selon l’étude réalisée par Adenium et l’EMLyon Business School sur le management des risques, en novembre et décembre 2019, seulement 34% des entreprises ont intégré la résilience comme objectif stratégique pour l’année 2020.

Plan de continuité d’activité

Il ne fait pas de doute que les conséquences dus à la pandémie du Coronavirus Covid-19 vont conduire un grand nombre d’entreprises à réfléchir davantage aux risques qu’elles encourent, et à tout mettre en œuvre afin de renforcer leur résilience.

Selon la norme ISO 22316:2017 « La résilience organisationnelle est la capacité d’une organisation à résister, absorber, récupérer et s’adapter aux perturbations impactant son activité dans un environnement en constante évolution et de plus en plus complexe pour lui permettre de réaliser ses objectifs, de rebondir et de prospérer ».

La capacité de résilience de l’entreprise est stratégique, et pour la mettre en œuvre elle doit élaborer un plan de continuité d’activité (PCA).

Incertitude et adversité

Il va de soi que la résilience, qu’il s’agisse d’une TPE/PME, d’une ETI ou d’une très grande entreprise, ne saurait se réduire à cartographier, évaluer, agir, et piloter les risques au sein de son seul périmètre d’activités.

Résilience

L’entreprise doit aussi prendre en compte la résilience de ses partenaires, de ses clients ou fournisseurs, mais aussi de ses salariés, et ce conformément au Code du travail.

La pandémie du Coronavirus Covid-19 met en évidence qu’il incombe au dirigeant de faire en sorte que son entreprise soit préparée à répondre à une situation de crise, dans laquelle la santé et le bien-être de ses salariés et le fonctionnement de ses activités peuvent être mis en danger.

Communauté de destin

La volonté et la capacité d’une entreprise à maintenir ou retrouver le plus vite possible un niveau acceptable de fonctionnement, reposent sur la prise de conscience individuelle et collective de l’existence d’une communauté de destin dans l’adversité.

Sachant, d’une part que si l’incertitude peut être réduite, elle ne peut en revanche être éliminée; d’autre part, que la réponse face à une situation de crise doit être évolutive et adaptable à chaque nouvelle occurrence.

La résilience est un potentiel présent chez tout un chacun, mais elle se développe différemment selon les individus, leurs caractéristiques spécifiques, leurs étapes de développement psychologique, leurs cycles de vie, et leurs circonstances socio-environnementales.

Fable de la résilience

Selon le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, la résilience n’est pas un simple retour à un équilibre antérieur. Au contraire, elle mène ceux qui traversent ce processus à un style de vie d’une qualité particulière, grave et extra-ordinaire, qui rend différents ceux qui ont souffert et ont agi sur leurs souffrances.

On connaît peut-être sa fable, souvent citée, des « casseurs de cailloux », relative à la résilience.

En se rendant à Chartres, un voyageur voit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Son visage exprime le malheur et ses gestes la rage.

Le voyageur demande : « Monsieur que faites-vous ? »

« Vous voyez bien, lui répond l’homme, je n’ai trouvé que ce métier stupide et douloureux ».

Un peu plus loin, le voyageur aperçoit un autre homme qui lui aussi casse des cailloux, mais son visage est calme et ses gestes harmonieux.

« Que faites-vous Monsieur ? », lui demande le voyageur.

« Et bien je gagne ma vie grâce à ce métier fatigant, mais qui a l’avantage d’être en plein air », lui répond-il.

Plus loin un troisième casseur de cailloux irradie de bonheur. Il sourit en abattant la masse et regarde avec plaisir les éclats de pierre.

« Que faites-vous ? » lui demande le voyageur.

« Moi, répond cet homme, je bâtis une cathédrale ! »

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