A l’aune des bouleversements provoqués par la crise sanitaire, sociale, économique, et écologique du coronavirus, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) devrait selon les observateurs faire l’objet d’un plus grand intérêt de la part des cadres et dirigeants.

Car, en dépit de la forte médiatisation dont elle bénéficie, la RSE reste un continent largement méconnu.

Beaucoup de professionnels d’entreprise, à commencer par les cadres et dirigeants, sont exclus de ce domaine réservé, à moins qu’ils ne s’en excluent eux-mêmes.

Elle est à bien des égards un domaine réservé aux directeurs RSE, directeurs du développement durable et directeurs financiers d’une part, aux consultants experts d’autre part. A cela, deux raisons principales, sa complexité et sa technicité.

Compétences pluridisciplinaires

Lorsqu’on les interroge sur la finalité, ou l’une ou l’autre des diverses et nombreuses thématiques de la RSE, les cadres et dirigeants pour la plupart éprouvent des difficultés à apporter des éléments de réponse autres que des généralités.

S’ils sont conscients de l’importance de la RSE, ils ne sont pas en mesure d’entrer dans le vif du sujet, d’agencer, de structurer et d’organiser leurs idées, ni de préciser leur stratégie d’implémentation.

Bien qu’ils en aient de bonnes connaissances, les cadres et dirigeants n’ont pas à proprement parler une culture forte des enjeux stratégiques de la RSE, ni des liens qu’elle entretient avec les objectifs de développement durable, les Droits de l’Homme, les normes internationales du travail, la lutte contre la corruption, ou les risques climatiques et pandémiques.

Cadres et dirigeants


Ils accusent un manque de hauteur de vue et de recul, un déficit de leadership, nécessaires pour porter un projet au sein de leur entreprise, et la piloter.

D’autant que la RSE fait appel à des compétences pluridisciplinaires.

Troisième voie

Entre la littérature de vulgarisation qui se multiplie dans les médias, sur internet, et les réseaux sociaux, qui n’aborde pas souvent de manière approfondie les questions centrales de la RSE, et le discours des experts dont le jargon technique ne permet pas de s’en approprier les principes, valeurs et objectifs, il y a de la place pour une troisième voie.

S’il veut être en capacité de piloter la démarche RSE de son entreprise, le dirigeant en particulier doit se constituer une culture forte, afin d’en maîtriser les fondamentaux.

S’il n’est pas un expert de la RSE, c’est à dire un soliste pour faire référence au domaine musical, il peut néanmoins en être le chef d’orchestre.

En tant que tel, il s’entoure d’une équipe de solistes – d’experts- mais c’est lui qui coordonne l’intervention des différents instruments.

Communication

Bien qu’une pléthore d’études atteste du contraire, les chefs d’entreprise pour la plupart doutent que la démarche RSE soit un levier de croissance.

Trois raisons majeures à cela : parce qu’ils ignorent leur existence, n’ont pas le temps d’en prendre connaissance, ou sont rebutés par le jargon technique et le style de communication des spécialistes.

Toute innovation sociétale quelle qu’elle soit passe par quatre phases, avant d’être adoptée par le plus grand nombre : rejet – résistance – doute – appropriation.

La complexité de la RSE n’est qu’apparente, elle ne représente pas un obstacle majeur, complexe ne signifiant pas compliqué.

Et la technicité de la RSE ne signifie pas qu’elle ne puisse être traduite en termes simples et accessibles, ni que les cadres et dirigeants soient dans l’incapacité de s’en emparer et se l’approprier.

La mise en ligne du livre blanc de l’ANDRH « RH & RSE à la croisée des chemins » en octobre 2019, soit quelques semaines avant la pandémie du Covid-19, montre la pertinence et la justesse de sa date de publication, autant que l’intérêt et la prise de conscience grandissante de la fonction RH pour la démarche RSE.

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