Le confinement au temps du Coronavirus Covid-19 a pris effet en France le lundi 16 mars 2020 à 12h00. Doté du don d’ubiquité, le virus frappe partout dans le monde, simultanément. Défendons-nous. Protégez-vous. Restez chez vous.

Alors que je commence cette chronique sur la vie quotidienne du confinement au temps du Coronavirus Covid-19, ce dimanche 22 mars à 8h22, je consulte comme je le fais chaque matin le site du gouvernement.

Lueur d’espoir, on sait que le virus n’est pas systématiquement fatal pour les personnes contaminées, dans plus de 80% des cas.

Conjuguer

Le confinement n’est pas un mot qu’on utilise souvent. Comme pour beaucoup d’autres personnes, le nombre de fois où je l’ai employé peut se compter sur les doigts d’une seule main. Aujourd’hui, je le prononce et l’entend cent fois par jour.

Confinons-nous donc. Je confine, tu confines, il confine, nos amis, nos collègues, nos voisins confinent, une grande partie des citoyens français confine.

On confine en Chine, en Italie, en Espagne, en Iran, presque partout ailleurs, aux USA, en Jordanie, ou au Canada, dans toutes les régions du monde.

En anglais, confinement se dit « lockdown ». Comment dit-on dans les autres langues, en allemand, arabe, chinois, espagnol, ou italien ? Conjuguons le verbe confiner à tous les temps, sur tous les continents.

« Confinement », « gestes barrières », « distanciation sociale » ou « checker » (terme désignant les nouveaux rituels – se taper le coude ou le pied – pour se saluer, qui remplacent la bise ou la poignée de main), je m’initie au nouveau langage et aux nouveaux codes.

La crise du coronavirus aura eu au moins le mérite de nous faire réaliser, pour ceux notamment qui en doutaient encore, que l’humanité est une et indivisible.

Soignants

Tout le monde confine ? Pas vraiment. Il y a des centaines de milliers de gens en France, et partout ailleurs, qui ne confinent pas, et ne peuvent pas confiner, simplement parce que nous avons besoin d’eux.

« Une armée de soignants se bat contre le coronavirus« , nous rappelle la sociologue du travail Dominique Méda. « Cette crise va nous donner l’occasion d’une double réflexion : sur le rôle social du travail, d’une part, et sur l’importance relative accordée aux différents métiers, d’autre part. »

Elle ajoute : « Des bataillons d’aides-soignantes et d’aides à domicile – en très grande majorité des femmes – assument des tâches cruciales pour la solidarité entre les générations. Ils assurent la toilette, les repas, l’aide aux gestes essentiels de nos seniors dépendants. Faute de reconnaissance et de rémunération suffisantes, de moins en moins de personnes effectuent ces activités difficiles. Mais on peut aussi penser aux éboueurs, aux personnels des commerces alimentaires… »

Résilience

Confinement au temps du Coronavirus COVID-19

Pour ma part, durant la période du confinement au temps du Coronavirus Covid-19, je commence la journée par m’informer sur les dernières données épidémiologiques et la propagation du coronavirus.

Je prends régulièrement contact avec les personnes de mon environnement personnel et professionnel, pour savoir comment chacun vit ces temps difficiles, et partager nos expériences respectives.

Je fais des recherches pour améliorer mes connaissance sur les pandémies dans l’Histoire, et l’histoire des pandémies. Cela m’aide à mieux comprendre la crise que nous vivons, et mieux m’y adapter.

Je développe mes connaissances des mécanismes de la résilience, c’est à dire « la capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative ».

Réseaux sociaux

Comme des millions d’autres gens je suis en télétravail. Sur les réseaux sociaux, je remarque qu’à la seule exception de Twitter, le traffic et l’activité ont sensiblement baissé.

Twitter est une mine d’informations pour quiconque souhaite s’informer sur la crise du coronavirus, tandis que Whatsapp est très efficace pour la communication de groupe.

Avec le restant de l’équipe, on travaille sans relâche, mais on n’oublie pas de s’offrir sur Whatsapp, de temps à autre, à l’occasion d’une pause bien méritée, des moments de partage d’humour et de bonne humeur. L’heure est grave, mais la vie continue.

Signe des temps, je constate que je reçois moins de spams qu’à l’ordinaire. Les spameurs ne sont pas à la fête, semble-t-il. Voilà une bonne chose. Le coronavirus aurait-il atteint leur moral ou leur sens moral ? Je guette les infox (fake news). Il y a des petits malins qui proposent de vendre des masques.

Beaucoup de bruit pour rien

Ce matin j’ai appris que, dès l’annonce de l’obligation au confinement, un homme avait décidé de profiter de l’aubaine – pour ainsi dire, et pour parler crûment – et d’emmener sa petite famille en bord de mer.

Interpellé, regrettant son geste, il a déclaré avoir pensé qu’il serait opportun de profiter du confinement obligatoire pour partir en vacances. C’est triste à dire, mais il n’est pas le seul dans ce cas.

D’innombrables personnes ont quitté les grandes agglomérations, Paris, Berlin, Rome, ou Barcelone pour la campagne ou la montagne, croyant que le coranavirus ne les atteindrait pas, ne les rattraperait pas, à moins qu’ils n’aient pensé que la pandémie ne les concernait pas.

D’autres personnes ont pu penser qu’on faisait beaucoup de bruit pour rien; d’autres encore n’ont pas souhaité changer leurs habitudes, elles sont allées se promener sur les quais de la Seine, au Bois de Boulogne, en bicyclette, boire un verre, partager un repas avec leurs amis. Le confinement, très peu pour nous, en d’autres termes.

Situation de crise

On a appris que dans le nord de l’Italie, la région du pays la plus touchée, des personnes ont fui. Elles se sont dirigées vers le sud, n’ayant pas pensé ou imaginé une seconde qu’elles pourraient emmener avec eux le virus, et le transmettre là-bas. Tragique erreur. Le coronavirus se répand maintenant vite dans le sud de l’Italie.

Restez chez vous, vous dit-on!

Lors du confinement au temps du Coronavirus Covid-19, tandis que certains rivalisent de générosité, tentent de sauver des vies humaines, de renforcer nos liens liens sociaux et nos liens de solidarité, de s’informer et d’informer leur entourage, de se rendre utile, d’autres ne semblent se préoccuper que d’eux-mêmes.

Ils continuent de vaquer à leurs occupations, ignorant ou faisant mine d’ignorer que leur vie et la terre entière basculent dans l’inconnu. Ainsi va notre monde.

« Le bien, le mal, tout passe. Et cela aussi passera » a dit le poète.

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