L’Anglais Compétence-Clef des Cadres et Dirigeants

L’Anglais est la langue la plus parlée dans le monde. Sa maîtrise est considérée comme stratégique par les multinationales françaises, les entreprises exportatrices, nombre d’entreprises franco-françaises, ou les start-ups.

Mesurer l’influence économique et culturelle d’une langue par rapport aux autres est un exercice difficile et complexe.

Plusieurs méthodologies existent, l’une d’entre elles consiste à comptabiliser le nombre de locuteurs.

En tant que langue maternelle, l’Anglais qui ne compte que 375 millions de locuteurs natifs est parlé par plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde.

Le Français est parlé par 370 millions de personnes dans le monde, c’est la cinquième langue après l’Anglais, le Chinois, l’Hindi et l’Espagnol.

La méthodologie dite de « George Weber » classe les dix langues les plus influentes dans le monde en tenant compte de six critères :  la langue maternelle (4 points maximum), la langue seconde (6 points maximum), le pouvoir économique des pays utilisant une langue (8 points maximum), nombre de domaines majeurs de l’activité humaine dans lesquels la langue est importante (8 points maximum), nombre de pays et leur population utilisant une langue (7 points maximum), prestige socio-culturel d’une langue (4 points maximum+1 point si la langue est langue officielle des Nations Unies ).

Selon cette dernière, le français arrive en 2ème position (23 points), après l’Anglais (37 points), viennent ensuite l’Espagnol (20 points), le Russe (16 points) et l’Arabe (14 points).

Le Français 3ème langue des affaires dans le monde

Le Français possède de précieux atouts, il progresse et est dynamique. Enseignée par 900.000 professeurs, c’est la 2ème langue la plus apprise dans le monde. Le Français est, après l’Anglais et le Chinois, la 3ème langue des affaires dans le monde, la 4ème langue d’internet et la 2ème langue d’information internationale dans les médias.

L’Anglais s’impose néanmoins comme la première langue internationale. Les défenseurs de la langue française, les puristes et certains linguistes n’ont de cesse de polémiquer, pas toujours de bonne foi, sur les raisons supposées de cette suprématie.

Quoiqu’on prétende, la langue anglaise possède une capacité d’adaptabilité à nulle autre pareille. C’est l’une des raisons pour lesquelles on compte 35 pidgins à base d’Anglais contre 15 à base de Français.

Le fait est, qu’il suffit de consulter la carte ci-contre pour en prendre pleinement conscience.

Elle montre les résultats de l’application gratuite d’apprentissage de 23 langues, Duolingo, qui compte à ce jour 150 millions d’utilisateurs dans le monde; où l’on voit que l’Anglais arrive largement en tête, suivi du Français.

Domination de l’Anglais

L’Anglais est la langue des affaires et du commerce mais également celle de la recherche scientifique. Deux enquêtes de l’Institut national d’études démographiques (INED) soulignent que l’Anglais s’est imposé dans l’enseignement supérieur.

« L’Anglais domine, donc, en toute impunité. Mais il existe des différences selon les disciplines. « Dans les sciences dites dures et réputées exactes », écrit l’INED, le Français n’est pas menacé de marginalisation, il est déjà marginal. » Il ne domine plus que dans 2 % des cas… Dans les sciences humaines et sociales, la situation est plus contrastée. Mais l’Anglais occupe tout de même une position dominante selon 59 % des directeurs de laboratoire, contre 23 % pour le Français. » (A l’université, l’anglais est déjà la langue des chercheurs, Le Monde 21.05.2013)

Malgré les sommes considérables consacrées aux formations linguistiques le niveau moyen de maitrise de la langue anglaise laisse à désirer. En 2015, les langues occupaient pour la 8ème année consécutive, la 1ère place du classement des demandes de formations émises par les entreprises. L’Anglais représente à lui seul 79% des investissements. Quid du retour sur investissement ?

Selon l’étude réalisée en 2017 par l’institut de langues EF, en regard de nos voisins européens le niveau d’anglais de la France est moyen pour ne pas dire faible. (Carte : le niveau d’anglais des Européen).

Toutes les études françaises, européennes ou internationales font le même constat, le niveau de maîtrise d’une langue étrangère en France est faible.

Pour l’Institut de langues EF, cela est notamment dû à des méthodes d’apprentissage ne s’appuyant pas sur le développement des compétences communicationnelles et à la très faible exposition des français à l’Anglais dans la vie quotidienne.

Résistances culturelles

Les causes sont plus profondes qu’on se plaît à le reconnaître. Le déficit de culture internationale ou d’ouverture à l’international de nombreux élites, cadres, dirigeants, et d’institutions, ainsi que les résistances culturelles historiques au processus de globalisation de la société française sont à blâmer.

L’Anglais est la langue la plus utilisée sur internet. On considère que 80% des données sur le net sont en Anglais.

Pour les jeunes diplômés, les acteurs de l’entreprise, les cadres et dirigeants en particulier, on mesure l’importance stratégique de la maîtrise de l’Anglais s’agissant notamment de la veille concurrentielle, de l’intelligence économique, de la recherche et développement.

Sur les réseaux sociaux, LinkedIn ou Facebook, les échanges, études, communications et publications sur les sujets les plus passionnants et les plus divers relatifs à la vie économique et la culture d’entreprise, se font principalement en Anglais.

Si l’on veut se mettre à jour sur la gestion des risques climatiques, éthiques, financiers ou les risques de réputation, si l’on éprouve le besoin d’approfondir ses connaissances sur le développement durable, la RSE, la cybercriminalité, l’intelligence artificielle, ou n’importe quel autre centre d’intérêt, mieux vaut étendre ses recherches grâce à sa maîtrise de la langue anglaise afin d’avoir accès à des données de première main, bien avant qu’elles ne soient traduites et disponibles sur le web français.

Selon les écoles de pensée, on estime qu’avec 1500, 2000, 3000 ou 5000 mots, on peut comprendre 90% des conversations quotidiennes en Anglais ainsi que la plupart des journaux et magazines grand public. C’est méconnaître les mécanismes d’appropriation d’une langue et, surtout, sa complexité, car elle ne se résume pas à son lexique, d’autant qu’une langue est un être vivant qui ne cesse d’évoluer et de se transformer. Ceci est particulièrement vrai de l’Anglais qui a des qualités le rendant très apte à la création lexicale.

L’appropriation d’une langue se fait à deux niveaux : comme moyen de communication d’abord, comme moyen d’expression ensuite. Ce n’est que lors de l’atteinte du deuxième niveau, lorsqu’on passe des connaissances aux compétences qu’on peut parler de maîtrise.

Rééducation

Il n’y pas d’apprentissage plus difficile que celui d’une langue étrangère, ou langue seconde terme qu’on utilise en psycholinguistique. Le langage relève de processus neurophysiologiques, psychologiques et sociologiques, on parle de « comportement verbal » soit la capacité à utiliser les ressources et fonctions d’une langue, en toute situation, avec ses nuances et ses subtilités.

Les pays qui possèdent les meilleurs locuteurs en anglais dans le monde.

 

Le nouveau comportement verbal induit par l’apprentissage d’une langue seconde n’est rien moins qu’une «rééducation», laquelle porte sur quatre aspects : l’audition, l’articulation, la perception, la conceptualisation.

La maitrise d’une langue seconde s’inscrit dans les compétences sociales et relationnelles d’un individu, ainsi que dans celles relevant de l’intelligence émotionnelle.

 

Le cadre européen de référence pour les langues soit la grille d’évaluation sur 6 niveaux et 5 compétences-clefs progressives allant du plus facile au plus difficile – écouter, lire, prendre part à une conversation, s’exprimer oralement en continu, écrire – montre bien l’effort et le travail qu’il faut effectuer afin d’atteindre le niveau de maîtrise (C2).

Combien de professionnels d’entreprise peuvent affirmer : « Je peux participer sans effort à toute conversation ou discussion et je suis aussi très à l’aise avec les expressions idiomatiques et les tournures courantes. Je peux m’exprimer couramment et exprimer avec précision de fines nuances de sens. En cas de difficulté, je peux faire marche arrière pour y remédier avec assez d’habileté et pour qu’elle passe presque inaperçue. » ?

En définitive, à l’heure de la globalisation, les enjeux et les défis linguistiques à relever ont profondément changé. Il ne s’agit plus simplement d’apprendre une langue seconde ou d’être capable de produire un discours. Ce qui s’impose aujourd’hui, c’est la nécessité d’évoluer et de travailler dans un environnement interculturel.

Laisser un commentaire