Pour l’éducation au développement durable dans l’entreprise

L’atteinte des objectifs du développement durable à l’horizon 2030 sous-entend que les États mobilisent leurs forces vives, d’où l’importance accordée à l’éducation. De plus en plus considérée comme un enjeu majeur, l’éducation au développement durable doit trouver sa place au sein de l’entreprise afin de forger la conscience et l’identité planétaires de ses parties prenantes.

L’éducation au développement durable fait l’objet d’un programme d’action de l’Unesco dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’Éducation au Service du Développement Durable, c’est à dire « un monde où chacun aurait la possibilité de recevoir une éducation et d’apprendre les valeurs, les comportements et les modes de vie requis pour un avenir viable et une transformation positive de la société

Les objectifs de développement durable ((ODD) adoptés par la communauté mondiale reconnaissent l’importance de l’éducation pour la réalisation de leurs cibles d’ici à 2030. La cible 4.7 de l’objectif 4 sur l’éducation au développement durable précise :

« D’ici à 2030, faire en sorte que tous les élèves acquièrent les connaissances et compétences nécessaires pour promouvoir le développement durable, notamment par l’éducation en faveur du développement et de modes de vie durables, des droits de l’homme, de l’égalité des sexes, de la promotion d’une culture de paix et de non-violence, de la citoyenneté mondiale et de l’appréciation de la diversité culturelle et de la contribution de la culture au développement durable ».

L’objectif de l’éducation au développement durable est de faire en sorte que chacun ait la possibilité de se doter des connaissances, compétences, valeurs, et attitudes nécessaires pour contribuer au développement durable.

Citoyens responsables

En France, très impliquée dans l’éducation au développement durable, l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Énergie (ADEME) propose aux enseignants des outils pédagogiques et d’information, afin de sensibiliser les élèves et les étudiants de l’enseignement primaire, secondaire, technique et supérieur.

Les projets relatifs à l’éducation au développement durable se multiplient à travers le monde. Or, elle ne semble pas avoir franchi le seuil de l’entreprise, où l’on se contente de mettre en œuvre essentiellement des actions de communication – information, sensibilisation, formation – selon divers formats.

Ni vaines ni inutiles, ces actions de communication sont en revanche insuffisantes quand il s’agit de mesurer la portée de nos choix et décisions au quotidien, et de prendre nos responsabilités, en ayant toujours présent à l’esprit que nos modes de consommation et de comportement peuvent avoir des répercussions sur la vie des individus vivant à l’autre bout du monde, et sur notre planète.

Contrairement à l’information, la sensibilisation ou la formation, l’éducation au développement durable ne se limite pas à l’instruction stricto sensu relative aux savoirs et savoir-faire – être en capacité de réaliser ses missions dans le contexte social, économique et technique de son entreprise -, mais vise à assurer le développement de toutes nos capacités physiques, intellectuelles, morales et techniques.

L’éducation au développement durable est susceptible de permettre aux individus d’affronter leur vie personnelle et professionnelle, en étant des citoyens responsables.

Trois approches

On distingue trois approches pour implémenter la culture du développement durable au sein de l’entreprise. La première vise à mettre en place des actions de communication sur les concepts, outils et démarches, dans le but d’induire chez l’apprenant ou le participant l’adoption d’attitudes responsables. Or, l’expérience montre qu’il existe un fossé entre le discours et l’acte d’une part, entre le fait d’être convaincu et d’agir de manière responsable d’autre part.

La deuxième, à agir sur le développement de nouveaux comportements. Très en vogue auprès des grandes entreprises et des multinationales, ainsi que des organisations patronales, elle s’appuie sur la diffusion des bonnes pratiques, en particulier la connaissance puis l’adoption des éco-gestes. Mais si la connaissance des éco-gestes produit des effets bénéfiques en suscitant des comportements mimétiques chez les enfants, force est de constater quelle ne produit pas de résultats identiques chez les adultes.

La troisième, la plus élaborée et exhaustive, l’éducation au développement durable proprement dit, consiste à prendre de la hauteur afin de dépasser le dualisme de la communication et des bonnes pratiques : conjuguer théorie et pratique, éthique et performance.

Il s’agit de prendre conscience des enjeux du développement durable sous des perspectives historique, environnementale et socio-économique. Soit un projet fédérateur ancré dans la culture organisationnelle, s’incarnant dans des valeurs et un engagement inconditionnel en faveur de la soutenabilité et de la durabilité.

Laisser un commentaire