Il semble que l’on assiste à une tentative d’instrumentalisation, à peine déguisée, visant à tirer profit de la confusion et du désarroi provoqués par la crise sanitaire du coronavirus pour suggérer, au nom de l’économie, l’assouplissement ou la levée des contraintes écologiques. L’environnement ou l’économie, faut-il choisir ?

C’est oublier, ou feindre d’oublier, que la crise sanitaire de Covid-19 est écologique et systémique, elle impacte chacun des 17 objectifs de développement durable.

La dégradation de l’environnement, à commencer par les effets conjugués du réchauffement climatique, de la destruction des forêts primaires, de l’urbanisation galopante, dont celle plus récente des régions intertropicales, produisent des perturbations sur les écosystèmes naturels, la diversité biologique, et la barrière des espèces.

C’est dans ce terreau, selon les chercheurs, que naissent et se développent les épidémies et pandémies.

Le phénomène n’est pas nouveau, mais à mesure que s’intensifient chaque jour davantage, à un rythme effrénée, la globalisation et la circulation des biens et des personnes, les risques de déséquilibres et de ruptures quasi irréversibles des écosystèmes se multiplient.

Lobbying

Depuis le début de la crise pandémique, on a vu de nombreuses entreprises petites, moyennes et grandes, adopter un comportement citoyen, et apporter leur contribution à la chaîne de solidarité, à travers dans le monde.

A côté de cela, des lobbies industriels sont à la manœuvre. Il n’aura pas fallu attendre longtemps, pour qu’ils s’activent, se mobilisent, et réussissent à obtenir aux USA, au Canada ou en Chine, notamment, l’autorisation de redémarrer leurs activités, en s’affranchissant des contraintes de la régulation environnementale, et en bénéficiant des aides financières des États, et du Fonds Monétaire International.

Selon le quotidien britannique The Guardian de nombreux secteurs d’activités, parmi les plus polluants, dont ceux des énergies fossiles, de l’automobile, des plastiques, ou de la chimie, tirent avantage de la situation de crise économique.

S’il se confirme, le report de grands rendez-vous internationaux comme la COP26, cruciale pour la mise en œuvre effective de l’Accord de Paris, et la Convention sur la diversité biologique (CBD), risque de repousser aux calendes grecques les grandes décisions internationales dont nous avons besoin pour faire face à deux autres urgences : le changement climatique et l’effondrement du vivant.

Greenpeace

Il faudra s’attendre dans les semaines, et les mois à venir, à ce que le dilemme récurrent de l’environnement ou l’économie comme axe prioritaire des politiques publiques, devienne plus que jamais un sujet d’actualité brûlant, et de polémique.

Concilier économie et développement humain

Le défi de la refondation de nos sociétés consistera à ne pas avoir à choisir entre l’environnement ou l’économie, mais à concilier développement humain et développement économique.

Le développement durable est le paradigme qui tend à faire éclater l’opposition de ces deux systèmes de pensée divergents, en y intégrant la dimension humaine.

Ceux qui espèrent que l’environnement et la lutte contre le changement climatique, seront les dindons de la farce de la crise du coronavirus, pourraient déchanter.

Les activistes de la défense de l’environnement et de la lutte pour le climat ne sont pas dupes, qui avaient anticipé le coup de poker des industries polluantes.

Business as usual

Dès le début du confinement, ils alertaient l’opinion publique et les gouvernements sur le danger de jeter la lutte contre le changement climatique aux oubliettes, sous prétexte d’urgence économique.

Ils affirmaient que l’environnement et la crise du coronavirus sont l’avers et l’envers d’une même médaille; que climat, biodiversité, protection des écosystèmes naturels, économie, et santé humaine, étaient les parties d’un tout; et que toucher à l’une ou l’autre des parties, reviendrait à bouleverser le tout.

L'environnement ou l'économie
La pandémie de Covid-19 impacte tous les objectifs de développement durable

Alors que le déconfinement est sur toutes les lèvres, activistes, experts et scientifiques sonnent l’alarme, et essayent de contrecarrer la stratégie offensive des tenants du business as usual.

Les enjeux sont considérables, car les sommes allouées aux entreprises polluantes pour relancer l’économie, sans distinction aucune ni contreparties de leur engagement en faveur de l’environnement, sont autant d’investissements cruciaux qui ne pourront être affectées à l’environnement et la lutte contre le changements climatique.

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