Les biais cognitifs entravent la vision de beaucoup de décideurs, ils représentent des obstacles à la mise en œuvre de leur politique de résilience visant à faire face à la crise systémique du Covid-19, laquelle met les entreprises à rude épreuve et menace leur business modèle.

Les cadres et dirigeants ayant rencontré des difficultés dans la relance de leurs activités, leur adaptation à la situation de crise, ou l’implémentation de leur stratégie de résilience, en sont les témoins.

On considère qu’il existe six compétences vertueuses en matière de management des risques, afin d’éviter la survenue d’une crise ou de l’affronter.

Attention constante portée aux risques, considérés comme des symptômes d’une défaillance systémique ; réticence à la simplification où l’on s’interdit d’interpréter des faits sur la base d’hypothèses; refus des a priori et des conclusions hâtives; sensibilité aux opérations permettant d’avoir une connaissance du terrain et une vue d’ensemble; résilience, soit la capacité à continuer de fonctionner en toute circonstance, car le risque zéro n’existe pas; confiance et respect envers l’expertise, plutôt qu’à l’autorité hiérarchique.

Capacités cognitives limitées

Selon le sociologue Gerald Bronner nos capacités cognitives sont limitées, au plan dimensionnelle, temporelle et culturelle.

Limite dimensionnelle, soit notre position dans l’espace social qui entrave notre capacité à recueillir les informations ;

Limite temporelle, soit notre capacité limitée par notre position dans le temps, et notre incertitude vis-à-vis du futur ;

Limite culturelle, à savoir notre interprétation d’un phénomène – en l’occurrence la crise du Covid-19 – laquelle est dépendante de la culture du groupe socio-économique ou socio-professionnelle auquel nous appartenons.

Trois biais cognitifs

La pensée de groupe, le biais du statu quo et le conformisme sont trois raisons inconscientes de blocage ou de décisions erronées, illogiques, contre productives.

La pensée de groupe tend à s’imposer, quand des personnes participant à une réunion se donnent l’illusion d’avoir trouvé la solution à un problème, de parvenir à un consensus, alors qu’en réalité ses membres sont paralysés par des mécanismes inhibants de dynamique de groupe.

Le biais du statu quo tend à pousser les individus à considérer, que la nouveauté ou l’innovation génère plus de risques que d’avantages, et à privilégier les solutions connues et reconnues, au prétexte qu’elles ont dans le passé fait leurs preuves.

Biais cognitifs

Le biais de conformité, désigne la tendance à abdiquer notre forme de raisonnement et notre réflexion personnelles, pour rallier l’avis de la majorité.

Gestion émotionnelle

Qu’il s’agisse des nouvelles formes d’organisation du travail à inventer, de la pertinence du télétravail, la communication et le travail en groupe, des menaces qui pèsent sur la santé mentale des salariés, de la légitimité de l’autorité, des notions de risque ou de résilience, ou la nécessité d’implémenter une démarche RSE, la difficulté de nombre de cadres et dirigeants à affronter de manière efficiente la situation de crise du Covid-19 est liée à leur gestion émotionnelle.

D’autant que leur état émotionnel est lui-même lié à des biais cognitifs, parmi lesquels les illusions de perception, ou l’impossibilité de saisir la situation de crise dans toute sa complexité.

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