De nombreux chefs d’entreprise ne mesurent pas à quel point les technologies de l’information et de la communication (IT) ont changé leur business modèle, et l’environnement économique dans lequel celui-ci évolue.

Ils ne sont pas plus de 20% à considérer que la communication sur les réseaux sociaux relève de la stratégie.

La quasi-absence des chefs entreprise sur les réseaux sociaux est d’autant plus incompréhensible que leurs salariés – en particulier les jeunes adultes de la tranche d’âge 25-39 ans – s’y impliquent, plébiscitant avec enthousiasme les possibilités qui leur sont offertes en termes de rencontres et d’échanges, lesquels sont autant de sources d’apprentissage, d’épanouissement personnel et professionnel.

Résistance culturelle

On peut se demander si la difficulté des chefs d’entreprise à appréhender les enjeux de la RSE et des réseaux sociaux, ne relèverait pas d’une même forme de réticence et de résistance culturelle.

La crise sanitaire, économique et sociale de la COVID a montré que les réseaux sociaux occupent, et occuperont une place de plus en plus importante dans le développement des entreprises.

Richard Branson, fondateur du Groupe Virgin, avait exprimé il y a quelques années, dans un post sur LinkedIn, son étonnement de constater que plus on grimpe dans la hiérarchie des entreprises, moins on trouve de professionnels sur les réseaux sociaux. « Pourquoi n’y a-t-il pas pas de chefs d’entreprise en ligne ? » se demandait-il.

De fait, quiconque s’investissant professionnellement sur les réseaux sociaux, est à même d’observer qu’il n’est pas fréquent de voir, sauf de manière ponctuelle, intermittente, et quelque peu désordonnée, des chefs d’entreprise.

Capacités relationnelles

Les réseaux inventent de nouvelles formes de convivialité, on s’interpelle souvent par le prénom et le tutoiement est largement pratiqué, ce qui permet de briser les barrières artificielles ou inutiles et d’aller à l’essentiel.

A l’heure du numérique, ce n’est pas seulement le niveau socioprofessionnel, ni la position hiérarchique ou la fonction qui confère l’autorité, mais les compétences et les capacités relationnelles.

A l’heure des réseaux sociaux, les salariés sont des parties prenantes, les clients des partenaires, et les consommateurs des acteurs qui s’informent, critiquent, comparent, échangent des informations, achètent de plus en plus en fonction de critères et de valeurs non négociables, et confient leur motivation d’achat sur les réseaux sociaux.

Chefs d'entreprise

Le monde a changé, l’entreprise ne peut plus se permettre de vivre de manière autarcique.

L’entreprise du XXIe siècle responsable et durable n’est plus un système fermé, replié sur lui-même, mais un système ouvert connecté en interne et externe.

Selon REDD (Réseau Entreprise Développement Durable), « Les entreprises durables sont des entreprises résilientes, qui créent de la valeur économique, des écosystèmes en bonne santé et des communautés solides. Elles survivent aux crises externes, car elles sont intimement liées à des systèmes économiques, sociaux et environnementaux sains« .

Intelligence économique

À l’ère du numérique et de la globalisation, l’intelligence économique et le marketing digital ont remplacé l’espionnage industriel, de ce point de vie les réseaux sociaux occupent une place irremplaçable.

Les réseaux sociaux sont l’objet de travaux de recherche en sciences sociales, des études montré que « Le pouvoir au sein des organisations a été trouvé relevé davantage du degré avec lequel un acteur social d’un réseau est au centre de plusieurs relations sociales qu’à son titre professionnel effectif. Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle fondamental dans l’embauche, dans le succès des sociétés, et dans le rendement professionnel« . (Technoscience.net)

Les experts qui possèdent la double casquette Ressources humaines et RSE ne disent pas autre chose lorsqu’ils constatent que les enjeux de la RSE remettent en cause la nature des relations de pouvoir et d’autorité.

Les jeunes diplômés déclarent rechercher des informations sur leur employeur potentiel en priorité sur les réseaux sociaux.

Leviers de changement

Les chefs d’entreprises qui manifestent si peu d’intérêt, et tant de réticence pour l’IT, les réseaux sociaux, le développement durable et la RSE, continueront-ils longtemps à faire la politique de l’autruche ?

« Si une entreprise ne s’adapte pas à l’ère des médias sociaux, elle n’est plus dans l’air du temps« , a déclaré un jeune diplômé interrogé dans le cadre d’une enquête menée par Universum.

La stratégie, la structure, les processus, le management, la communication et la gestion des ressources humaines sont bouleversés par l’avènement de la globalisation, des technologies de l’information et de la communication (IT), du développement durable, et de la RSE. Trois leviers de changement de la culture organisationnelle étroitement liés.

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