La gouvernance des entreprises semble opérer un changement profond, les dirigeants ne peuvent plus ignorer ou nier les impacts des risques climatiques ou de la raréfaction des ressources naturelles sur la conduite de leurs affaires. Les sciences écologiques ont gagné la bataille des idées.

Dans un monde en proie aux crises globales et systémiques, personne n’ose plus croire que les modèles de croissance et de performance économique ne doivent pas être réévaluées.

Les impacts des risques climatiques sur la conduite des affaires ne sont pas une vue de l’esprit, ils sont pris sérieux par les dirigeants, mais aussi par les Assureurs.

C’est ainsi, par exemple, que le Groupe AXA l’un des premiers Assureurs dans le monde, avait dès 2012 organisé un événement réunissant des experts et un large public composé de journalistes, d’institutionnels et d’entreprises, sur la thématique « Risques Climatiques : Mieux Comprendre pour mieux Agir».

Considérant que les risques climatiques exercent de manière croissante une menace sur leurs propres activités, les acteurs principaux du secteur cherchent à anticiper cette ère de phénomènes météorologiques extrêmes, et à combiner la modélisation des risques aux travaux de recherche des experts de la climatologie, afin d’adapter leurs modèles de couverture.

Nouvelle équation

L’association française des entreprises françaises et internationales (EpE), issues de tous les secteurs de l’économie qui veulent mieux prendre en compte l’environnement dans leurs décisions stratégiques et dans leur gestion courante, a publié pour sa part en 2014, en partenariat avec l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique), un guide pratique « Les entreprises et l’adaptation au changement climatique« .

risques climatiques

L’ouvrage contient une vingtaine d’exemples montrant comment divers secteurs tels que ceux de l’énergie, de l’eau, des transports, de la construction et des assurances, abordent le sujet et agissent concrètement; il propose une démarche méthodologique qui permet à chaque entreprise d’engager sa propre stratégie d’adaptation.

Comment les dirigeants d’entreprises peuvent-ils prendre en compte cette nouvelle équation ? Comment les investisseurs perçoivent-ils les risques en termes de chaîne de valeur ?

Comment les parties prenantes externes, dont les communautés humaines, mesurent-elles la responsabilité des dirigeants entreprises sur l’utilisation des ressources naturelles locales et régionales, quand celles-ci se font de plus en plus rares. Comment s’y prennent-elles pour les interpeler, voire porter leurs griefs et revendications dans des actions de justice ?

Résilience

D’autant que l’interdépendance des pays ajoute à l’incertitude et aux risques d’une économie mondialisée, dans laquelle une catastrophe naturelle dans une région du monde peut provoquer des dysfonctionnements, des dégâts et dommages partout ailleurs, affectant la santé et le bien-être des uns, l’approvisionnement et les relations commerciales des autres, ici l’emploi et la sécurité matérielle, là les échanges, les transports et la communication.

Les États, eux-mêmes, accusées d’immobilisme et de complaisance envers des lobbies industriels puissants, ne sont plus à l’abri de poursuites.

Évaluer les risques auxquels l’entreprise est potentiellement confrontée ; réduire les risques jusqu’à un seuil acceptable ; mesurer la vulnérabilité de son entreprise dans une perspective globale en termes d’activités financières, stratégiques et juridiques ; élaborer ou adopter de nouvelles normes liées aux changements climatiques; diversifier l’implantation géographique des installations, des produits ou services ; améliorer la résilience de l’entreprise et sa capacité à affronter les situations de crise. La liste des risques est longue.

Logique de gestion des risques

Les dirigeants d’entreprises sont confrontés à la nécessité d’inventer et de créer un modèle économique et managérial centré sur le développement durable et la responsabilité sociale, sociétale et environnementale, en intégrant les risques climatiques ou la raréfaction des ressources dans leurs activités stratégiques.

Ils doivent créer une organisation résiliente susceptible de générer de la valeur économique, connectée à des écosystèmes en bonne santé et des communautés territoriales et humaines solides.

Le Réseau Entreprise Développement Durable (REDD) propose aux dirigeants une stratégie d’adaptation au changement en quatre étapes : Comprendre dans quelle mesure son entreprise est exposée, et est vulnérable aux impacts climatiques ; faire appel aux solutions technologiques pour réduire sa vulnérabilité ; diversifier son offre de produits ou services afin de réduire les risques ; se préparer aux phénomènes extrêmes, acquérir et développer ses compétences en matière de gestion de crise.

La logique de gestion des risques incite les dirigeants à investir pour protéger les infrastructures essentielles et les centres d’activités économiques contre les futurs dégâts environnementaux.

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