Largement utilisé par les entreprises durant la période du confinement avec des fortunes diverses, selon la situation personnelle, socio-culturelle et professionnelle des acteurs concernés, le télétravail fait l’objet de nombreux débats sur les opportunités et les risques qu’il représente.

L’image du télétravail la plus largement véhiculée pendant la crise de la Covid19 est celle d’une activité valorisante et performante s’inscrivant dans la stratégie de flexibilité de l’entreprise, dont les objectifs sont l’accroissement de la productivité du salarié, une autonomie accrue dans la réalisation de son travail, ou encore une meilleure conciliation de l’équilibre vie professionnels et vie privée.

Vision quelque peu idyllique, à laquelle on pourrait opposer les analyses des psychologues du travail ou des sociologues, lesquels nous invitent à ne pas occulter les conséquences négatives du télétravail, en termes d’isolement social, d’implication, et de socialisation.

Concernant les facteurs de risque liés à l’intensité et au temps de travail, des études montrent que le télétravail a modifié profondément les conditions de travail, tant sur ses modalités que sur le plan du temps et de l’espace.

« Pour beaucoup de professionnels, ces facteurs de risque se sont transformés en « risques psychosociaux » : surcharge de travail, longues journées de travail, mélange vie privée/vie professionnelle rendant les horaires de travail atypiques et imprévisibles (travail de nuit pour s’occuper des enfants (école, repas de midi)

A cela s’ajoute la perception d’un manque d’autonomie qui se traduit finalement par un rythme de travail imposé. Associées à l’intensité du travail, les marges de manœuvres pour le faire deviennent faibles. Si bien que certains professionnels déplorent de ne pouvoir développer des compétences. » (Florence Piquet, psychologue du travail)

Reconnaissance au travail

Il ne s’agit pas tant de savoir comment mobiliser les salariés, que de veiller à ne pas les démobiliser. La réponse réside dans la reconnaissance au travail, non pas seulement quand les résultats économiques et financiers sont positifs, mais quand ils font défaut.

Penser le télétravail revient à considérer la problématique du travail dans son ensemble, notamment en termes de sens du travail, et de reconnaissance au travail, laquelle se décline en reconnaissance du savoir-faire, reconnaissance des difficultés, reconnaissance de la pénibilité.

Il existe quatre formes de reconnaissance au travail :

Existentielle, elle s’adresse au salarié en tant que personne reconnue comme un être singulier, un être humain possédant une identité propre;

Télétravail

Comportementale, liée aux résultats observables, mesurables et contrôlables;

Investissement du salarié, soit la prise en compte de la motivation et des efforts fournis pour contribuer au processus de travail;

Éthique, laquelle prend en compte les valeurs du salarié, ses compétences sociales, relationnelles et humaines, son souci des autres, et son engagement RSE.

Gouvernance

La reconnaissance au travail est une composante essentielle de l’identité personnelle et sociale du salarié(e), elle donne un sens à ses missions et tâches, et contribue à sa santé et son bien-être.

La reconnaissance au travail est un facteur de performance, sachant par ailleurs que le statut du salarié par rapport à l’entreprise et la société dans son ensemble a radicalement changé.

Le salarié exprime aujourd’hui le droit de vivre pour lui (elle)-même et d’avoir ses propres valeurs, une tendance lourde autant qu’une donnée psychosociologique que l’entreprise et le management doivent intégrer.

Quant au sens au travail, il suppose qu’il existe au sein de l’entreprise une gouvernance éthique et transparente.

Le sens au travail peut se définir comme la cohérence qui existe entre les valeurs d’une personne et le travail qu’elle accomplit ; ou le degré d’harmonie et d’équilibre qui s’instaure entre une personne et ses activités professionnelles.

Ou encore l’accomplissement d’une mission et de tâches dont une personne peut tirer une certaine fierté, qui la valorise à ses propres yeux autant qu’aux yeux des autres.

Organiser, mettre en œuvre, piloter le télétravail, posent la question centrale des enjeux RSE du management à distance, autrement dit du management responsable.

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