Le subtil croisement entre une organisation classique et le travail à distance ou télétravail, qualifiée d’hybride, lequel implique des modes de collaboration différents et adaptés est devenu la norme pour nombre d’entreprises. Or, l’entreprise en mode hybride ne se résume pas à cette seule dimension.

La crise sanitaire, sociale et économique semble avoir agi comme un accélérateur de changement et favoriser l’émergence de l’entreprise en mode hybride.

En réalité, bien que les médias se soient emparés du concept d’hybridation et l’ont popularisé, la culture d’entreprise a depuis longtemps basculé en mode hybride.

Grâce aux technologies de l’information et de la communication les entreprises ont mis en œuvre de nouvelles formes d’organisation du travail, soit le savant mélange de travail à distance et de présentiel avec un ou plusieurs jours de travail à distance à domicile, en co-working, en flex office ou dans des tiers-lieux. La crise n’a fait qu’accentuer le phénomène. L’entreprise est digitale et hybride.

Performance globale

Grâce aux technologies de l’information et de la communication également, les entreprises en particulier les transnationales, peuvent plus facilement passer d’un secteur à l’autre, faire cohabiter sous un même toit leurs différentes activités en toute intelligence, créer et développer des synergies.

La culture hybride de l’entreprise est un facteur d’émulation et de performance globale, elle favorise la mobilité interne, le développement de compétences transversales, et la marque employeur.

Entreprise en forme hybride
Image REDD

Le mode hybride irrigue de toute part l’entreprise, depuis sa stratégie, sa structure, son process, les différentes générations de salariés qui constituent les ressources humaines, avec leurs différences d’origine culturelle et ethnique, jusqu’aux nombreux idiomes qui s’hybrident les uns les autres pour donner notamment naissance à l’anglais corporate que beaucoup brocardent, lequel a pourtant sa place et son utilité dans la communication et le management, en passant par la gestion de projet qui regroupe des individus venus de tous corps de métier et occupant des postes hiérarchiques disparates.

Parmi les hybridations les plus remarquables que connaît l’entreprise, il y a celles de la production et la durabilité, du profit et de la raison d’être, de la pérennité de l’organisation et la santé de ses salariés, de l’entreprise et son environnement, de la responsabilité sociétale et du développement durable.

Figures mythologiques

Comme en témoignent de nombreuses figures mythologiques – Prométhée, le Centaure, la Chimère, le Loup-Garou, et plus près de nous, les supers héros – l’hybridation a toujours préoccupé l’être humain.

Les personnes en situation de handicap peuvent être perçues du point de vue de l’hybridation, en particulier celles qui bénéficient d’une politique de compensation, laquelle est la réponse individuelle qui est apportée à la personne pour lui permettre de faire face aux conséquences de son handicap quels que soient l’origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie.

« Mais les hybrides sont aussi parmi nous, avec leurs pacemakers, leurs greffes, leurs prothèses de hanche, voire leurs fauteuils roulants. L’important est que les machines s’adaptent à notre corps et que notre corps s’adapte à elles. » (Bernard Andrieu, philosophe, professeur en épistémologie du corps et des pratiques corporelles à l’Université Nancy 1.)

Hybridité culturelle

Des chercheurs en sciences sociales remarquent que si certaines personnes survalorisent leur quête identitaire, d’autres affirment que la mondialisation est un vecteur de prospérité et de créativité, dans la mesure où elle favorise l’hybridation.

L’entreprise en mode hybride est à coup sûr ouverte sur le monde extérieur, engagée dans une évolution positive qu’il faut défendre et promouvoir.

« Aujourd’hui, les identités que l’on déclare mobiles et multiples indiquent peut-être non pas la désappropriation et la fluidité sociales, mais une nouvelle stabilité, une nouvelle assurance de soi et une nouvelle tranquillité. La fixité des identités n’est recherchée que dans les moments d’instabilité et de rupture, de conflit et de changement. (…) L’hétérogénéité, l’échange culturel et la diversité deviennent alors l’identité autoconsciente de la société moderne » (Rogerio Haesbaert, « Hybridité culturelle, « anthropophagie » identitaire et transterritorialité »)

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