Les chercheurs en sciences sociales, les experts du monde de l’entreprise, et la fonction RH planchent sur les divers scénarios de l’après Covid-19, s’agissant de l’organisation du travail et du dialogue social. Quels vont être les impacts humains, sociaux, managériaux sur le court et long terme ?


Qu’est-ce qui relèvera de changements à la marge et de changements systémiques, de court-terme et de long terme ?

Quid du dialogue social ? La santé et le bien-être des salariés vont-ils occuper une place majeure ? Le télétravail va -t-il s’étendre voire s’imposer comme le mode d’activité principal?

Quelles vont être les priorités organisationnelles, le management des risques et la stratégie de résilience individuelle et organisationnelle ?

La responsabilité sociétale (RSE) accouplée aux objectifs de développement durable sera-t-elle reconnue comme une démarche permettant à l’entreprise de changer de paradigme, et de s’adapter au monde d’après ?

Comment faire évoluer le business modèle de l’entreprise, quelle finalité nouvelle, dans un monde menacé de toute part par l’inconnu, l’incertitude, et le danger ? La raison d’être, l’entreprise à mission ? Voire.

Autant de questions, et d’autres encore, dont nous commençons à entrevoir quelques éléments de réponse.

Productivité

Certains prédisent que le télétravail va prévaloir, il permettrait d’éviter les longues heures de transport des salariés génératrices de temps perdu, de fatigue, de stress, et serait susceptible d’augmenter la productivité.

Travailler moins longtemps, moins durement, mais plus intelligemment, tels seraient selon les promoteurs de sa généralisation les bénéfices du télétravail.

D’autres pensent que la semaine de travail de cinq jours va progressivement laisser la place à celle de quatre jours, à les entendre la semaine de cinq jours serait vouée à disparaître.

La semaine de quatre jours est loin d’être un idéal ou une utopie, c’est déjà une réalité, Microsoft Japon notamment l’aurait adoptée depuis août 2019.

Réflexion globale

A l’aune des changements sans précédent et des défis exceptionnels auxquels le monde et l’entreprise sont confrontés, il ne s’agit plus de mener des actions correctives et ponctuelles, mais une réflexion globale en commençant par tirer les leçons de la catastrophe pandémique, dont notre impréparation, notre inaction, et notre fragilité face aux risques systémiques.

Pour l’entreprise en particulier, la situation de crise sanitaire, économique et écologique lui offre l’occasion de repenser son organisation du travail, et la qualité de son dialogue social.

Elle pourrait s’inspirer des mouvements de participation et d’élans de solidarité démocratique auxquels on a assisté pendant la période de confinement, où on a vu se manifester la capacité des citoyens à prendre des responsabilités, à s’organiser au niveau local et régional pour lutter contre l’épidémie.

Où encore des dispositifs délibératifs, telle la convention citoyenne pour le climat lancée en automne 2019, qui regroupe 150 citoyens, dont on attend courant juin 2020 les propositions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030, dans un esprit de justice sociale.

Avenir du travail

Selon Sandra Laugier, professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, interrogée par Le Monde, l’enjeu majeur du « monde d’après » est de donner la parole à ceux qu’on n’entend pas d’habitude.

L’organisation internationale du travail (OIT) n’a pas attendu, pour ce qui la concerne, la crise sanitaire du coronavirus pour mener une étude prospective sur la question de l’avenir du travail.

Organisation du travail

L’OIT a publié en janvier 2019 un rapport intitulé « Travailler pour bâtir un avenir meilleur ».

Soit un programme reposant sur trois domaines d’action qui, ensemble, visent à stimuler l’organisation du travail, et à engendrer la croissance, l’équité et la durabilité pour les générations présentes et futures :

Accroître l’investissement dans le potentiel humain – accroître l’investissement dans les institutions du travail – accroître l’investissement dans le travail décent et durable.

L’objectif est le renforcement du contrat social, en plaçant les femmes, les hommes, et le travail qu’ils accomplissent, au centre de la politique économique et sociale des gouvernements, et des pratiques des entreprises.

Si ce n’est pas un projet centré sur les principes, objectifs, et valeurs de développement durable et de la RSE, cela y ressemble comme deux gouttes d’eau.

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