Il semble que la lutte pour le climat soit devenue le point focal des changements et transformations à mener, afin d’opérer un renversement des valeurs économiques et culturelles, et de sauver l’humanité et la planète.

La crise climatique, les risques d’effondrement qu’elle fait peser sur la biodiversité et les écosystèmes, agit comme un électrochoc, celui qu’on attendait et espérait depuis des décennies.

Grâce à la lutte contre les changements climatiques, on comprend mieux la pertinence des liens qui unissent les 17 objectifs de développement durable avec ses 169 cibles, ainsi que ceux qu’ils entretiennent avec les valeurs, principes et enjeux de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Bien qu’à l’origine, il ne fut qu’un des 17 objectifs du développement durable (ODD), l’objectif 13 « les mesures relatives à lutter contre les changements climatiques » en est devenu, pour cause d’urgence écologique, la clef de voûte et le symbole.

La lutte pour le climat apporte un éclairage sur l’état de santé de nos sociétés. Elle offre un diagnostic, elle propose une grille de lecture pour mieux en comprendre les maux, errements, dérives et dysfonctionnements, ainsi que des outils et une approche méthodologique pour trouver des solutions.

Si les 17 objectifs de développement durable et les 169 cibles sont interconnectés, la lutte pour le climat nous transmet le code pour en percevoir la cohérence d’ensemble.

Avenir meilleur et durable

La lutte pour le climat nous donne surtout la marche à suivre pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous, et répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés, entre autres ceux liés à la pauvreté, à un emploi décent et une rémunération équitable, à l’éducation, à la santé et au bien-être au travail, à l’égalité des sexes, à la prospérité, la paix ou la justice, aux droits humains.

Car les dérèglements climatiques affectent tous les pays, toutes les personnes, sur tous les continents.

lutte contre les changements climatiques

Les changements climatiques perturbent les économies nationales, coûtent cher aux communautés et aux territoires; les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables sont les plus touchées; les réfugiés climatiques se comptent par dizaines de millions.

Les conséquences sur la santé et le bien-être de la pollution de l’air font frémir. Selon une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé, publiée en 2015, la pollution de l’air coûte aux économies européennes 1,6 milliard de dollars par an.

Ce n’est nul hasard si les écoliers, les étudiants et les jeunes du monde se sont emparés de la lutte pour le climat afin d’exprimer leurs inquiétudes. Elle est universelle, non-idéologique, validée et encadrée par la recherche scientifique.

Grâce elle, et à travers elle, ils perçoivent et identifient les inégalités sociales et sociétales à travers le monde, ainsi que les risques systémiques, dont ceux qui les affectent en particulier, et qui obscurcissent ou entravent leur avenir personnel et professionnel.

Jour du dépassement

La lutte pour le climat est devenue le porte drapeau de nombreuses revendications. L’urgence climatique semble agir comme une force gravitationnelle, elle fédère les énergies, rassemble les individus à travers le monde dans leur diversité, elle donne à tous une cause commune, un but commun, avec des éléments de langage, et une grammaire.

La lutte pour le climat est un outil fédérateur de la responsabilité et de la durabilité, c’est à dire de la soutenabilité.

Le Jour du Dépassement (Overshoot Day) pour l’année 2019, c’est à dire la date à laquelle les pays de l’union européenne sont entrés en déficit écologique, a eu lieu le 10 Mai.

Face aux risques d’effondrement une terreur panique gagne peu à peu les populations, la société civile comme les États, les laïques comme les religieux, les organisations comme les citoyens, les classes dirigeantes et les élites, les riches et les pauvres, les jeunes comme les adultes.

C’est l’impression qu’on éprouve face à l’accélération des événements, depuis les alertes des communautés médicale et scientifique, la mobilisation fiévreuse des citoyens, les mouvements de grève, de boycott, et de désobéissance civile, jusqu’aux poursuites en justice des États accusés d’inaction, dont celui de la France avec l’affaire du siècle.

On a rarement assisté à un tel phénomène dans le cours de l’histoire humaine, à une telle angoisse collective, et un pareil sentiment d’urgence, à l’échelle mondiale, sous toutes les latitudes et sur tous les continents.

Développement humain

La première conséquence de ce bouleversement est que le modèle économique prévalent cède peu à peu du terrain, il cesse d’être un dogme ou une croyance.

La deuxième, est que la notion de développement humain tend à imposer ses lois et ses critères; l’accumulation des biens et des richesses, et la surconsommation, ne peuvent plus être l’alpha et l’oméga de l’activité humaine; l’environnement pas plus que le développement humain ne sont au service de l’économie et de la croissance financière.

La troisième, est qu’il existe un consensus de plus en plus large pour accepter l’idée que nos modèles et nos chaînes de valeurs ont fait la preuve de leur incapacité, au vu des enjeux, à s’auto-réguler et se réformer de l’intérieur ; notre maîtrise technologique et scientifique peine à concevoir, mettre en œuvre, et organiser une parade à la hauteur des menaces.

Conduite et éthique des affaires

La lutte contre les changements climatiques opère un renversement des valeurs jusque dans les organisations. Alors que beaucoup doutent de leur engagement et désespèrent de voir un jour le développement durable et la RSE s’inscrire au cœur de leur stratégie, on assiste à une prise de conscience dans la conduite et l’éthique des affaires.

La lutte contre les changements climatiques est la passerelle idéale pour relier les objectifs de développement durable avec les valeurs de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

L’éducation au développement durable au sein même de l’entreprise est un enjeu majeur pour atteindre les objectifs de la la lutte contre les dérèglements climatiques.

La lutte pour le climat tire les organisations vers le haut, elle les ramène à l’essentiel, à la question centrale qu’elles ont longtemps cherché à fuir, nier, tenté d’occulter ou d’ignorer, à savoir la soutenabilité de leur business modèle.

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