Personnes handicapées et langue anglaise : regards croisés

Le handicap et la langue anglaise ont un destin et des intérêts communs, dans la mesure où la France est le premier pays de destination du tourisme international, qu’on compte selon l’OMS un milliard de personnes handicapées dans le monde, et que l’anglais est la première langue parlée.

Selon l’organisation mondiale du Tourisme (OMT) l’expansion générale du tourisme dans les pays industrialisés et développés présente des avantages économiques et crée des emplois dans de nombreux secteurs qui y sont liés.

Le volume d’affaires du secteur touristique égale, voire dépasse celui des industries pétrolière, agroalimentaire ou automobile.

Le tourisme phénomène économique et social

En 2017 les arrivées de touristes internationaux en Europe ont atteint 671 millions, soit une progression de 8% après une année 2016 relativement plus terne.

Selon l’OMT cette croissance serait attribuée aux résultats enregistrés par l’Europe méridionale et méditerranéenne (+13%). L’Europe occidentale (+7%), l’Europe du Nord et l’Europe centrale et orientale (+5% dans les deux cas) affichent aussi une croissance solide.

Certains secteurs d’activités, comme celui de l’Hôtellerie, reçoivent des clients venus du monde entier dont des personnes handicapées visibles ou invisibles.

Les personnels des établissements qui les accueillent doivent avoir une bonne maîtrise de l’anglais et une bonne connaissance de la typologie des handicaps, afin de les accueillir, de communiquer et d’interagir avec eux en termes de qualité de services rendus.

Catégorie « palace »

Et s’agissant plus particulièrement des établissements de l’Hôtellerie de Luxe, depuis 2010 pour l’obtention de la catégorie « palace » les nouvelles normes intègrent des critères liés au service – pratique des langues étrangères, qualité de service lors de la réservation, accueil, services annexes – et à l’accessibilité/développement durable, soit l’accueil des personnes handicapées, et les bonnes pratiques environnementales.

La nouvelle grille de classification, publiée au Journal Officiel du 1er janvier 2009, redéfinit et crée de nouveaux critères correspondant aux attentes actuelles des clients internationaux en matière de confort, d’hygiène. Elle permet en outre d’introduire des exigences de services, d’accessibilité, de développement durable et d’accès aux nouvelles technologies.

L’accueil d’une clientèle exigeante et des personnes handicapées représente un enjeu stratégique, en termes humains, économiques et de réputation.

Marque d’État Tourisme et Handicap

La marque d’État Tourisme & Handicap propriété de l’État Français, déposée à l’Institut national de la propriété intellectuelle, a pour objectif d’apporter une information objective et homogène sur l’accessibilité des sites et des équipements touristiques.

Tourisme & Handicap prend en compte les quatre familles de handicaps (auditif, mental, moteur et visuel) et vise à développer une offre touristique adaptée et intégrée à l’offre généraliste.

Cette marque est le fruit d’une collaboration entre plusieurs acteurs, le ministère chargé du Tourisme, les professionnels du secteur, les collectivités territoriales et les associations représentant les personnes handicapées.

L’accès aux loisirs et au tourisme pour les personnes handicapées est un enjeu fondamental, consacré en droit à l’échelle internationale en 2006 par la Convention des Nations Unies sur le Handicap notamment dans ses articles 9 (Accessibilité) qui prévoit «l’identification et l’élimination des obstacles et barrières à l’accessibilité » et 30 (Participation à la vie culturelle et récréative) qui souligne la nécessité de « faire en sorte que les personnes handicapées aient accès aux lieux d’activités culturelles tels que les théâtres, les musées, les cinémas, les bibliothèques et les services touristiques (…)». (Frédéric Reichhart and Aggée Célestin Lomo Myazhiom, « Quel tourisme pour les personnes handicapées ? », Téoros, 32-2 | 2013, 81-85.)

Retour sur investissement

personnes handicapées

Communiquer et interagir en anglais avec des personnes handicapées

Toutes les activités et secteurs liés à l’industrie touristique internationale se trouvent d’une manière ou d’une autre impactés par la nécessité de professionnaliser l’accueil des personnes handicapées grâce à la maîtrise de la langue anglaise, avec à la clef la perspective de retour sur investissement en bénéficiant d’avantages concurrentiels importants.

Par ailleurs, beaucoup d’entreprises ou d’institutions scientifiques françaises comptent parmi leurs salariés, collaborateurs, stagiaires, étudiants en alternance, doctorants ou post-doctorants, des ressortissants étrangers s’exprimant principalement en anglais, et, pour certains d’entre eux des personnes handicapées.

 

Lexique bilingue français-anglais des personnes handicapées

Dans certaines multinationales françaises où la pratique de la langue anglaise occupe une place prépondérante, notamment au sein des équipes projets, on compte plus de 50 nationalités différentes.

Le « Lexique bilingue français-anglais des personnes handicapées » (Glossary of terms pertaining to disabled persons) publié en 2001 par le gouvernement du Canada, est un excellent outil de travail afin de permettre aux professionnels des ressources humaines et des missions handicap, ainsi qu’à leurs salariés et collaborateurs, d’optimiser leur communication et d’interagir avec des clients internes ou externes, et, d’une manière générale, avec toutes les personnes handicapées parlant anglais.

Ce lexique est, cela va sans dire, fort utile pour les interventions en anglais ou bilingue des consultants et formateurs experts en handicap, afin de leur permettre d’adopter leur approche et leur discours à la réalité du terrain et à chacune des incapacités, incapacité motrice, visuelle, auditive, intellectuelle, psychique ou mentale, maladies invalidantes.

 1,5 milliard de locuteurs

Le français est parlé par 370 millions de personnes dans le monde, c’est la cinquième langue après l’anglais, le chinois, l’hindi et l’espagnol.

L’anglais n’est pas seulement la langue des affaires et du commerce ou celle de la recherche scientifique, elle s’est aussi imposée dans l’enseignement supérieur.

Or, l’anglais a aussi partie liée avec le handicap, les chiffres parlent d’eux mêmes. En 2020, on comptera 1,5 milliard de touristes dans le monde; et on compte actuellement 1 milliard de personnes handicapées ainsi que 1,5 milliard de locuteurs de la langue anglaise.

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