Les dirigeants considèrent pour la plupart que la RSE est un levier stratégique pour la réussite et la pérennité de leur entreprise, mais admettent volontiers qu’ils ne savent pas l’implémenter et l’ancrer au sein de la culture organisationnelle.

Il est facile de comprendre pourquoi tant de dirigeants freinent des quatre fers dans leur engagement RSE. Trop compliquée la RSE ?

Les difficultés qu’éprouvent bien des dirigeants dans la mise en place de la démarche RSE sont souvent imputées à leur déficit de leadership, d’engagement éthique ou d’implication personnelle, rarement à leur méconnaissance de la démarche.

Les dirigeants auraient tort de se laisser impressionner. Nul besoin de maîtriser toutes les subtilités et complexités du développement durable et de la RSE pour s’y engager; ni de connaître toutes les entrées des ouvrages et dictionnaires spécialisés, ou leurs auteurs.

Le comportement éthique dans la conduite des affaires étant la finalité de la RSE, les dirigeants sont appelés à en maîtriser les principes et valeurs clés.

Le coaching RSE des dirigeants vise à leur permettre de se familiariser avec ses thématiques, ses éléments de langage et son jargon technique. Au-delà, il vise à les aider dans la mise en œuvre d’une stratégie de conduite de changement et d’adaptation au changement.

Pour beaucoup de dirigeants, la RSE est un continent quasi inconnu. On a beau leur affirmer que la RSE n’est pas un nouveau modèle de gestion, encore moins un simple outil, ni encore un dossier à traiter parmi d’autres, mais un modèle économique performant, une nouvelle façon d’aborder la pratique des affaires, le doute et le scepticisme persistent.

Force est de constater que la RSE n’a pas réussi à ce jour à convaincre la grande majorité des dirigeants. Il existe un mur d’incompréhension, sinon une incompatibilité entre les attentes des tenants de la RSE et celles des dirigeants.

Comment faire entendre aux dirigeants que leur responsabilité – à l’aune des enjeux et objectifs du développement durable et de la lutte contre le changement climatique – n’est pas seulement juridique et morale, mais collective, qu’elle dépasse le cadre de l’entreprise ?

Ce n’est pas une injure d’affirmer que les dirigeants n’ont pas vocation à être idéalistes, humanistes ou philanthropes. Ce sont d’abord et avant tout des entrepreneurs, animés par le principe de réalité. Il est vain de leur tenir un discours théorique, fût-il bien structuré et argumenté, au risque d’ajouter l’ennui et la perte de temps à la confusion et l’incompréhension. Il s’agit de leur démontrer – chiffres à l’appui – que la RSE n’est pas une dépense mais un investissement.

Selon le philosophe François Vallaeys ( « Les fondements éthiques de la Responsabilité Sociale »), les obstacles des dirigeants à leur engagement RSE trouvent leurs origines dans 6 dilemmes :
– Dilemme ontologique de la pertinence ou non de la notion de RSE ;
– Dilemme philosophique du sens de la responsabilité, s’il faut la comprendre plutôt comme libre engagement altruiste ou comme imputation et redevabilité sociale;
– Dilemme éthique du caractère volontaire ou obligatoire de la RSE ;
– Dilemme stratégique du rôle à accorder aux parties prenantes vis-à-vis de l’entreprise;
– Dilemme politique de la conjugaison au singulier ou au pluriel de la RSE, comme « la » Responsabilité Sociale de « chaque » organisation, ou comme « notre » coresponsabilité commune à coordonner en réseaux ;
– Dilemme historique du devenir de la RSE comme changement radical du mode de production industriel ou comme correction à la marge.

Gardons à l’esprit que le dirigeant n’est pas un expert, mais un chef d’orchestre. Comme lui, s’il n’est pas le meilleur soliste, il est en revanche celui qui sait mettre au diapason et en synergie la diversité qui compose son ensemble, ainsi que le garant de sa cohérence et cohésion.

Les dirigeants doivent faire face à la pression et attentes des gouvernements, des agences et institutions européennes et mondiales, de la société dans son ensemble.

Les dirigeants doivent compter sur des actionnaires exigeants autant que vigilants qui sont de plus en plus nombreux à s’inquiéter des dérives de l’engagement RSE, s’agissant notamment des risques liés au changement climatique.

dirigeants

Le dirigeant leader en matière de RSE prêche par l’exemple.

Il fait l’éloge du comportement responsable pour lui-même autant que pour les autres.

Il communique en interne et externe sur les actions et initiatives en faveur de la RSE qui ont produit des résultats positifs.

Le dirigeant encourage et valorise les initiatives, les expériences, et les expérimentations RSE. Il permet aux collaborateurs et salariés de développer des projets. Il favorise le partage et l’intelligence économique, pour trouver des solutions collectives et innovantes.

Il confie des responsabilités, des missions, et des objectifs RSE aux membres de l’équipe dirigeante, ainsi qu’aux managers.

Le dirigeant récompense les comportements responsables. Il inclue des critères RSE dans la grille d’entretien annuel d’évaluation.

Il lie le process de recrutement, la performance managériale, l’analyse de rentabilité, la rémunération, les augmentations ou bonus, à l’implication et l’atteinte des objectifs RSE.

L’éthique des dirigeants d’entreprise est sur la sellette car l’heure est, dit-on, à la moralisation de la vie politique et de la vie économique.

Le nombre de dirigeants d’entreprise démis de leurs fonctions pour manquement à l’éthique aurait augmenté de 36% depuis 2007.

Combien de fois n’avons-nous pas entendu des dirigeants affirmer que la RSE est inscrite dans l’ADN de leur entreprise ? Belle métaphore en vérité, laquelle n’est pas aussi convaincante et séduisante qu’elle n’y paraît à première vue.

En termes d’image et de réputation, les dérives de la communication peuvent émerger lorsque l’implication personnelle du dirigeant et l’exemplarité de son comportement responsable font défaut, ou qu’il communique sur des engagements et objectifs qu’il n’est pas en mesure de respecter.

S’il n’est pas un expert, le dirigeant est doté des qualités et compétences essentielles pour mettre en route son projet RSE et le mener à bon port : vision, volonté politique, approche globale, transversalité, leadership.

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