Rio+20 au chevet de la Planète Terre et de l’Humanité

Sommes-nous à ce point blasés ? Sommes-nous trop informés ou ne le sommes-nous pas assez ? Les alertes sur la gravité de l’état de notre planète et les dangers que l’humanité encourt sont récurrentes, elles rythment notre vie quotidienne, dans l’indifférence quasi générale.

Il ne se passe pas un seul jour sans que l’information sur les bouleversements climatiques, les crises économiques et financières, l’érosion de la protection sociale, l’augmentation de la pauvreté, les pollutions, les réfugiés environnementaux, sans compter les fléaux endémiques tels que la guerre, et d’autres encore comme  la prolifération nucléaire, ou le risque bactériologique, ne nous atteigne jusque dans notre vie personnelle et ne viole en quelque sorte notre intimité. Effondrement de la biodiversité, fonte des glaciers, acidification des océans, ressources en eau menacées, la plupart des indicateurs environnementaux sont au rouge.

Une grande partie de la population mondiale ne semble pourtant pas y croire, n’y prêter beaucoup d’attention à ce qui apparaît comme une frayeur inutile ou une rumeur. D’aucuns sont enclins à penser que nous sommes saturés d’information – on connaît le fameux adage « trop d’information tue l’information »; d’autres encore, à l’instar des climato-sceptiques soutenus et parfois financés par des lobbyings industriels puissants, clamant haut et fort que nous  sommes victimes d’une désinformation massive, nient la réalité du réchauffement climatique.

On a l’impression étrange que les personnes autant que les États, les collectivités, les entreprises, et les organisations publiques continuent de vaquer à leurs occupations et loisirs, et à faire des projets d’avenir, comme si de rien n’était. On aimerait tant que ce sentiment ne fût qu’un mauvais rêve.  Or, il n’en est rien. On a atteint les limites de l’insupportable. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estime qu’en dépit d’un accord de principe sur 500 objectifs internationaux de développement durable, le monde poursuit sa course folle dans la direction opposée. Dans un rapport qui passe en revue 90 de ces objectifs fixés en vue d’améliorer l’environnement et le bien-être humain, le PNUE observe un progrès significatif dans seulement 4 cas. Selon le rapport, la pression croissante que l’Humanité exerce sur les ressources naturelles menace sérieusement la santé de notre planète.

Selon le rapport Planète Vivante 2012 de WWF, un cri de détresse en vérité, publié voilà quelques semaines, la pression croissante que les activités humaines exercent sur les ressources naturelles menacent la santé de notre planète. Le rapport met  en évidence le phénomène d’accaparement des terres par lequel les pays industrialisés se procurent des terres arables dans les pays pauvres, au détriment de ces derniers. Le Directeur général du WWF International Jim Leape a déclaré : « Nous vivons comme si nous avions une autre planète à disposition. En 1 an nous utilisons 50% de ressources que ce que la Terre peut régénérer dans ce même laps de temps. A moins que nous changions drastiquement de cap, cela va continuer à augmenter et d’ici 2030, deux planètes ne suffiront même plus ». La Planète est en souffrance s’écrie WWF.

Est-il encore temps de réparer l’irréparable ? Très impliquée dans la préparation de «Rio+20», l’UNESCO a établi une Feuille de Route. Une brochure intitulée Des économies vertes aux Sociétés Vertes fait le point sur l’engagement de l’UNESCO en matière de développement durable, et un Plan pour la Durabilité de l’Océan et du littoral formule dix propositions en vue de protéger une ressource clé pour l’avenir de la planète.

Rio+20 est le nom abrégé de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable qui se tiendra à Rio de Janeiro, au Brésil, du 20 au 22 Juin 2012. 10 ans après le Sommet de Johannesburg, et 20 ans après le Sommet de la Terre de Rio en 1992, Rio+20 est une nouvelle occasion historique – le mot n’est pas usurpé pour une fois –  de regarder vers l’avenir que nous voulons pour le monde dans les vingt prochaines années. Ils sont nombreux parmi les scientifiques, les experts, les penseurs, et les militants, à considérer qu’il pourrait s’agir de la conférence de la dernière chance.

A Rio+20, les dirigeants mondiaux, des milliers de participants venus du secteur privé, des ONG et d’autres groupes se réunissent afin de déterminer comment réduire la pauvreté, promouvoir la justice sociale et assurer la protection de l’environnement sur une planète qui est de plus en plus peuplée, dégradée, parfois exsangue. Rio+20 représente cette chance unique de jeter les bases d’un monde nouveau.

La population mondiale se situe aujourd’hui autour de 7 milliards d’habitants, elle devrait selon les prévisionnistes passer à 9 milliards d’ici à 2050, et ces quelques dizaines de milliers de personnes qui convergent vers Rio représentent un bien faible et pauvre échantillon de l’humanité et de sa diversité. On frémit à l’idée de la lourde tâche et de la responsabilité qui incombent à ces femmes et ces hommes, à la pensée de cette poignée d’êtres humains qui doivent relever le défi de s’entendre entre eux, d’inventer ou de réinventer les mots du dialogue, de parler le même langage, et de trouver au nom de ces 7 milliards d’êtres humains en perdition sinon en sursis un terrain d’accord, une issue de secours – un compromis acceptable par toutes les parties prenantes –  une solution durable.

Sur Twitter devenu la caisse de résonance de tous les appels en faveur du développement durable, des centaines de milliers d’internautes, d’experts, de scientifiques inquiets, parfois désespérés, s’activent et se mobilisent sans compter chaque jour, chaque minute, chaque seconde. Ils ne veulent pas croire que l’humanité accepte de renoncer. On s’interroge. Combien de temps nous reste t-il ? Les avis divergent, 20 ans selon certains, 50 ans selon d’autres. Avons-nous atteint le point de non retour ? Des scientifiques parmi les plus éminents et les plus lucides n’osent se prononcer. L’état d’urgence est décrété.

« Le développement durable n’est pas seulement une option ! C’est le seul moyen de permettre que l’ensemble de l’humanité ait une existence normale en partageant cette planète, la seule que nous ayons. Rio+20 donne à notre génération l’occasion de choisir cette voie. » Sha Zukang, Secrétaire général de la Conférence Rio+20.

Beaucoup en sont convaincus, les solutions existent, seule manque la volonté politique. Sommes-nous capables de changer notre mode de vie et notre modèle de croissance économique ? Tels sont les enjeux de Rio+20. Personne n’oserait imaginer une seconde que Rio+20 se soldât par un échec, ni que l’impuissance succédât à l’indifférence.

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