Il y a plusieurs façons de relever les risques et défis écologiques, économique, politique, philosophique, scientifique. Or, il existe une autre voie, populaire, dynamique, ludique, interactive, motivante, celle de la culture, laquelle n’est pas exclusive des autres voies, et les complète. La culture est le quatrième pilier du développement durable.

Pour relever les risques et défis écologiques, que l’on soit une organisation, une entreprise ou un individu, encore faut-il se doter d’une connaissance générale des objectifs, principes, valeurs, et thématiques du développement durable, s’imprégner d’une forme de pensée et d’agir locale et mondiale qui ne semble pas d’emblée accessible, se familiariser avec un corpus riche, complexe, quelquefois intimidant.

Le réchauffement climatique, la dégradation de l’environnement, la perte de la biodiversité, la pollution, la fonte des glaciers, la montée du niveau des océans, ou la raréfaction des ressources naturelles impactent notre mode de vie, notre santé et bien-être, les activités sociales et économiques de toutes les sociétés humaines, ils fragilisent et menacent l’existence des écosystèmes dans lesquels les organisations, les entreprises et les populations sont implantées, vivent et prospèrent.

La culture source d’inspiration

Qui que nous soyons, la plupart d’entre nous n’a pas d’appétence ou de connaissance particulière sur ces sujets, parce qu’ils n’entrent pas dans le cadre de notre formation initiale, ni d’une manière contractuelle dans les rôles et missions qui nous incombent dans l’exercice de notre métier. D’où nos difficultés, parfois notre confusion, notre sentiment d’impuissance, voire notre désarroi.

L’art et la littérature ne sont pas seulement des moyens d’expression destinés à nous plaire et nous divertir, ils sont source d’enseignement, d’inspiration et de réflexion pour aborder les questions essentielles et existentielles, dont celles des risques et défis écologiques.

Les cadres et dirigeants d’entreprise n’ont pas l’habitude de convoquer la culture, dont l’art et la littérature, afin de se sensibiliser et se former, ainsi que leurs salariés, aux risques et défis écologiques que leurs activités et leur cœur de métier encourent à plus ou moins brève échéance.

Dystopique

Les œuvres artistiques dont les dessins de presse, les mangas, les bandes dessinées, le cinéma – Don’t Look Up récemment est un exemple frappant – ou les jeux vidéos, se sont depuis longtemps emparées des sujets qui hantent tous les citoyens du monde, et préoccupent les cadres et dirigeants dans la conduite de leurs affaires.

Risques et défis écologiques

Ces moyens d’expression peuvent nous aider à mieux appréhender les enjeux auxquels l’humanité et les organisations publiques et privées sont confrontées.

La littérature de fiction, en particulier les récits dits dystopiques, nous permettent d’éveiller notre conscience et de prendre la mesure de la gravité des menaces auxquelles nous devons faire face.

Ils dépeignent une société organisée dont les dirigeants exercent une autorité totale sur des citoyens qui ne peuvent exercer ni leurs choix, leurs droits, ni leur libre arbitre, une société suspendue à une catastrophe écologique imminente de laquelle il est impossible d’échapper.

Les récits dystopiques sont l’expression d’un désenchantement du monde, d’une perte de repères ou de foi dans les anciens idéaux, d’une inquiétude grandissante face à la montée des risques et défis écologiques, l’effondrement des sociétés et l’autodestruction de l’espèce humaine.

C’est une utopie qui vire au cauchemar et conduit à une contre-utopie, d’où la notion de dystopie. Leurs auteurs nous mettent en garde, ce sont des lanceurs d’alerte.

Combat de conscience

Quant à l’art écologique, art contemporain, art environnemental, et autres art anthropocène, ils nous permettent de faire face aux grands désordres socio-économiques, au risque d’effondrement. Inspirés par la nature, adepte de processus de réemploi et de pratiques douces, ils s’affirment comme un combat de conscience.

L’art écologique n’est pas seulement un art qui s’intéresse à l’environnement, c’est un art de combat pour prendre des décisions.

« Un art vraiment écologique est fondé sur un principe d’éthique, incontestablement. Si la création doit être grandiloquente, destructrice de l’environnement, comme l’a été Olafur Eliasson avec Ice Watch (l’artiste a fait déplacer des morceaux de banquise pour une installation à Paris lors de la COP21, suscitant des polémiques autour de son impact environnemental,), ce n’est pas un art écologique, c’est un art « du consensus écologique.

L’art écologique est un genre artistique et une pratique artistique visant à préserver, réhabiliter et/ou dynamiser les formes de vie, les ressources et l’écologie de la Terre, en appliquant les principes des écosystèmes aux espèces et à leurs habitats dans la lithosphère, l’atmosphère, la biosphère et l’hydrosphère, y compris les déserts humains, les espaces ruraux, urbains et péri-urbains. (Wikipédia)

L’art et la littérature nous invitent à regarder la nature non pas comme un corps étranger, un simple décor où l’humanité se construit et évolue, voire un ennemi, mais une part de nous-mêmes.

La nature nous tend le miroir dans lequel nous pouvons nous voir tels que nous sommes, ange ou démon.

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