Alors que l’intelligence artificielle (IA) suscite dans l’imaginaire collectif autant d’interrogations, d’espoirs, que de fantasmes ou de peurs, pour l’entreprise elle représente essentiellement des défis et des opportunités.

Les dirigeants d’entreprise et la fonction RH en particulier ont connu de nombreux changements et évolutions, parmi lesquels la migration informatique, la transformation digitale, la transition écologique et énergétique, le développement durable ou la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Les projets liés à la robotique et l’intelligence artificielle semblent aujourd’hui occuper une place de plus en plus grande.

La norme ISO 2382-28 définit l’intelligence artificielle comme la « capacité d’une unité fonctionnelle à exécuter des fonctions généralement associées à l’intelligence humaine, telles que le raisonnement et l’apprentissage ».

Capital humain

L’enquête 2018 du cabinet Deloitte « Human Capital Trends » (tendances du capital humain), a révélé que la moitié des répondants affirme que leur entreprise est fortement impliquée dans des projets d’intelligence artificielle.

24% déclarent utiliser la robotique et l’intelligence artificielle afin d’effectuer des tâches routinières, 16% pour renforcer les compétences humaines, 7% afin de restructurer leur activité professionnelle.

Bien que l’intelligence artificielle ne soit pas un phénomène nouveau, elle n’a de cesse de se développer, ses applications sont désormais présentes tant dans notre quotidien personnel que dans celui des activités des entreprises petites, moyennes, et grandes.

Selon l’étude Cigref (Association des grandes entreprises et administrations publiques françaises) «Gouvernance de l’intelligence artificielle dans les grandes entreprises», les métiers qui sont particulièrement concernés par la révolution intelligente sont les métiers d’algorithmique, de gestion de la data, et le coding ou codage.

Gouvernance

On aurait tort de penser que la révolution intelligente n’est qu’une affaire d’experts, ou qu’elle est réservée aux grandes entreprises. Les PME ne sont pas en reste. La Commission européenne a pris des initiatives visant à booster et encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les PME, via des plates-formes de tests et d’expertises.

La révolution intelligente impose à l’entreprise de prioriser l’allocation des moyens pour innover et investir, maximiser la création de valeur, et optimiser la gestion des risques

Sans oublier qu’elle ne représente pas seulement que des opportunités pour l’entreprise, elle pose des défis majeurs en termes de gouvernance : défis managériaux, juridiques, éthiques.

Développement durable

Véritable levier pour le bien commun, la rencontre entre intelligence artificielle et objectifs de développement durable s’impose comme une nécessité, sinon une urgence.

L’optimisation de l’utilisation des ressources naturelles par l’entreprise avec l’automatisation de l’analyse des consommations énergétiques, facilite la rationalisation du plan d’actions de sa stratégie développement durable.

S’agissant du changement climatique, de nombreuses solutions voient le jour, grâce à sa capacité à traiter les données l’intelligence artificielle peut optimiser les processus existants et édifier de nouveaux modèles et usages.

C’est ainsi que la 12ème édition de Produrable qui se tiendra les 9 et 10 avril à Paris, Porte Maillot, le Comité 21 (Comité français pour l’environnement et le développement durable qui vise à accompagner les décideurs dans la mise en place du développement durable) animera le 10 avril un atelier participatif sur « Intelligence Artificielle et Blockchain au secours de l’environnement ! ».

Intelligence artificielle

Les débats porteront sur les questions de savoir pour quelles problématiques environnementales l’intelligence artificielle et la Blockchain apportent-elles des solutions.

Les questions de la réduction de la consommation de ressources naturelles, de l’adaptation aux changements climatiques, mais aussi de la traçabilité en temps réel et fiabilité des données, seront au rendez-vous.

RSE et impacts sociaux

Certaines voix nous invitent à réfléchir aux impacts économiques et sociaux de l’irruption et disruption de l’intelligence artificielle dans le monde de l’entreprise.

Car on ne saurait oublier que les machines fussent-elles intelligentes ont aussi pour mission de se mettre au service de l’humain, les applications intelligentes ayant entre autres pour objectif d’améliorer les capacités des salariés et les conditions de travail, et non d’augmenter la dépendance ou la mécanisation du travail.

Si l’humain est censé intervenir dans le processus intelligent, il est vital qu’il puisse conserver son pouvoir de décision.

Et si les applications intelligentes prennent une décision, les éléments sur lesquels elle se fondent doivent être explicables, parce que certaines tâches répétitives sont ou seront automatisées.

Les entreprises seraient par conséquent bien avisées d’adapter les dispositifs de formation professionnelle, et aussi et surtout de développer l’employabilité, afin que les salariés soient en mesure de tirer parti de l’intelligence artificielle au lieu d’entrer en concurrence avec elle.

Révolution technologique

Comme c’est toujours le cas avec chaque révolution technologique, le déploiement de l’intelligence artificielle se traduira également, espère-t-on, en termes d’emploi par une destruction créatrice.

Selon Statista, une étude publiée par le Boston Consulting Group tend à révéler que les salariés de sept pays, la France y compris, sont enthousiasmés par l’AI, bien que nos concitoyens semblent inquiets quant à la destruction d’emploi potentielle.

Intelligence artificielle

Les bénéfices et immenses possibilités offertes par l’AI en font, selon le Boston Consulting Group, un marché d’avenir par excellence. Les données sur l’évolution du marché sont sans appel : l’IA devrait générer près de 90 milliards de dollars de bénéfices dès 2025.

Si l’Amérique du Nord se positionne en leader sur ce marché, l’Europe, et notamment la France, entend bien profiter de ce tournant majeur et devrait représenter environ un quart du chiffre d’affaires mondial d’ici 2025.

L’un des plus grands défis sans doute, est de trouver un juste équilibre afin d’optimiser la façon dont les salariés et l’intelligence artificielle peuvent travailler ensemble. Ce serait à coup sûr une stratégie gagnante de l’implémentation de l’intelligence artificielle au sein de l’entreprise.

On voudrait croire qu’en s’appuyant sur la révolution intelligente les salariés auront le loisir de se concentrer sur leur pouvoir décisionnel, et leur créativité, tout en capitalisant sur le développement de leurs compétences.

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