Des chercheurs appellent à l’émergence de nouveaux leaders économiques, et de l’entreprise résiliente et socialement responsable, pour relever les défis conjugués de la crise pandémique, des inégalités sociales, et de la lutte contre les dérèglements climatiques.

Pour qu’émerge l’entreprise résiliente et socialement responsable, ils suggèrent que les dirigeants se dotent de compétences nouvelles, et mettent l’accent sur six modalités d’action, parmi lesquelles le développement d’une culture de la santé au travail ancrée à la stratégie.

Partant du principe que la création de valeur économique et financière ne justifie pas que les salariés, mais aussi les cadres et les dirigeants, doivent tout lui sacrifier.

Et pour qu’une culture de la santé au travail transversale à tous les métiers, toutes les fonctions et activités soit ancrée à la stratégie, encore faut-il que le dirigeant veille à ce que le sens au travail et la reconnaissance au travail soient rattachés aux deux piliers de la gouvernance que sont l’éthique et la transparence.

Selon la définition de 1946 du préambule à la constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la santé est un état complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.

Perception de la santé

La notion de santé au travail a considérablement évolué, en France on situe généralement son point d’émergence dans la création en 1973 de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT).

La médiatisation du phénomène de harcèlement moral dans les années 2000, puis celui de pervers-narcissique, ont eu pour conséquence de mettre en évidence le concept clé de risques psychosociaux.

L’évolution de la perception de la santé au travail s’est structurée autour de la gestion des accidents et des maladies professionnelles.

La législation est venue progressivement renforcer la gestion des accidents et des maladies professionnelles, avec la mise en place des dispositifs de prévention, de service de santé au travail, et de médecine du travail laquelle peut proposer un aménagement de poste ou prononcer une inaptitude pour raison médicale.

Indicateurs de santé

Devenue enjeu tant juridique, qu’économique, financier, organisationnel, et de ressources humaines, la santé au travail s’inscrit désormais dans le volet social de la démarche RSE.

Considérant qu’elle représente une valeur forte susceptible de placer l’humain au cœur de l’organisation , nombreuses sont les entreprises qui sont tentées de s’engager dans une démarche RSE centrée sur la qualité de vie au travail (QVT), plutôt que sur la santé au travail.

Socialement responsable

L’ANACT pour sa part privilégie la notion de SQVT (santé et qualité de vie au travail) et milite en faveur de la production d’indicateurs.

Elle suggère que l’entreprise construise ses propres indicateurs, les mette en débat, et les interprète dans le cadre d’une démarche pluridisciplinaire.

Elle précise qu’il n’y a pas d’indicateurs « prêts à l’emploi », sachant qu’il existe sept familles d’indicateurs sur lesquelles l’entreprise peut s’appuyer, soit : absentéisme, conditions de travail, démographie, parcours et évolution de carrière, production, santé, sécurité.

Conjuguer santé au travail et performance

Selon l’Agence, « La reconnaissance de la qualité de vie au travail comme source de création de valeur et d’avantage concurrentiel donne lieu à une prise en compte croissante des dimensions liées à la santé et aux conditions de travail. Un enjeu de compétitivité étroitement lié à la capacité de prévenir les situations à risques et de créer les conditions du bien-être au travail. »

Se doter d’un management socialement responsable visant à conjuguer performance et santé au travail n’est pas une mince affaire, tant que prévalent les dogmes selon lesquels l’économique prime sur le social, et que la seule raison d’être de l’entreprise est le profit de ses actionnaires.

Le contradiction, sinon le fossé, entre santé au travail et performance peut être dépassée, dès lors que la gouvernance est en mesure de s’assurer que l’une et l’autre se renforcent mutuellement, et de porter toute son attention et une vigilance soutenue à la régulation des tensions et conflits entre les deux parties.

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